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L'indignation face aux meurtres de militants écologistes au Honduras peut-elle servir la cause des défenseurs de l'environnement ?

Wed, 20 Jul 2016 11:26:54 +0000 - (source)
After the hearing on the human rights situation in Bajo Aguán held at the IACHR on April 5, 2016 , a vigil was held at the gates of the OAS by Berta Caceres , killed on March 3, 2016 in Honduras. Photo by Comisión Interamericana de Derechos Humanos. CC-BY-NC-SA 2.0

Suite à l'audience qui s'est tenue à la CIDH le 5 avril 2016 concernant la situation des droits humains à Bajo Aguán, une veillée a été organisée devant les portes de l'Organisation des Etats américains (OAS) pour Berta Cáceres, tuée le 3 mars 2016 au Honduras. Photo du compte Flickr de la Commission interaméricaine des droits humains. CC-BY-NC-SA 2.0

Cet article de Victoria Molina est initialement paru sur Ensia.com, un magazine qui met en lumière des solutions environnementales concrètes au niveau international, et il est reproduit ici dans le cadre d'un accord de partage de contenu.

Lorsque la militante écologiste hondurienne Berta Cáceres a été abattue à coup de fusil chez elle au printemps dernier, la communauté internationale et jusqu'aux activistes de ce pays réputé pour sa violence ont été choqués. La militante avait reçu avant sa mort des menaces liées à son soutien envers les populations indigènes qui luttent contre la construction du barrage hydroélectrique d'Agua Zarca le long du fleuve Gualcarque.

Quelques jours après son assassinat, Nelson García, autre dirigeant du Conseil des organisations populaires et indigènes du Honduras (connu sous le nom de COPINH), que Berta Cáceres avait fondé en 1993 pour défendre les droits du peuple premier lenca, a également été tué.

Ces morts récentes ont-elles permis de faire bouger les choses pour les populations locales qui luttent pour la protection de l'environnement ? Même si le changement prend du temps, des signes montrent qu'elles disposent d'une certaine visibilité.

« Berta bénéficiait vraiment d'une chaîne de soutien incroyable et elle avait fait un travail à ce point remarquable en se rapprochant d'autres organisations tant au niveau national qu'à l'international que son assassinat a profondément choqué, » observe Danielle DeLuca, chef de projet pour l'organisme états-unien à but non lucratif Cultural Survival, qui défend les peuples indigènes à travers le monde.

Tristement célèbre pour son insécurité

Le Honduras a l'un des taux d'homicides les plus élevés au monde, et il a la réputation d'être un pays peu sûr pour les militants écologistes. Selon l'ONG sans but lucratif Global Witness, qui lutte contre le pillage des ressources naturelles dans les pays en développement et la corruption politique, pas moins de 109 personnes ont été tuées dans le pays entre 2010 et 2015 pour s'être opposées à des projets de barrages, miniers, forestiers ou agricoles. Intellectuels et activistes dénoncent l'association du crime organisé et d'un système judiciaire défaillant qui a conduit à la corruption – deux éléments qui trouvent leurs racines dans une histoire de pauvreté, d'inégalités, d'instabilité politique et de protection des intérêts des multinationales aux détriments des droits des autochtones.

Docteure en anthropologie culturelle à l'université de Floride, Rosana Resende affirme que la culture économique de l'entrepreneuriat et l'absence de restrictions qui se sont développées en Amérique latine dans les années 1980 ont créé les conditions d'une privatisation croissante des ressources à grande échelle. A la même époque, de nombreux pays de la région étaient asphyxiés par une crise de la dette. Le Fonds monétaire international et d'autres institutions ont mis en place un certain nombre de dispositions politiques, connues sous le nom de consensus de Washington, afin de réformer l'économie du sous-continent. Ces mesures ont entraîné la privatisation des industries nationales, les ont ouvertes aux investissements directs étrangers et ont libéralisé le commerce. Les transnationales ont pénétré les terres indigènes auxquelles les populations locales sont historiquement très attachées dans le but d'en exploiter les ressources.

D'après Resende, « ce sont deux éléments, les privatisations et les investissements directs étrangers, qui ont véritablement fait apparaître la vulnérabilité de ces pays face aux grandes entreprises extractivistes. »

Danielle De Luca relève que le Honduras et les Etats-Unis ont depuis 2009 multiplié les appels à investir dans le pays en réponse aux niveaux élevés de pauvreté. Mais les investissements et les créations d'emplois sont à double tranchant : « L'investissement s'accompagne souvent de la part des entreprises de non-respect des droits humains et des droits des peuples autochtones. »

La lutte des Lenca contre le projet de barrage d'Agua Zarca a commencé en 2006 ; le Gualcarque est sacré pour eux, et ils s'inquiètent des conséquences environnementales du barrage sur le fleuve et les êtres qui y vivent. Berta Cáceres avait organisé des manifestations pacifiques pour faire entendre le mécontentement de la communauté. Elle a contribué à inciter le plus important constructeur de barrages au monde, le Chinois Sinohydro, à se retirer du projet. En 2015, elle a reçu le Prix Goldman pour l'environnement en récompense de son activité militante. Le 3 mars dernier, ses meurtriers ont mis leur menace à exécution.

Un retentissement sans précédent

Cette fois cependant, la violence a suscité de vives réactions inédites. Moins de deux semaines après l'assassinat de la militante écologiste, la banque de développement allemande FMO a suspendu toute activité au Honduras. Finnfund, une société financière de développement finlandaise, a arrêté de verser des fonds au projet Agua Zarca quelques jours plus tard.

FMO a envoyé une lettre au président du Honduras, Juan Orlando Hernández, pour lui faire part de sa préoccupation et inciter son gouvernement à prendre des mesures immédiates pour que cesse la violence contre les militants. « La liberté d'expression de ceux qui défendent leurs droits et les moyens de subsistance des populations est très précieuse aux yeux de FMO, » peut-on lire dans la lettre. « Tout individu devrait pouvoir défendre son point de vue sans se sentir menacé. FMO rejette et condamne toute forme de violence contre ces individus ou ces groupes. »

Selon son attaché de presse Paul Hartogsveld, FMO a aussi envoyé une mission au Honduras pour établir les faits à laquelle participent le PDG de la banque et le directeur de la branche énergie. La mission comprend également une délégation d'experts indépendants dont le rôle est de déterminer et valider les procédures qui ont été suivies à Agua Zarca. « Nous prendrons ensuite une décision finale concernant le projet et notre retrait du Honduras, » précise Hartogsveld.

La violence a par ailleurs renforcé la détermination de la communauté lenca dans sa lutte contre le projet de barrage d'Agua Zarca et autres projets de développement auxquels Berta Cáceres s'opposait. Cesario Padilla, journaliste et militant hondurien, affirme que le climat de terreur dans ces communautés est désormais permanent mais que, dans le même temps, la volonté de poursuivre le combat pour que droits autochtones se conjuguent avec protection des ressources naturelles demeure forte.

Ainsi, des dirigeants du COPINH ont rencontré le vice-ministre hondurien de l'Energie, des Ressources naturelles, de l’Environnement et des Mines deux semaines après le meurtre de Berta Cáceres pour exiger du ministère qu'il annule le permis du barrage d'Agua Zarca. Des membres du COPINH ont également protesté devant le ministère public dans la capitale du Honduras, Tegucigalpa. Et, au cours d'une action intitulée « Justice pour Berta Cáceres » , ils ont appelé les Honduriens de l'étranger et autres sympathisants à manifester pacifiquement devant les ambassades du Honduras dans leur pays le 15 juin afin d'exiger la transparence dans l'enquête sur le meurtre de la militante et l'annulation du projet de barrage d'Agua Zarca.

D'après Tomás Gomez, l'actuel coordinateur du COPINH, la présence militaire près de la zone où le barrage est en cours de construction a augmenté et des membres du COPINH continuent d'être intimidés et menacés. Certains signes indiquent néanmoins que le gouvernement hondurien est enfin attentif aux demandes visant à dévoiler la corruption. Suite aux appels à agir venus du monde entier, quatre suspects – dont deux sont liés à Desarrollos Energéticos S.A., la société privée locale de l'énergie qui construit le barrage d'Agua Zarca – ont été arrêtés au Honduras début mai dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de Berta Cáceres.

Le rôle de la communauté internationale

Toutefois, Cesario Padilla souligne que le gouvernement du Honduras se montre encore réticent à prendre des mesures concernant deux des demandes principales de la famille de Berta Cáceres : leur permettre à eux ainsi qu'à leur équipe d'avocats de participer à l'enquête sur le meurtre de la militante écologiste, et autoriser la tenue d'une enquête indépendante sous l'autorité de la Commission interaméricaine des droits humains.

« Les arrestations sont un acte de bonne volonté, » admet Padilla. « Mais ces demandes n'ont pas été entendues, donc la méfiance est encore très forte vis-à-vis de l'action du gouvernement hondurien. »

Les militants écologistes et des droits humains craignent que les assassinats, les menaces et les persécutions ne se poursuivent. Padilla et DeLuca soutiennent que le gouvernement du Honduras doit faire davantage – pour protéger la famille de Berta Cáceres, d'autres membres du COPINH et Gustavo Castro, le seul témoin du meurtre de la militante écologiste ; pour faire toute la lumière sur les meurtres ; et pour examiner minutieusement les projets qui menacent les populations indigènes et l'environnement.

