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Négligence caractérisée d’Anne Lauvergeon et de l’Etat : que fait l’HADOPI ?

Wed, 16 May 2012 17:18:41 +0000 - (source)
Anne Lauvergeon

Anne Lauvergeon. © Reuters

Sous le règne de Nicolas Sarkozy, il y a eu espionnage industriel et espionnage industriel. Il y a eu celui qui était suivi de très près, au point qu’une entreprise pouvait envoyer une délégation à l’Elysée, exposer ses petits soucis d’espions chinois (toujours eux) et à la DCRI, rencontrer le sulfureux grand patron avant même qu’une procédure judiciaire soit ouverte. Et puis il y a ceux, ennemis du pouvoir, qui étaient laissés à la merci des pirates informatiques.

Les deux histoires sont relatées dans deux articles séparés, le premier dans Libération (daté du 11 mai) et le second, dans le Canard Enchaîné (daté du 2 mai 2011, p.4) et qu’il n’est pas inutile de rassembler. Une fois mis en regard, quelques questions méritent d’être posées…

Libération  décrit  une entreprise (Renault) complètement paranoïaque, liée au pouvoir en place tout en tentant de le manipuler de manière grossière.

On sait ainsi que le 6 janvier, soit trois jours après la mise à pied des trois cadres faussement accusés d’espionnage, une «délégation est reçue à l’Elysée». La secrétaire générale est présente, ainsi que Rémi Pagnie (le chef du service de sécurité interne) et Christian Husson. C’est Bernard Bajolet, chargé de coordonner les services de renseignement français, qui les reçoit. Quatre jours plus tard, la même délégation se rend à la DCRI pour rencontrer son patron, Bernard Squarcini. «La délégation s’est rendue à la DCRI sur conseil de l’Elysée, nous confie un ancien haut cadre de Renault. Aucune procédure judiciaire n’était ouverte. De là à parler de relations incestueuses entre le groupe et les pouvoirs publics…» «Nous exerçons une mission de sécurité et de protection des entreprises», s’est justifiée hier la DCRI.

Éric Besson, ministre sous influence

Le 5 janvier, écrit Laurence Dors dans ses agendas, la direction de Renault joint le cabinet d’Eric Besson, alors ministre de l’Industrie, «avec qui les éléments de langage pour l’intervention du ministre le lendemain sur RTL sont convenus». Un nouveau briefing est organisé vers minuit. Le lendemain, satisfaite, la secrétaire générale note : «Il tient le langage convenu.» Au micro de Jean-Michel Apathie, Besson déclarait : «Oui, malheureusement l’affaire paraît sérieuse. C’est un péril globalement pour l’industrie française. […] L’expression guerre économique parfois outrancière, là, est adaptée.» Soit exactement la vision de Renault à l’époque.

Le Canard Enchaîné, quant à lui a raconté l’histoire d’Anne Lauvergeon, ancienne patronne d’Areva, au plus mal avec le pouvoir en place à l’époque, qui mandate une entreprise de sécurité informatique parce qu’elle a des doutes sur la sécurité de son installation personnelle, ses petits secrets fuitant assez visiblement à l’extérieur de son domicile. Le rapport de l’entreprise en question est accablant. Et il pose quelques questions.

[…] Le 5 avril, les avocats d’Areva adressent une lettre à la maison Plon. Ils y menacent l’éditeur d’une instance en justice si, dans son futur livre, Anne Lauvergeon ne respecte pas les « engagements de confidentialité » pris, lors de son départ, entre le nouveau patron et elle.

Petit problème : la publication de ce livre n’a été officialisée que le 10 avril, et Plon avait tout fait pour garder le projet secret. Echaudée par le précédent suisse, Anne Lauvergeon avait demandé, dès le 31 mars, à une société de sécurité informatique d’ausculter les ordinateurs et le réseau installé à son domicile. Les constatations de Mextor – c’est le nom de cette boîte – sont nettes : Anne Lauvergeon n’avait pas pris de précautions suffisantes, c’est un euphémisme. Son réseau sans fil personnel était une vraie passoire. Mais, dès que la société Mextor a installé un serveur plus protégé, pas moins de 23 000 attaques ont été détectées entre le 4 et le 12 avril.

Conclusion des experts : « Après étude du réseau informatique du domicile de Mme Lau­vergeon (…), nous répondons qu’il y a bien eu une tentative de surveillance et d’espionnage d’envergure. » Menée par qui et à la demande de qui ? Ce sera désormais à la justice de l’établir.

[…]

Ce rapport de la société Mextor, laisse le lecteur pantois.

Il apparaît que Anne Lauvergeon a effectivement un réseau informatique personnel qui n’est rien d’autre qu’une monstrueuse passoire. Ouvert à tous les vents, d’une part et surtout, bien identifiable pour que les pirates ne se trompent pas et visent le bon. Quand on vous dit passoire, c’est passoire. L’admin de la box d’Anne Lauvergeon se faisait en utilisant le login « admin » et le mot de passe… « admin ». Logique, non ?

Ceci appelle quelques réflexions.

Anne Lauvergeon n’était plus, à l’époque visée par le rapport, présidente d’Areva.

Son réseau « maison » était-il aussi troué lorsqu’elle était présidente de l’entreprise française en charge du nucléaire ?

Et même démissionnée, est-il logique que l’Etat se désintéresse de la sécurité des informations qu’elle peut détenir ? Au point de ne pas superviser (un rôle qui reviendrait naturellement à la DCRI) son équipement ?

Qu’en est-il des réseaux domestiques des autres grands patrons français ?