Le ministère public hondurien, l'organe gouvernemental chargé de l'enquête sur le meurtre de Berta Cáceres, n'a pas répondu à nos appels et à nos courriels de sollicitation.

Danielle De Luca affirme que l'hostilité permanente envers le COPINH après les meurtres montre clairement qu'il n'y aura pas de sortie de crise sans l'aide d'autres nations qui ont un intérêt dans le pays. Elle invite les citoyens états-uniens en particulier à faire pression auprès du Département d'Etat et du Congrès pour qu'ils incitent le Honduras à accepter une enquête indépendante.

« Nous ne faisons pas confiance à l'Etat du Honduras pour mener une enquête indépendante » insiste DeLuca.

Les militants espèrent en fin de compte faire évoluer la nature du développement au Honduras afin de permettre aux communautés locales de se faire entendre lorsque leurs intérêts divergent de ceux des entreprises de développement internationales. La fille de Cáceres, Laura Zuñiga Cáceres, qui participe au mouvement, appelle les autres pays à prendre en considération les droits humains dans leur décision d'investir.

« Il est aussi important que les membres de la communauté internationale réfléchissent au rôle joué par leur propre gouvernement au Honduras, » précise-t-elle.

Pour Rosana Resende, reste à voir si le meurtre de Berta Cáceres sera un catalyseur suffisant pour faire adopter des politiques réellement tournées vers les gens.

« Aucun grand changement n'aura lieu, mais nous vivons tout de même un moment de l'histoire où le militantisme prend de l'ampleur » note l'anthropologue.

Victoria Molina est étudiante en journalisme à l'université de Floride. Ses recherches portent sur les relations interethniques en Europe de l'Est, l'immigration et le néolibéralisme dans les pays développés. Ses articles et émissions de radio ont été mis en ligne sur WUFT News et WUFT Noticias, le portail d'information de l'université de Floride rattaché à NPR. Son compte Twitter est @vmsugranes.

Elle a rédigé cette contribution dans le cadre de sa participation au Programme de tutorat d'Ensia. Sa tutrice pour le projet était Cynthia Barnett. Certaines citations ont été traduites de l'espagnol. L'article est aussi paru en espagnol sur LatinAmericanScience.org.


La Havane, une ville où l'on vit

Wed, 20 Jul 2016 10:53:15 +0000 - (source)
Una familia en un edificio de La Habana (Foto: Mónica Baró - Periodismo de Barrio)

Une famille dans son logement à La Havane. Photo Mónica Baró, Periodismo de Barrio (Journalisme de quartier).

C'est par ce récit, que débute notre collaboration avec le média numérique cubain Periodismo de Barrio. Grâce à ce partenariat, nos lecteurs vont pouvoir découvrir un pays différent de celui que l'on présente dans la presse traditionnelle. 

Le 7 décembre 2014, lors d'une cérémonie à Dubai, la fondation suisse New7Wonders a dévoilé les résultats d’un concours international organisé pour désigner les sept nouvelles villes-merveilles. Parmi les favorites qui se sont démarquées des 1200 villes candidates dans 220 pays, se trouve La Havane. Contre toute attente, et face à un rien de scepticisme, la capitale cubaine a finalement réussi à s’imposer aux dépens d’icônes telles que Barcelone, Londres, Athènes, Kyoto, Prague, México ; pour représenter, avec les six autres, « les réalisations et les aspirations de notre civilisation urbaine mondiale ». La Havane, une version de Cuba presque toujours très mal sous-titrée, est tout simplement une ville pleine d’énormes contradictions.

Et le 17 décembre, alors même que la fièvre de la nomination des New7Wonders n’était pas encore retombée, les gouvernements de Cuba et des Etats-Unis, ennemis jurés de la Guerre froide, ont annoncé le dégel de leurs relations diplomatiques. L'île, cette diva infatigable dans l'art de faire parler d'elle, est revenue au top ten de la couverture médiatique. L'accord entre les deux présidents, Raúl Castro et Barack Obama, soigneusement orchestré pendant 18 mois dans le plus grand secret, en a laissé plus d’un perplexe. Il a suscité de l'incertitude, de l’espoir, de la déception, de la joie, de l’ambition, de la curiosité, en fonction de l'interprétation que l'on voulait bien donner aux discours. Mais elle a surtout provoqué un boom touristique de ce côté-ci de la mer : entendons par là, des dividendes.

En 2014, l'Annuaire statistique de Cuba indiquait dans son annexe sur le tourisme, que de 2009 à 2014 le nombre de visiteurs avait augmenté de plus d'un demi-million. En 2015 le pays a accueilli 3 524 779 personnes, ce qui représente une augmentation de 17,4 %. C’est à dire qu’en un an on a presque obtenu le même résultat qu’en cinq ans avant le 17D. Cette augmentation a généré plus de 3 milliards de dollars de revenus bruts, d’après un article de l'économiste José Luis Rodríguez, qui tenait ses informations de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire. Et 2016 a démarré en fanfare. Une publication de l’Office national des statistiques et de l’information (ONEI) révèle que rien qu’en janvier il y a eu 417 764 visiteurs, soit presque 47 000 de plus qu’en 2015 pour le même mois. Rien d’étonnant à ce que la presse officielle reconnaisse le tourisme comme “le secteur le plus dynamique de l'économie”.

Cuba est à la mode et La Havane est son produit phare sur le marché mondial. C’est la ville du pays qui attire le plus de visiteurs. On n’y vient pas vraiment pour ses plages, encore moins pour sa nature. Il y a mieux ailleurs. Ce n’est pas non plus parce qu'elle est la capitale. Non. On y vient pour cette même raison qui a fait d'elle une inspiratrice de chansons, à travers les époques et les genres. Elle a été la muse de Los Zafiros, Joaquín Sabina, Fito Páez, Carlos Varela, Gerardo Alfonso, Habana Abierta, Los Van Van, Manolito Simonet. Il est rare qu’elle laisse indifférent. On la déteste viscéralement, ou on l’adore. Ou les deux en même temps. Cette ville a un sacré tempérament. Généralement elle passe pour être complexe, instable, imprévisible, conflictuelle.

Cependant, il ne serait pas juste d'attribuer tout le crédit du boom au 17D, le 17 décembre, surnom du rétablissements des relations américano-cubaines.

La Havane, une ville célèbre

Avant l’annonce des ex ennemis jurés, et même avant l’annonce de la fondation suisse, la chanteuse Beyoncé Knowles et le rappeur Jay-Z, éminent producteur de succès musicaux, s’étaient rendus à La Havane dans le cadre d’un programme d’échanges éducatifs.  C’était en avril 2013, alors que Cuba figurait encore sur la liste, établie par le Département d’Etat des Etats-Unis, des pays qui parrainent le terrorisme. Que ces visiteurs soient des personnalités, américaines de surcroît, relève plus de la blague contestataire de bas étage que d’une tendance souhaitée par le marché et les politiques gouvernementales.

Mais le couple, fidèle à sa vocation pour le spectacle, a veillé à ne pas passer inaperçu. Ils se sont promenés dans le centre historique. Ils se sont laissés photographier. Ils ont dîné dans des restaurants privés. Ils ont rendu visite à des centres d’enseignement et des compagnies artistiques. Beyoncé a même fait des selfies avec ses fans, elle a dansé le guaguancó et est montée sur scène avec Juana Bacallao, la fameuse artiste de cabaret cubaine. Jay-Z est resté fidèle à son image de dur à cuire qu'il vaut mieux ne pas déranger, et pourtant, de retour aux Etats-Unis, il a répondu en musique aux multiples attaques de membres républicains du Congrès en composant une sorte de lettre ouverte (« Open Letter ») sur son expérience cubaine  : « Je suis à Cuba, j’aime les Cubains. Ce mot communiste est tellement flou, quand même le micro que j’utilise vient de Chine ».

On peut donc dire que c’est un des événements qui a contribué à faire de Cuba la destination à la mode pour les célébrités qui font la Une des journaux. Le Star System a touché jusqu'à la Maison Blanche. Il faut quand même reconnaître que la visite de Barack Obama, en compagnie de son impeccable épouse Michelle et de ses filles Sasha et Malia, en mars 2016, n’a rien eu à envier à celle de Beyoncé et Jay-Z. Ni même à celle plus récente de la chanteuse Rihanna, qui a embrasé les rues de La Havane en femme fatale, avec sa crinière de feu et ses tenues tout aussi brûlantes, pendant que la photographe Annie Leibovitz immortalisait son image pour la revue Vanity Fair.

Mais ce qui a indiscutablement mobilisé la ville ces derniers mois, ce sont les concerts gratuits de Olga Tañón, DJ Diplo et Major Lazer, et les Rolling Stones. L'art et son inégalable puissance mobilisatrice a réussi à légitimer les changements dans les relations politiques.

Concierto de The Rolling Stones en La Habana (Foto: Mónica Baró - Periodismo de Barrio)

Concert des Rolling Stones à La Havane (Photo: Mónica Baró – Periodismo de Barrio)

La Havane, une ville où l'on vit

Face à toutes ces photos, ces prises de vues et ces gros titres, on en oublie parfois que cette ville de contrastes n'est ni le collage pittoresque de campagnes publicitaires, ni la fin d'un monde dont tant de photographies attestent. C'est une ville où l'on vit. Tous ces immeubles mortellement blessés dans leur guerre contre le temps, plus qu'une métaphore de la décadence, sont des foyers qui accueillent des familles.

La Havane est la plus petite province de Cuba et la plus peuplée. Sur ses 728 km² résident 2 121 871 personnes, d'après les statistiques de 2014 – en excluant les immigrés. Et ces personnes, légales et “illégales”, sont celles qui la façonnent.

“La ville, ce sont les gens qui l'habitent qui la font, et surtout, elle se définit en fonction des interactions entre ceux qui résident dans les espaces urbains, qui, nous le savons, sont des structures sociales” soulignent les chercheurs qui ont participé à l'écriture du livre Toutes les Havanes. Statégies pour comprendre leurs dynamiques sociales, publié en 2014. De son côté, l'architecte Mario Coyula, lauréat du Prix national d'architecture, souligne dans l'épilogue que “la ville est le fait culturel majeur et essentiel qui associe la signification historique et architecturale à l'utilité pratique quotidienne dans tous les secteurs sociaux”.

En novembre 2019, la capitale fêtera ses 500 ans d'existence. Ce que l'on célèbrera alors révèlera en grande partie le chemin parcouru par cette ville ces dernières années. On pourrait célébrer la restauration du centre historique ; la réduction des niveaux de pollution de ses eaux pour retrouver la présence de poissons, de pélicans et de mouettes dans la baie de La Havane ; l'accroissement des capacités d'hébergement avec les nouveaux hôtels construits grâce aux investisseurs étrangers ; les visites de trois sommités pontificales, d'un président des Etats-Unis et de toute une flopée de célébrités; ou alors, le vigoureux fromager du Templete (Petit Temple) tout juste planté quelques jours avant le phénomène de la visite d'Obama, pour remplacer l'ancien, moribond, qui gâtait le paysage. Mais ce que l'on devrait célébrer avant tout c'est le rétablissement du système de logements sociaux. Dans le cas contraire, tout hommage sera un simulacre. Même si les travaux de restauration du Capitole, futur théâtre des opérations du Parlement cubain, s'achevaient enfin, et même si l'on atteignait le chiffre prétentieux de 10 millions de touristes en un an.

*Cet article est un extrait exclusif reproduit par GlobalVoices. Vous pouvez consulter la version originale ici et lire d'autres articles de Mónica Baró ici.


Nice: faire face à la violence du réel

Tue, 19 Jul 2016 16:21:33 +0000 - (source)
Hommage à Nice via @jeanlucr sur twitter

Hommage à Nice via @jeanlucr sur twitter

Alors que les cadavres frais jonchent encore la Promenade des anglais, les débats post-attentats en France, qui avaient déjà le malheur de ne pas être de bonne facture, ajoutent cette fois l’indécence à l’infamie. Le temps du deuil n’existe même plus, Même plus la trêve de la sidération qui donnait un peu de battement pour l’émotion. Chaque vie fauchée est réduite à son caractère numérique et impersonnel, on laissera le soin à quelques journaux, plus tard, de retracer la vie des assassinés, dans une compassion mécanique. Car, bien avant, sur le bitume niçois où crépitent encore les corps et l’effroi, c’est un triste spectacle qui a la primauté de notre attention : les expertises, contre-expertises et hypothèses médiatiques, que valent dans l’obscénité les débats sur les réseaux sociaux et la bassesse d’une classe politique qui tutoie les abysses. Commençait ainsi la valse nécrophile, les querelles abjectes sur la qualification à accoler à la tuerie. Acte d’un déséquilibré ou terrorisme islamiste ? L’irruption immédiate d’une telle question masque en réalité un inconfort. Un grand boulevard s’ouvre, de déchets analytiques très orientés, où la récupération le dispute aux tentatives de conjurer un malaise réel. Question d’autant plus obscène qu’elle semblerait satisfaire d’aucuns si on la tranche. Ce n’est pas l’islam? Certains en pousseraient même un ouf de soulagement. C’est un déséquilibré ? Ça ôterait de l’urgence aux choses, nous voilà presque tirés d’affaire ; finalement, le champ de la « folie » de l’homme, très commode, endosse et clôt toute perspective réflexive. Nous sommes en réalité ici aux confins d’un malaise qui se conjure par la contre-accusation, le déni, et dans les pires développements, le « complotisme ».

Le déni originel

Le paradigme de la lutte anti-terroriste en France tel qu’il est énoncé et tel qu’il s’ancre à mesure du temps, entre la pesanteur des culpabilités coloniales et géopolitiques, et le refus absolu de penser le religieux par tradition et accointance idéologique, ruine le champ de la réflexion. Si l’on persiste à ne voir dans les équipées sanglantes de groupes ou d’individus, phalanges de systèmes politico-religieux bien sophistiqués, que les manifestations d’un délire, expliquées par une exclusion sociale, une fragilité, un déséquilibre psychologique ou affectif, ce n’est pas par simple goût pour les explications rationnelles. C’est une volonté de « laver » une religion au sein de laquelle le malaise est pourtant apparent et palpable. Au début de la vague sanglante récente qui frappe la France, dont Merah signait le sinistre top départ, on s’attachait dans un réflexe par ailleurs salutaire, pour éviter de creuser encore les fragiles équilibres, à dire « cela n’avait rien à voir avec l’islam » A la défaveur d’un enchainement cruel de l’actualité, on en vient à proclamer que « cela n’a rien à voir avec l’islamisme ». Glissement important et pas seulement sémantique, nous en sommes rendus, depuis l’horreur niçoise, à dire que « cela n’a rien à voir avec l’islamisme radical ». Le lien ténu de cette progression est cohérent dans la prophétie du « rienavoirisme ». Ce paradigme chamboule tout jusqu’à l’usage des mots. Ainsi des terroristes, on parle de « tueur », de « haine », de « camion fou ». Comme si la haine n’avait pas d’objet, de motivation ; le tueur, de message ; le camion, de locataire. Comme si le terrorisme campait en lui-même une fin en soi… La figure du loup solitaire, un temps paravent sémantique, servait à expurger tout caractère idéologique mais il s‘est épuisé de sa propre inconséquence.

Idéologie : dévotion et dévoiement.

Le mal se niche en vérité dans quelque chose d’inavouable ou d’inconscient. Il semble impossible, pour beaucoup, de concevoir qu’à l’échelle de la planète, des individus de toute condition sociale, de toute ethnie, de toute histoire, adhèrent à une idéologie mortifère qui commande ou inspire de tuer en son nom. Que cette idéologie transfrontalière rencontre dans son périple divers profils, offrant ainsi corps et même rédemption à toute idée criminelle, ou la suscite. Contrairement aux idées admises, cette idéologie partage avec nombre d’entités insoupçonnables, des diagnostics communs sur la place des minorités et de l’islam en occident. Par conséquent, elle recrute plus facilement sur un terreau fait de haine et de ressentiment. Que pour prospérer, la narration islamiste se fait porte-voix de musulmans opprimés à qui elle offre le secours. D’où l’usage de la violence par certains, ici légitimée, comme retour naturel. Que cette frange s’appelle l’islamisme terroriste, qu’elle dissout des civilisations entières et ses richesses dans son acide, qu’elle promeut déjà une vision du monde sectaire dans tous les territoires qu’elle conquiert. Cette idéologie avec des largesses financières inégalées, s’exporte et séduit, à l’affût des brèches géopolitiques, d’une misère sociale, pour disséminer son venin. Cultivant son opportunisme comme toute entreprise politique, elle tient son propre agenda et sa propre vision de l’actualité. Elle se répand ainsi sur le chaos, par habilité, dans l’humanitaire, la justice sociale, comme la confrérie des frères musulmans en offrit un exemple. Pas toujours donc par la violence. Par une pédagogie qui mêle ressentiment, paranoïa, apologie de la sédition et exploitation des séquelles coloniales. Voici le lit et le sas communs. Mais les franges les plus radicales prônent la violence, enivrées par la mythologie des conquêtes au temps premier du prophète. En dévoyant le message coranique ou en lui trouvant, avec des références religieuses, des exégèses sanglantes. L’aplomb avec lequel l’on se borne à dire que cela est complètement étranger à l’islam, est le déni originel qui annonce la misère de l’analyse.

Conjurer le malaise

Il ne s’agit nullement d’accabler les musulmans, dont quelques croyants subissent les affres d’une islamophobie haineuse à combattre farouchement. Il s’agit de pointer qu’au sein de l’islam a lieu une guerre idéologique et que pour être nuisibles, les extrémistes n’ont pas besoin d’être majoritaires. L’usage de la violence est par essence l’aveu de l’incapacité à convaincre. L’empressement à disculper « l’islam », entité impersonnelle, n’est que le reflet d’un malaise interne et compréhensible chez beaucoup de musulmans, souillés par l’éclaboussure de cette gangrène. Ce malaise se répand chez certains par l’accusation, le présupposé islamophobe. En niant toutes imbrications du problème, on produit l’amalgame tant craint comme si désigner l’idéologie islamiste signifiait mécaniquement mettre à l’index les musulmans. Si les causes sont multiples et qu’une humilité suggère de ne pas être définitif, il n’y a aucune raison, d’écarter la dimension politique et religieuse du problème.
Le malaise accusatoire désigne donc cet état d’inconfort, où l’on prie presque pour que l’acte n’ait aucun lien avec quelque mouvance religieuse. Ce serait en effet pour beaucoup de groupes militants communautaires et religieux, le partage du diagnostic avec les terroristes, pires alliés objectifs qui soient, donc le trouble et le discrédit jetés sur leur commerce politique. Voilà où siège le malaise, toute une narration se trouve contrariée si des liens sont avérés entre attentats et groupes islamistes. Pour conjurer cet inconfort, se répandent le déni, la contre-accusation par l‘anticipation, contre par exemple des groupuscules droitistes prêt à en découdre. Mais aussi, des expressions habituelles du déni : la paranoïa et bien d’autres refuges pour refouler l’évidence. Ce qui est bien moins couteux que de faire face à la violence du réel.

Ce texte a été ecrit par Elgas, journaliste et sociologue sénégalais


De superbes images de lucioles au Japon

Mon, 18 Jul 2016 17:26:04 +0000 - (source)
Fireflies / ホタル

Lucioles. Photographie de l'utilisateur de Flickr 禾 Lin. Licence: CC BY-NC-ND 2.0 (pas de produit dérivé).

Si vous avez de la chance, vous pouvez apercevoir des lucioles au Japon chaque année, de fin mai à début juin. Les lucioles, dont le Japon abrite la variété asiatique Luciola parvula, ont besoin d'eau vive pure et ont longtemps été associées aux rizières, inondées chaque mois de mai.

Les chances d'en voir diminuent cependant chaque année avec le vieillissement de la population rurale et le découpage des rizières.

Dans le cadre du concours de photographie organisé par le Club de photographie de Tokyo en juin 2016, de nombreux photographes ont soumis des images superbes et surréalistes de lucioles à travers tout le Japon.

Photographie de Nakanishi Shingo

— Club de photographie de Tokyo / @tokyocamerajp

Photographie de l'utilisateur d'Instagram s_t_523

— Club de photographie de Tokyo / @tokyocamerajp

Photographie de Takao Sudo

— Club de photographie de Tokyo / @tokyocamerajp

Photographie de Hiroyuki Shinohara

— Club de photographie de Tokyo / @tokyocamerajp

Photographie de Takahiro Bessho

— Club de photographie de Tokyo / @tokyocamerajp

Photographie de Apple Man

— Club de Photographie de Tokyo / @tokyocamerajp

「源氏と菖蒲の共演」 (2016.6.5 岐阜県揖斐郡) #tokyocameraclub #東京カメラ部 #igersjp #lovers_nippon #icu_japan #wu_japan #bns_japan #webstagram #wounderful_places #nightphotography #phos_japan #picturetokeep_night #japan_night_view #team_jp_西 #special_spot_vip #color_of_day #奥行き同盟 #写真好きな人と繋がりたい #写真撮ってる人と繋がりたい #ファインダー越しの私の世界 #instagramjapan #instagood #instagrammers #岐阜 #love_nippon

A photo posted by 淳 (@atsushi.k.photography) on

“Genji and sweet sedge duet.” (Ibi, Gifu, June 6, 2016)  #tokyocameraclub #igersjp #lovers_nippon #icu_japan #wu_japan #bns_japan #webstagram #wounderful_places #nightphotography #phos_japan #picturetokeep_night #japan_night_view #special_spot_vip #color_of_day

Le Club de photographie de Tokyo twitte en Japonais et publie également des billets sur son compte Instagram ainsi que sur son propre site internet. On peut voir les soumissions au concours de photographie sur Instagram sous le hashtag #東京カメラ部.


Les fans japonais ravis par la performance ‘cosplay’ d'une patineuse russe

Mon, 18 Jul 2016 16:15:28 +0000 - (source)
Evgenia Medvedeva

Evgenia Medvedeva. Image d'une vidéo très partagée sur les réseaux sociaux.

Une patineuse russe, star de son sport, a conquis les cœurs des fans japonais de patinage ainsi que ceux des otaku (aficionados des mangas et dessins animés) en apparaissant vêtue comme le célèbre personnage Sailor Moon [anglais] lors d’un gala.

Comme l’a rapporté le site d’informations Meduza [anglais], la performance télévisée d’Evgenia Medvedeva lors du spectacle « Dreams on Ice », le 10 juillet dernier au Japon, est rapidement devenue virale [japonais] sur Twitter et les autres réseaux sociaux.

Voici Medvedeva-chan, se transformant en Sailor Moon, comme dans le dessin animé du même nom que j’ai vu un nombre de fois incalculable. Chère Medvedeva-chan, merci d’aimer autant Sailor Moon !

“Chan” est un suffixe japonais affectueux.

A seulement 16 ans, Medvedeva a déjà récolté de nombreuses médailles – la patineuse russe est ainsi championne du monde en titre, championne d’Europe, vainqueur de la Finale du Grand Prix 2015, et championne de Russie [anglais].

Dreams on Ice est un spectacle annuel de patinage artistique [japonais] au Japon, où ce sport demeure très populaire, même en été [anglais]. Le gala attire les meilleurs patineurs du pays mais aussi du monde entier. Cette année, Medvedeva a ainsi été conviée à patiner devant les fans nippons.

Pour quelques-uns d’entre eux, c’est un rêve qui se réalise :

Medvedeva-chan semble être la vraie Sailor Moon !

(Le titre de l’article disait, en partie, “Elle est la reine du ‘miracle jump’. »)

 

Avant même de patiner en tant que Sailor Moon au Japon, Medvedeva postait régulièrement des messages à propos de dessins animés sur Twitter. Elle tweete ainsi sur Sebastian Michealis [anglais], de la série télévisée d’animation Black Butler [anglais].

Fait. Quel est le prochain ?

Ici, Medvedeva pose lors d’une convention d’anime avec un cosplayer (contraction de “costume roleplay”, ou costume de jeu de rôle), c'est à dire quelqu’un qui porte un costume représentant un personnage de fiction. Il était habillé comme le personnage Howl, du film d’animation Le Château Ambulant, sorti en 2004.

Un rêve d’enfant s’est réalisé.

Medvedeva a aussi appelé ses supporters japonais à franchir le fossé culturel. Elle a également demandé, dans son tweet, à l’aider à traduire quelques fan art (des œuvres réalisées par des fans de manga).

S'il vous plaît, est-ce que quelqu'un peut traduire ?

Le fan art ci-dessus représente Medvedeva, à droite, reprenant des répliques de Sailor Moon face à une superstar perplexe du patinage artistique, la Japonaise Mao Asada. Medvedeva est devenue célèbre au Japon après avoir repris des citations du dessin animé un peu plus tôt dans l’année. Les supporters se demandent si Asada, qui ne comprend pas bien la populaire série de mangas japonais Lupin III, pourrait comprendre les détails plus obscurs de Sailor Moon.

Ce fan art sous-entend que Medvedeva adore les animes, et ses nouveaux fans japonais l’aiment pour cela, tout comme ils apprécient son patinage.


Nice : “Briser le joug infâme” du fanatisme et de la stupidité

Sat, 16 Jul 2016 18:56:48 +0000 - (source)
14th July, Nice

14 Juillet (2014), Nice, France. Sur la plage au bas de la Promenade des Anglais, une soirée en famille. Liberté, Fraternité, Egalité! Photo sur Flickr de Michael Foley (CC BY-NC-ND 2.0)

Aucun mot ne peut exprimer ma douleur et ma tristesse suite à l’attentat de Nice. Les victimes sont venues contempler le ciel et maintenant elles y sont.  Ce ciel qui était si lumineux devient soudainement sombre et sanglant. Malheureusement encore une fois, la barbarie a frappé. Malheureusement encore une fois ces moments de joie et de gaieté sont transformés en moments de deuil.  Malheureusement, encore une fois ces moments d’union et de réunion autour des mêmes symboles de la République et de la France des Lumières sont transformés en des moments de dispersion, de fuite, de crainte d’être touchés par ce symbole de haine, d’obscurantisme et de monstruosité pour lequel la valeur de l’être humain n’a aucun sens.

Je dois avouer que dans ces moments de deuil, ma plume me trahit et les mots manquent. Je me noie dans ce silence morbide depuis jeudi soir. Je suis devant ma page blanche sans rien écrire. Que des idées confuses traversant mon esprit. Que des sentiments embrouillés flottant dans mon cœur.

Néanmoins, je me permettrais de fournir quelques remarques fondamentales qui nous aideront peut-être à mieux comprendre ce qui s’est passé et à décortiquer les tristes événements de ce 14 juillet.

Pays d'origine

A la suite de ces événements meurtriers, les médias n'ont cessé de présenter l'assaillant comme un bi-national franco-tunisien. Ce dernier s'est avéré par la suite être un Tunisien domicilié et travaillant à Nice. A chaque attentat, ces médias mettent l'accent sur le pays d'origine des auteurs. Il faut juste rappeler que les précédents assaillants terroristes sont avant tout des Français, ils sont nés en France, ils ont vécu et ont grandi en France et ils ne connaissent de leur pays d’origine que le nom. Est-il nécessaire d'évoquer leur pays d’origine alors qu’ils sont des Français ?

Aujourd’hui je me permettrais de souligner que si vous voulez qu’on évoque le pays d’origine de ce meurtrier, je tiens à préciser que la Tunisie est considérée comme la France comme la première cible de l’Etat Islamique et depuis la révolution de 2010 elle a subi de nombreuses attaques terroristes. Souvenez-vous de celles du Mont Chaanbi, du Bardo ou de Sousse. Vous voyez, nous sommes donc tous la cible du même ennemi.

Discours constructifs contre l'idéologie de la mort

La fonction du journaliste suite à cet événement peut s'avérer très compliquée. Doit-il informer vite ou informer bien ?

En tout état de cause, le rôle des intellectuels de France et du monde entier est considérable puisqu'ils sont conduits à proposer des discours constructifs par lesquels ils sont censés s’imposer devant l’idéologie de la haine et de la mort qui emballent les petits cerveaux de nos enfants et de nos jeunes qui sont encouragés d’aller s’offrir eux-mêmes au martyre et qui sont entraînés dans un fanatisme qui voit dans la condamnation le plus beau du triomphe et dans les supplices une manière de volupté.

Je ne suis pas la mieux placée pour fournir des conseils et faire la morale à la classe politique, qui selon moi, doit agir de manière efficace en adoptant un seul et unique discours : celui de l’union nationale. Je pense particulièrement à Victor Hugo qui, après son retour de l’exil et à l’occasion de la proclamation de la IIIème République de 1870 prononce les vers suivants comme un leitmotiv :

 Je ne vous demande qu’une chose, l’union ! Par l’union vous vaincrez ! […] Serons nous tous autour de la République, en face de l’invasion, et soyons frères , nous vaincrons. C’est par la fraternité que nous sauvons la liberté.

Il est temps de comprendre que le « logiciel » des terroristes a changé pour reprendre le terme de Gilles Kepel et celui des hommes politiques doit changer lui aussi. Invité sur France Inter le vendredi 15 juillet au lendemain de l’attentat au camion qui a coûté la vie à 84 personnes à Nice lors des célébrations du 14 Juillet, le spécialiste du djihadisme s’est attaqué au pouvoir politique en France, qui selon lui, se montre envasé dans ses “chamailleries” habituelles et incapable de faire face au terrorisme contemporain. Réfléchissons ensemble pour trouver les bons moyens pour « écraser cet infâme » qui menace notre civilisation, notre culture, nos arts et tout ce qui est de plus beau et plus noble en nous.

Rappelons-nous que nous sommes des humains

Loin de ces considérations et de ces acceptions qui nous tuent, nous déchirent et peuvent nous séparer, rappelons-nous juste que nous sommes Français, Tunisiens, Kényans, Égyptiens, Turcs, Libanais, Belges…. Rappelons-nous juste que nous sommes humains. Rappelons-nous seulement que la souffrance de la Marianne est la nôtre. Que le terrorisme et le fanatisme ne distinguent pas entre un blanc ou un noir, entre un musulman, un chrétien et un juif, entre un Français et un Tunisien, entre un adulte et un enfant. Le fanatisme n’a qu’une seule couleur le rouge. Les Français eux ont trois couleurs, le bleu, le rouge et le blanc. N’est-ce une vraie allégorie de diversité?

Je suis anéantie, je l’avoue. Encore une fois on a attaqué les valeurs de cette France noble et si grande par ses valeurs républicaines et universelles. La France de Montaigne, Voltaire, Montesquieu, Zola et Camus ne se résigne jamais et sa lumière ne s’éteint jamais.

Le 14 Juillet devient doublement symbolique aujourd'hui. D’une part, il est la commémoration de la Révolution française qui a libéré les Français des injustices, de la tyrannie et de l’obscurantisme religieux. D’autre part, il devient une date qui nous rappelle à chaque fois que nous devons tout faire pour éradiquer cette haine, ce fanatisme qui nous menacent et nous emprisonnent. Et comme l’affirmait Voltaire trois siècles auparavant :

 Il est temps de briser ce joug infâme que la stupidité a mis sur notre tête, que la raison secoue de toutes ses forces ; il est temps d’imposer silence aux sots fanatiques gagés pour annoncer ces impostures sacrilèges, et de les réduire à prêcher la morale qui vient de Dieu, la justice qui est dans Dieu, la bonté qui est l’essence de Dieu et non des dogmes impertinents qui sont l’ouvrage des hommes. Il est temps de consoler la terre que des cannibales déguisés en prêtres et en juges ont couverte de sang. Il est temps d’écouter la nature qui crie depuis tant de siècles, ne persécutez pas mes enfants pour des inepties. Il est temps enfin de servir Dieu sans l’outrager.

Vive la France.  Et vive l'Humanité.


Japon: un dictionnaire parlant pour transmettre la langue aïnoue

Sat, 16 Jul 2016 12:37:03 +0000 - (source)
Ainu

Chanteurs aïnous au Musée aïnou d'Hokkaido, au Japon. Capture d'écran de la chaîne Youtube Andrew Jones Productions.

Un “dictionnaire parlant” en ligne, lancé en 2009, tente de préserver et de transmettre la langue aïnoue. Celle-ci est parlée par les autochtones de l'île japonaise d'Hokkaido, au nord-est du pays, et dans les territoires insulaires russes. Selon l'UNESCO, huit langues sont en voie de disparition au Japon. La langue aïnoue est celle qui se trouve dans la situation la plus critique.

Ce project associe des locuteurs d'aïnou, le Programme de documentation des langues en voie de disparition (ELDP) de l'École des études orientales et africaines (SOAS) de Londres, le Arcadia Fund, et Anna Bugaeva, chercheuse en linguistique à l'Institut Waseda d'études avancées (WIAS), au Japon. L'objectif de ce projet, achevé en 2009, n'est pas seulement de préserver et transmettre la langue aïnoue, mais aussi :

Le dictionnaire parlant aïnou préserve et présente l'aïnou oral dans un format adapté à la recherche en ligne. Il comprend également une interface pour les linguistes ainsi que des notes détaillées sur son usage.

La préservation de la langue aïnoue presse. Bien que les chiffres soient difficiles à établir (les questions d'ethnicité ne font pas partie du recensement japonais) on estime qu’il ne reste que 25 000 Aïnous au Japon, dont moins de dix locuteurs natifs. Les Aïnous sont le peuple autochtone de l'île d'Hokkaido, au nord-est du Japon, et de l'archipel de l'extrême orient russe, au nord du Japon. Quand le Japon a colonisé Hokkaido et Sakhaline dans les années 1850, les Aïnous furent intégrés, placés dans des réserves et ont succombé aux maladies nouvellement introduites.

Aujourd'hui, au Japon, la culture aïnoue survit grâce aux attractions touristiques et dans les musées ethnographiques de Hokkaido et Tokyo.

Des étudiants s'essaient au mukkuri, un instrument traditionnel aïnou. “C'est cool, comme nom d'instrument !”. Ils font l'expérience de danses, contes et autres traditions culturelles. Asahi Digital.

Au XXe siècle, l'aïeul aïnou et politicien Shigeru Kayano, décédé en 2006, a contribué à populariser la culture aïnoue au Japon grâce à des livres célèbres tels que “Our Land Was A Forest” [Notre pays était une forêt, non traduit en français, NdT]. Il a aussi produit un guide de conversation aïnoue simple et toujours publié.

[…] Voici le premier volume du Guide de conversation aïnoue par Shigeru Kayano. Pendant un temps, j'étais vraiment intéressé par la culture aïnoue et j'avais acheté ce livre. Bien que je déteste les jeux vidéos du style Street Fighter, j'avais appris les noms des caractères aïnous des jeux Samurai Shodown de SNK.

Le dictionnaire parlant aïnou va au-delà des séries de dictionnaires aïnou-japonais publiés par Kayano : il fait partie du projet de recherche “Documentation du saru, dialecte aïnou” d’Anna Bugaeva, professeure assistant de linguistique à l'Institut Waseda d'études avancées (WIAS), à l'université de Waseda de Tokyo.

Ce projet est basé sur un dictionnaire compilé par Kotora Jinbo et Shozaburo Kanazawa et dont la première édition date de 1898. Jinbo, arpenteur, apprit l'aïnou pour communiquer avec les autochtones d'Hokkaido. Kanazawa, linguiste, a rassemblé mots et phrases pour créer le dictionnaire qui aidera à amener la langue aïnoue au XXIe siècle.

Selon Bugaeva:

The original dictionary by Kotora Jinbo and Shozaburo Kanazawa contained mistakes, misheard words, and even broken phrases (expressions that are inconceivable with original Ainu grammar). We deleted all questionable words and examples, items that were extremely different from Setsu Kurokawa’s audio, and words that Setsu Kurokawa was unfamiliar with. Double entries were basically consolidated to one entry. However, since the video data and audio data were recorded separately, there are cases where the Ainu expression is different in the video and audio. In those cases only, we decided that these were separate expressions, and listed both. In the end, we had 3467 headwords. For particularly rare words, we checked whether they were used in existing dictionaries, and added notes to them.

[…]

In addition to the original notations, various information that can aid learning the Ainu language including the colloquial translation, Modernized Roman character transcriptions and katakana [a Japanese phonetic syllabary] transcriptions of the Ainu word, interpretation (glossary) and English translation, etc., are provided. With the help of Setsu Kurokawa, a native speaker of the Saru Dialect of Ainu (Nukibetsu), we were able to upload audio of the Ainu language onto the web. We received many responses and comments from students and researchers regarding these contents. However, we were faced with budgetary restrictions when building the dictionary, and some technical problems remained.

Le dictionnaire original de Kotora Jinbo et Shozaburo Kanazawa contenait des erreurs, des mots mal compris, et même des phrases incorrectes (des expressions inconcevables compte tenu de la grammaire aïnoue). Nous avons supprimé tous les mots et exemples douteux, les éléments qui étaient très différents de la prononciation de Setsu Kurokawa et les mots qui ne lui étaient pas familiers. Les entrées doubles ont pour la plupart été fusionnées. Malgré cela, comme les données audio et vidéo furent enregistrées séparément, l'expression aïnoue audio diffère parfois de la vidéo. Dans ces cas-là, nous avons décidé que deux expressions existent bel et bien et avons listé les deux. Au final, nous avons obtenu 3467 entrées. Nous avons vérifié que les mots particulièrement rares étaient bien en usage dans les dictionnaires et avons ajouté des notes pour ceux-là.

[…]
En plus des notations d'origine, des informations diverses sont fournies pour aider dans l'apprentissage de l'aïnou comme les traductions dans le registre familier, les transcriptions en caractères romains modernes et en katakana (l'un des syllabaires phonétiques japonais), un glossaire, les traductions en anglais etc. Grâce à l'aide de Setsu Kurokawa, locuteur natif du dialecte saru (Nukibetsu), nous avons pu télécharger la version audio de la langue sur le site. Nous avons reçu de nombreuses réactions et commentaires d'étudiants et de chercheurs sur ces contenus. Cependant, nous avons été confrontés à des restrictions budgétaires quand nous avons construit le dictionnaire, et certains problèmes techniques sont toujours là.

Bugaeva a travaillé avec Setsu Kurokawa pour enregistrer la prononciation des mots et phrases utilisés dans le dictionnaire parlant. Kurokawa, une aïnoue née en 1926 à Nukibetsu, dans le sud-ouest d'Hokkaido, a grandi en entendant la langue :

When Setsu Kurokawa (born, January 5, 1926) was a child, in the late 1920's, many Ainu families had already stopped speaking Ainu at home. Considering this, Setsu Kurokawa's proficiency in Ainu is relatively high. This can be explained by the fact that she was often taken care of by her grandfather and grandmother. However, since Ainu is not used currently in everyday life, it was difficult to record the spontaneous utterances of the language. In this audio material, the words and expressions are not the spontaneous utterances of Setsu Kurokawa, but instead are audio data initiated based on the Ainugo kaiwa jiten [Ainu conversational dictionary]. In the actual recording process, Anna Bugaeva read the words and expressions in the Ainugo kaiwa jiten, and Setsu Kurokawa repeated these in her own manner. The Ainu language expressions in this audio material are based on the Ainugo kaiwa jiten, and do not completely match Setsu Kurokawa's idiolect.

Quand Setsu Kurokawa (née le 5 janvier 1926) était enfant, à la fin des années vingt, de nombreuses familles aïnoues avaient déjà cessé de parler aïnou à la maison. Dans ces conditions, sa maîtrise de l'aïnou est relativement bonne. Ceci peut s'expliquer par le fait qu'elle a souvent été à la garde de son grand-père et de sa grand-mère. Malgré tout, comme l'aïnou n'est pas utilisé dans la vie quotidienne, il était difficile d'enregistrer des déclarations spontanées dans cette langue. Dans le contenu audio, les mots et expressions ne sont pas dites spontanément par Setsu Kurokawa, mais sont basées sur le Ainugo kaiwa jiten (le guide de conversation aïnou). Pendant l'enregistrement, Anna Bugaeva lit les mots et expressions du Ainugo kaiwa jiten, et Setsu Kurokawa les répète à sa façon. Les expressions aïnoues dans ce matériel audio sont basées sur l’Ainugo kaiwa jiten et ne correspondent pas entièrement à l'idiolecte de Setsu Kurokawa.

Une fois terminé, le dictionnaire de Bugaeva fut présenté à un groupe de la communaute aïnoue de Tokyo au Centre culturel aïnou (qui possède lui-même des ressources en ligne dédiées à la transmission de la langue aïnoue) en 2009. Cet outil fut créé en collaboration avec le co-éditeur japonais Shiho Endo et le programmeur David Nathan (directeur de ELAR, SOAS University of London). La communaute aïnoue apporta une contribution artistique, dont la conception du site web par Tamami Kaizawa.


Une présentatrice de télévision mozambicaine critiquée sur les réseaux sociaux après des propos soi-disant “racistes”

Sat, 16 Jul 2016 09:38:34 +0000 - (source)
Captura de tela do programa "Manhãs Alegres" apresentado por Yara da Silva.

L'animatrice Yara da Silva. Capture d'écran de télévision

[Tous les liens mentionnés sont en portugais]

Les déclarations de la chanteuse et présentatrice Yara da Silva, le 2 juillet dernier, ont provoqué une onde de choc sur les réseaux sociaux. Les internautes mozambicains et les téléspectateurs de « Sabadar », diffusé tous les samedis sur STV – Soici Televisão au Mozambique, ont en effet qualifié ces propos de « racistes ». La chanteuse présente également une émission quotidienne sur cette même chaîne, « Manhãs Alegres ».

D’après le blog “MOZxigubo”, voici pourquoi la présentatrice était conviée à participer au programme :

A missão da Yara naquele programa apresentado pelo Emerson Miranda era estrear-se numa rubrica de dança, onde junto do seu professor brindou os telespectadores com uma marrabenta. Mas antes mesmo de dançar, o apresentador perguntara a Yara como tinha sido o processo de ensaio e a escolha da indumentária. A apresentadora do Manhãs Alegres explicou e no meio do discurso disse: “apesar de eu não ser negra, amarrei a capulana como as negras”.

La mission de Yara dans cette émission présentée par Emerson Miranda était d’inaugurer une rubrique consacrée à la danse, dans laquelle elle offrait aux téléspectateurs, avec son professeur, une marrabenta, une danse mozambicaine traditionnelle. Mais avant même de danser, le présentateur demanda à Yara de choisir et d’essayer une tenue vestimentaire. La présentatrice de Manhãs Alegres déclara alors, au milieu de son discours : « bien que je ne sois pas noire, j’ai attaché une capulana [une sorte de sarong africain], comme les noires ».

La remarque de l’animatrice a déclenché une forte contestation sur les réseaux sociaux. De nombreux internautes ont condamné ces propos, tandis que d’autres défendaient Yara da Silva, à l’instar d’Ivan Maússe :

Bem, a meu humilde ver, Yara da Silva, ao dizer, mesmo despercebidamente, que mesmo não sendo negra amarrou capulana como as negras, conclui que amarrar capulana é coisa eminentemente das mulheres negras (…) Durante muito tempo, pensei que o racismo consistia em atribuir uma característica pejorativa, quer em termos verbais, quer ainda em termos símbolos. E do discurso de Yara não pude notar qualquer IMPUTAÇÃO PEJORATIVA eventualmente realizada sobre as mulheres negras.

Bien, de mon humble point de vue, Yara da Silva a déclaré, peut-être discrètement, que même en n’étant pas noire, elle portait un sarong comme les noires. Elle en déduisait que porter un sarong était typique des femmes noires (…) J’ai longtemps cru que le racisme consistait à attribuer une caractéristique péjorative, soit verbalement, soit symboliquement. Dans les déclarations de Yara, vous ne pouvez noter aucune REMARQUE PEJORATIVE à l’encontre des femmes noires.

Eduardo Matine a également pris la défense de l’animatrice, en recourant à l’analogie suivante :

Ate parece que estou a ver a/o tal negra/o a criticar, mal consegue teclar por causa da unha XL que colou a sua mão, enquanto escreve a tissagem voa e tapa-lhe a cara, prendendo alguns fios do cabelo nos cilios postiços que criam sombra aos olhos, esta mal sentada devido a calcinha com bundas que fugiu do lugar, mas a cinta aperta-lhe o abdomen pois acaba de comer, daqui a nada é hora de descalçar o salto alto e meter os chinelos que estão na carteira pois termina o expediente e tem que descer as escadas e conduzir o dubaizinho para casa, olhando para os pés são mais escuros que o resto do corpo, eishhhh…Agora so Yara e’ que deve olhar antes de falar?

Il semble que je puisse critiquer une noire car elle tape difficilement sur son clavier à cause des ongles XL qu'elle a collés sur sa main ; pendant qu’elle écrit, ses extensions volent et lui cachent le visage, et elle attrape quelques cils de ses faux-cils qui créent une ombre sur ses yeux ; elle est mal assise en raison de son string qui se fait la malle, tandis que sa gaine l’empêche de manger. Bientôt il sera l’heure de retirer ses talons hauts et de mettre ses chaussons toujours présents dans son sac à main, puis de terminer sa journée de travail, descendre les escaliers et conduire sa petite voiture d’occasion jusqu’à la maison en regardant ses pieds toujours plus sombres que le reste du corps, ahhhh… Yara est-elle la seule à devoir réfléchir avant de parler ?

De son côté, José de Matos accuse la présentatrice de s’être montrée maladroite :

A Yara foi muito infeliz naquele comentário na medida que capulana nao é so de negras! Foi imprudente mas o comentário nao é racista! Racistas sao algumas abordagens sobre esta polemica, isso sim! Por outras palavras, alguns querem condenar o alegado racismo mas depois usam argumentos racistas, é isso que eu estou a ver em muitas reaçoes em vários sitios! Ca para mim, o problema nao é a Yara mas sim a sociedade que tem alguns problemas em lidar com a identidade e questao racial!

Le commentaire de Yara était inopportun dans la mesure où le sarong n’est pas réservé aux noires ! Elle a été imprudente, mais sa réaction n’était pas raciste ! Les racistes sont ceux qui se sont emparés de cette polémique ! Quelques-uns veulent condamner ce prétendu racisme, mais ils recourent eux-mêmes à des arguments xénophobes. Voilà ce que je constate dans de nombreuses réactions ! De mon point de vue, le problème n’est pas Yara, mais une société qui a quelques soucis identitaires quant à la question raciale !

Mauro Steinway affirme que chacun doit être en paix avec ses origines :

Se alguém diz não ser negra, enquanto outras querem se parecer brancas, há alguma diferença? Há sim. Uma usou palavras, mas outras usam extensões lisas, cremes, lentes de contacto,etc. Deixem as pessoas serem da Raça que quiserem ser. É patético, mas ok, é uma escolha.

Si une personne dit ne pas être noire, et que d’autres veulent avoir l’air blanc, y-a-t-il une différence ? Oui, il y en a une. Pendant que l’un utilisera des mots, d’autres useront d’extensions capillaires, de crèmes, de lentilles de contact etc. Laissez ces personnes être de la race qu'elles souhaitent. Certes c’est pathétique, mais c’est un choix.

Dino Foi a, de son côté, tenté d’apaiser les esprits :

Ok, hoje eu vou liderar uma campanha:
– Yara da Silva eu te perdoou pela má aplicação das palavras.
Apenas ressalvando que capulana não é coisa de negros e, as roupas não definem uma raça.
Aos amigos: não vou aceitar comentários belicistas. Para Yara, que eu sempre gostei: esteja à vontade, eu retiro o que eu possa ter dito directa ou indirectamente a seu respeito e este assunto morre aqui. Paz, paz, paz

Ok, aujourd’hui je voudrais mener une campagne :
– Yara da Silva je te pardonne pour ces mots malheureux.
Néanmoins, hormis le fait que la capulana n'est pas réservée aux noirs, les vêtements ne définissent pas une race.
Mes amis : je n’accepterai pas de commentaires belliqueux. Pour Yara, que j’ai toujours aimée : je retire tout ce que j’ai pu dire directement ou indirectement à son encontre, et on en reste là. Paix, paix, paix

Qu’est-ce qu’un sarong ?

Sarongs. Photo: Dércio Tsandzana

La capulana (sarong) est un des vêtements les plus utilisés au Mozambique. Il s’agit d’un drap aux nombreuses fonctions. Traditionnellement, il est porté comme une jupe ou une robe, mais peut également couvrir le tronc ou la tête de la femme qui la porte. Les mères de famille s’en servent aussi pour transporter leurs bébés dans les bras ou dans le dos.

Le 7 juillet, la présentatrice a fait ses excuses dans son programme « Manhãs Alegres » :

Amigos, que tal relevarmos o Erro (de língua/abordagem e provavelmente cometido inocentemente) da nossa irmã Yara A. Da Silva , que pelo vídeo, mostra que ouviu e aprendeu das críticas. Que tal experimentarmos o gosto bom do perdão e arquivarmos de uma vez por todas este assunto? Yara, eu aceito o teu pedido de desculpas, mesmo porque nunca me incomodou esta situação, sinceramente falando. Abraço-te e te desejo sucessos contínuos.

Mes amis, comment considérer l’erreur (de langue/d’approche et probablement commise innocemment) de notre sœur Yara A. Da Silva, qui dans la vidéo, montre qu’elle a entendu et appris des critiques. Comment essayer de pardonner et d’enterrer une bonne fois pour toutes ce sujet ? Yara, j’accepte tes excuses, car cette situation ne m’a jamais dérangé, pour être honnête. Je t’embrasse et te souhaite beaucoup de succès à l’avenir.

Les remords de l’animatrice ont circulé en quelques minutes sur les réseaux sociaux :

La présentatrice mozambicaine Yara Da Silva s'est excusée en direct dans son émission « Manhãs Alegres » pour ses…


Anti-douleurs, haussements d'épaules et autres réactions de Chinois à l'arbitrage invalidant les prétentions maritimes de la Chine

Fri, 15 Jul 2016 17:58:42 +0000 - (source)
"China - not a single dash less" image distributed by China Daily in response to the South China Rule and "China - not a single pill less" by Badiucao.

A gauche : “Chine – pas un seul trait de moins.” Image distribuée par China Daily en réaction à la sentence sur la mer de Chine méridionale. A droite : “Chine – pas une gélule de moins” par Badiucao.

La Cour permanente d'arbitrage de La Haye vient d'infliger un revers diplomatique à la Chine en rejetant son usage de la “ligne en neuf traits” pour revendiquer sa souveraineté sur de vastes secteurs de la Mer de Chine méridionale.

Comme on s'y attendait, les médias gouvernementaux chinois se sont aussitôt élevés contre la sentence de la Cour, indiquant que Pékin ne reconnaîtrait ni n'accepterait la décision. Quant aux médias sociaux chinois, les internautes patriotes y ont posté une carte avec les neuf traits légendée “Pas un seul trait de moins” pour faire écho à la position officielle.

D'autres ont simplement demandé, l'arbitrage sur la Chine du Sud, qui s'en soucie ? La vidéo ci-dessous est l'une de celles qui a circulé parmi la diaspora des Chinois continentaux :

Les Philippines avaient porté le contentieux devant la juridiction internationale en janvier 2013. En cause, la prétention de la Chine aux droits maritimes exclusifs sur les îles Paracels (revendiquées par le Vietnam, la Chine et Taïwan), le banc de Scarborough (revendiqué par la Chine, Taïwan et les Philippines), ainsi que les îles Spratleys (revendiquées par la Chine, le Vietnam, Taïwan, la Malaisie, les Philippines et Brunei). La Chine justifie ses actions par ce qu'elle appelle la ligne en neuf traits [encore appelée “langue de boeuf”], qui étendrait sa zone maritime jusqu'à 50 milles nautiques au large des îles philippines de Luzon et Palawan, une zone où les Philippines disposent des droits maritimes exclusifs aux termes de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS) .

La cour a jugé que les terres disputées sont soit des rochers ou des reliefs n'émergeant qu'à marée basse, comme des récifs, impropres à soutenir la vie humaine ; n'ayant pas la qualité d'îles, elles ne peuvent donner à leur propriétaire de droits étendus sur les eaux environnentes.

La sentence affirme également que Ies obstacles mis par la Chine à la pêche et à l'exploration pétrolière des Philippins, tout comme la mise en chantier d'îlots artificiels dans la limite des 200 milles nautiques au large de l'archipel philippin a violé les droits souverains des Philippines.

Le jugement a été ressenti comme un grave revers diplomatique pour Pékin. La conséquence est que les autres pays : Vietnam, Malaisie et Brunei, qui ont tous des intérêts en Mer de Chine méridionale, ont désormais une base juridique pour protester contre les activités économiques et militaires de la Chine dans cette mer disputée.

Les prétentions de souveraineté maritime de Pékin sont vieilles de 70 ans et antérieures à la guerre civile chinoise et à la création de la République populaire de Chine actuelle. En 1947, la République de Chine (ROC, l'actuelle Taïwan) a justifié par une ligne en onze traits sa revendication de quelques-unes des îles de la Mer méridionale, occupées pendant la deuxième guerre mondiale par les Japonais, et dévolues à la ROC après la fin des combats.

Deux ans plus tard, les communistes ont défait les forces du Kuomintang et créé la République populaire de Chine. Ils ont repris à leur compte les prétentions de leurs prédécesseurs puis changé les onze traits en neuf au début des années 1950 pour offrir le Golfe du Tonkin à leur voisin communiste du Nord-Vietnam.

‘Le monde entier regarde la Chine tomber dans le piège’

Sur internet, rares ont été les commentaires appelant à des manifestations de nationalisme extrême ou à des actions militaires. En réalité, la plupart des réactions s'efforçaient d'une manière ou d'une autre de sauver la face de la Chine dans ce désastre diplomatique :

谈判是和平解决争端的态度,只有美国、日本这些犯贱的小人才巴不得打起来,因此,咱们爱国是没错的。有的同胞一味地说要武力征服,是不够冷静的。今年,南方洪水、又碰到大台风,这南海局势,美国跟韩国又勾结坑害中国。大家更要冷静!中国一点都不能少!

Les Philippins ont manifesté devant l'ambassade de Chine, alors que l'ambassade philippine en Chine était sous la protection de la police chinoise. C'est la différence entre un Etat fort et un petit Etat. La Chine ne doit rien au monde, mais ce monde n'a jamais été gentil [avec la Chine].

La négociation est un moyen pacifique de résoudre un conflit. Seuls les hideux USA et Japon veulent voir la guerre. Nous avons donc raison d'être patriotes. Mais certaines personnes qui continuent à réclamer une conquête militaire manquent de calme. Cette année, nous avons des inondations et un typhon dans le Sud, les Etats-Unis ont monté un piège pour la Chine. Nous devons rester calmes. La Chine ne perdra pas un seul trait !

La tentative de sauver la face est plus visible sur de nombreuses vidéos titrées Arbitrage de Chine du Sud, qui s'en soucie ?, diffusées auprès des cercles de Chinois du continent vivant outre-mer, comme celle plus haut.

Dans la diaspora chinoise, beaucoup de commentaires ont pointé du doigt la maladresse diplomatique du Président chinois Xi Jinping. Sur Twitter, @tom2009cn a écrit :

[La Chine n'a pas] de quoi se sentir si humiliée au sujet de la Mer de Chine méridionale. Les installations sur les quelques îles ont déjà perturbé les Etats-Unis, mais Xi Jinping a tenu à brandir son sabre et amener le pays au bord de la guerre. A présent l'arbitrage a sanctionné comme illégal l'exercice par la Chine de ses droits en Mer de Chine méridionale. C'est un grave revers, une réédition de la crise des missiles de Cuba. Le monde entier regarde la Chine tomber dans le piège. Quelle sottise.

En février 2012, le position diplomatique chinoise relative à la Mer de Chine méridionale était que “aucun pays y compris la Chine ne revendique la souveraineté sur la totalité de la Mer de Chine méridionale”. Mais avec la multiplication des incidents avec des bateaux de pêche, Chine, Vietnam et Philippines ont tous affirmé détenir les droits sur la mer disputée.

En avril 2014, la Chine a commencé à transformer le récif Mischief [‘Malice’ en anglais], situé dans l'archipel des Spratleys, en île artificielle, et en août de la même année, un avion de chasse chinois a intercepté un aéronef de la marine américaine.

En février 2016, des images par satellite ont montré que la Chine fabriquait du sol sur les îles Tree et North des Paracels, et à nouveau la chasse chinoise interceptait un avion de surveillance américain en mai.

Les activités économiques et militaires ont déjà perturbé l'unité des pays membres del'ASEAN, l'Association des pays de l'Asie du Sud-Est. Maintenant que Pékin a perdu sa base juridique, le monde attend sa réaction à la crise. Sauver la face ne suffira pas à alléger la douleur ; le caricaturiste politique Badiucao préconise de plutôt prendre des antalgiques — neuf, pour être précis, et “pas une gélule de moins” :

Le dessin de Badiucao pour la Mer de Chine méridionale/La Haye Le moment de prendre des antalgiques


Le récit condescendant et bourré d'erreurs de son séjour en Zambie par une jeune Écossaise fait riposter des Africains

Thu, 14 Jul 2016 18:01:48 +0000 - (source)
The cover of the book In Congo’s Shadow.

La couverture du livre “Dans l'Ombre du Congo”.

Le hashtag #LintonLies [MensongesLinton] est tendance sur les réseaux sociaux depuis que le journal anglais The Telegraph a publié un extrait du livre écrit par l'actrice écossaise Louise Linton, qui réside aux États-Unis. L'ouvrage raconte le “cauchemar” de son année sabbatique en tant que bénévole en Zambie.

Des Zambiens, Africains et amis de l'Afrique critiquent en se moquant le livre pour ses erreurs factuelles, ses généralisations trompeuses et sa représentation faussée de la Zambie, une nation en paix dans le sud de l'Afrique, présenté comme un pays infesté par les rebelles.

Dans l'extrait, Linton dit être “venue en Afrique avec l'espoir de pouvoir aider quelques uns des plus pauvres du monde”, mais explique avoir été forcée de prendre refuge “au fin fond de la jungle zambienne” sous “la dense canopée” lorsque des rebelles armés de la République Démocratique du Congo ont razzié le village où elle habitait. “Comme la nuit interminable avançait, je m'efforçais de ne pas imaginer ce que les rebelles feraient à la ‘maigre muzungu blanche avec ses longs cheveux d'ange’ s'ils me trouvaient,” écrit-elle.

My innocent dreams of teaching the villagers English or educating them about the world now seemed ridiculously naïve […] I soon learned that Africa is rife with hidden danger. I witnessed random acts of violence, contracted malaria and had close encounters with lions, elephants, crocodiles and snakes. As monsoon season came and went, the Hutu-Tutsi conflict in neighbouring Congo began to escalate and then spill over into Zambia with repercussions all along the lake. Thousands of people were displaced and we heard brutal tales of rape and murder.

Mon rêve innocent d'enseigner l'anglais aux villageois ou de leur apprendre les choses du monde m'apparut soudain comme terriblement naïf. […] J'appris rapidement que l'Afrique regorge de dangers cachés. J'ai été témoin d'actes de violence insensés, attrapé la malaria et j'ai rencontré de près des lions, des éléphants, des crocodiles et des serpents. Avec l'arrivée et la fin de la mousson, le conflit entre les Hutus et les Tutsis au Congo voisin a pris de l'ampleur et s'est étendu jusqu'en Zambie, avec des répercussions sur toute la rive du lac. Des milliers de personnes ont été déplacées et on nous a rapporté des récits brutaux de viols et de meurtres.

Il n'y a jamais eu de conflit entre les Hutus et les Tutsis en République Démocratique du Congo. Ce conflit est survenu au Rwanda, qui n'est pas frontalier de la Zambie. Le pays n'a jamais traversé de guerre civile non plus. De plus, il n'y a ni mousson, ni jungle en Zambie.

Sa géographie est fausse, ses notions de politique africaine sont fausses. Que quelqu'un éduque cette imbécile.

En plus des inexactitudes factuelles, on critique aussi Linton de souffrir d'un “complexe du sauveur blanc” — l'idée condescendante et coloniale selon laquelle seuls les blancs peuvent “sauver” les Africains — et de s'en remettre à l'ancienne description d'une Afrique sombre et dangereuse.

Le #privilègeblanc, c'est pouvoir publier un livre reposant sur des expériences invérifiables.

“C'est le sud de l'Afrique, chérie, pas une forêt tropicale.”

Sur Twitter, les utilisateurs ont décortiqué l'ouvrage de Linton, certains avec humour. Masuka Mutenda a lancé :

La seule chose qui manque à la virée en pleine jungle de Louise Linton, c'est Tarzan volant à sa rescousse !

Elle fait aussi remarquer la description inexacte des paysages zambiens :

Ce dossier spécial m'a vraiment surprise. C'est le sud de l'Afrique, chérie, pas une forêt tropicale.

Nadia Rizk met en lumière des faits complètement erronés :

Le conflit entre Hutus et Tutsis au Congo ? La mousson en Zambie ? Des rebelles ? Tu ne débites que des conneries, Louise Linton.

Abel Chungu Musuka plaisante :

Il semblerait que Louise Linton croit au mythe selon lequel écrire quelque chose dans un livre le cacherait des Noirs. Tu vas voir ce que tu vas voir !

Le compte Twitter d'un documentaire kényan intitulé Hashtag Les Pauvres a partagé un clip rassemblant les pires facettes du volontourisme, lorsqu'un bénévole ne cherche qu'à se montrer sous un bon jour au lieu de contribuer au progrès dans la durée et de traiter les bénéficiaires de son aide avec respect :

Notre génération a l'occasion de changer cette “vision unique” dépassée de l'Afrique.

Et Lukama Bwite a posté la photo ci-dessous :

Je cherche le côté négatif de la Zambie.

“Je cherche toujours les araignées de 30 centimètres”

Dans son livre, Mme Linton raconte avoir développé un lien avec une petite fille du nom de Zimba, une “enfant aux dents écartées, atteinte du sida et dont la plus grande joie était de s'asseoir sur mes genoux en buvant une bouteille de Coca-Cola.” Lusé Fiasco la tourne en dérision en postant cette photo provenant du compte Instagram satirique Barbie Savior [Barbie sauveuse]. Le compte remet en question les visions populaires du bénévolat en Afrique :

Là, je prends soin de Zimba tout en échappant aux rebelles et aux bêtes sauvages dans la jungle zambienne, la plus sombre d'Afrique.

Xhaka Zulu réinterprète la présence d'une cascade avec la logique d'un “sauveur blanc” :

Les rebelles ont fait sauter la principale canalisation d'eau dans le nord de la Zambie. Les locaux pensent que c'est une cascade.

Pendant ce temps, Chishala Chitoshi demandaient à Mme Linton de prier pour lui :

Nous allons bientôt arriver dans ce village habité par 80 rebelles, priez pour nous.

Andrew Jackson quant à lui a eu l'idée d'un shampooing au nom de Louise Linton et “inspiré par la jungle zambienne” :

Il fallait que je donne ma touche personnelle aux #mensongesLinton

Cependant, un utilisateur de Twitter basé aux États-Unis, Heyoka, prend la défense de Linton :

À ceux qui s'attaquent à Louise Linton, vous l'accusez de mentir, mais les faits vont dans son sens. Qu'avez-vous fait, vous, pour les Africains ?

Millie G l'a alors mis au défi de donner ces faits :

Les faits vont dans son sens ? Quels faits ? Quand est-ce que la Zambie a été en guerre pour la dernière fois ? Depuis quand l'Afrique connaît-elle la mousson ? Allons donc

Moses a répondu au tweet de Heyoka par :

“Je cherche toujours les araignées de 30 centimètres.”

Aucune source ne mentionne des araignées de trente centimètres en Zambie, comme Mme Linton l'affirme.

“Prenons ceci comme un rappel : NOUS devons écrire nos propres histoires”

À la suite du scandale, Mme Linton s'est excusée sur Twitter : “Je suis sincèrement confuse et je m'excuse d'avoir offensé certaines personnes, ce n'était pas mon intention.” Un peu plus tard, elle a supprimé son compte. En réponse, Zarina Khan a posté :

Les rebelles sauvages de Zambie l'ont forcée à désactiver son compte.

William Chilufya a quant à lui adressé ce conseil à ses compatriotes :

Zambiens, apprenez à écrire sur notre pays vous-mêmes, ou alors Linton le fera pour vous ! 20/20 en lecture pour l'instant. Essayez d'écrire.

Adedana s'est exprimée dans le même sens :

À ceux qui s'offusquent des mensonges de Mme Linton, prenons ceci comme un rappel : NOUS devons écrire nos propres histoires. Écrivez un article en ligne, une nouvelle, etc. Créez.


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