Qu’en est-il des réseaux domestiques des  patrons d’entreprises publiques ?

Mme neuneu en informatique installe son WiFi

Bien entendu, à la lecture de l’article du Canard Enchaîné, il est aisé de s’interroger sur la nonchalance de l’Etat et de ses services. Mais Mme Lauvergeon a également fait preuve de négligence caractérisée.

A ce jour, l’HADOPI n’a pas réagi et n’a pas coupé son accès à Internet.

Pourtant, est-il acceptable qu’une personne détentrice de tels secrets industriels, puisse installer un réseau informatique en forme de passoire à trous géants à son domicile ? Comment venir se plaindre par la suite des méchants pirate-terroristes-pédophiles chinois qui mettent en péril les infrastructures essentielles du pays avec leur cyberguerre de haut vol ? Nul besoin de compétences particulières pour siphonner les données d’Anne Lauvergeon. La cyberguerre a bon dos.

Anne Lauvergeon  qui se pose en victime de Nicolas Sarkozy n’est pas la frêle brindille que le storytelling tente de faire accroire.

L’ancienne présidente d’Areva est une cliente de longue date d’Image7, la société d’Anne Méaux (tendance GUD, droite tape-dur) qui  veille à la bonne image de  la plupart des grands dirigeants du CAC 40. Son influence politique est aussi importante qu’inconnue du grand public. Anne Méaux veillait par ailleurs à la bonne image de la Tunisie de Ben Ali.

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Internet quasi neutre : l’ARCEP consulte… encore

Wed, 16 May 2012 15:53:37 +0000 - (source)

L’ARCEP, depuis Jean-Ludo… c’est plus c’que c’était ma bonne dame. Le gendarme de télécoms lance une nouvelle consultation sur le thème de la neutralité des réseaux. Un colloque, en avril 2010, avait déjà réuni opérateurs, industriels, fournisseurs de services en ligne et … moines copistes de DVD. C’était super amusant comme colloque. On avait d’un côté des gens qui savaient de quoi ils parlaient et n’étaient jamais d’accord entre eux, puis de l’autre des gens qui n’avaient aucune idée de quoi ça causait, mais, qui étrangement, étaient tous d’accord entre eux. Les cons ont toujours eu une grande faculté à être d’accord entre eux paraît-il.

À l’occasion de cet événement, il y a eu quelques moments d’anthologie, ce même avant la conclusion de Nathalie Kosciusko-Morizet, arrivée en retard et qui a donc conclu sans ne rien avoir vu du colloque, une prouesse remarquable et remarquée par nous. Le colloque Neutralité des réseaux de 2010, c’était avant tout des vidéos. Et dans ces vidéos, nous sommes tombés sur des perles.

On évoquera du côté des gens tous d’accord entre eux pour brider le Net :

Comme quoi, c’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule.

Du côté des gens moins d’accord entre eux, nous avions principalement les fournisseurs d’accès Internet qui demandaient du pognon aux fournisseurs de contenus, et les fournisseurs de contenus qui demandaient un pourcentage sur les abonnements aux fournisseurs d’accès à Internet. Au moins chez eux le discours était clair, ça ne causait que de pognon, c’était limpide, nous n’étions que des consommateurs de contenu -qu’il fallait payer- et qui transitent par des tuyaux que nous payons également.

Point commun entre les deux parties, les gens tous d’accord entre eux et les gens pas d’accord entre eux : les Internautes on s’en fout, du moment qu’ils payent et qu’ils payent plus cher. Pas un instant on évoquera par exemple la nécessité de fournir des débits montants plus conséquents pour que les internautes comprennent qu’ils ne sont pas devant une télévision munie d’une souris et que eux aussi peuvent fabriquer de la neutralité en s’appropriant leur propres contenus et leur diffusion au lieu de les abandonner à des sites… souvent américains.

Rares, très rares furent les interventions qui sont venues rappeler qu’Internet était un bien commun et que ce colloque n’était pas un Yalta du Net de l’intranet français. On citera celles de Benjamin Bayart, celle d’Alain Bazot, et enfin celle de Pierre Col.

Voilà le décor planté de cette première incursion publique de l’ARCEP dans le monde fou fou fou de la neutralité des réseaux. Le résultat a eu beau être pitoyable, à la limite du révoltant pour certaines interventions, il a eu le mérite d’exister et l’ARCEP, pour une fois, ne s’était pas bornée à demander aux FAI « Alors il marche bien ton Internet ?« , pour aussitôt publier la réponse éminemment objective des intéressés dans son rapport trimestriel, le tout agrémenté de petits dessins présentant des courbes qui montent, car quand ça monte, c’est bien connu, toutvabien®.

La conclusion du colloque, savamment restituée par Nathalie Kosciusko-Morizet, c’était que les réseaux étaient quasi neutres, donc quasi pas neutres, qu’elle n’en avait au fond quasi rien à foutre, et avait réussi à quasi énerver la rédaction de Reflets. Mais on savait aussi qu’elle était quasiment sur le départ donc nous n’avons pas « trop » tiré sur l’ambulance.

Aujourd’hui, on change de concept. L’ARCEP s’adresse cette fois aux internautes en publiant ce projet de rapport au Parlement et au Gouvernement sur la neutralité de l’internet. Nous avons donc l’occasion d’être acteurs et non plus spectateurs tortillant de l’arrière-train et s’étouffant devant les outrages au Net de quelques industriels.

Il conviendra donc de soutenir cette nouvelle initiative visant à proposer un document de référence éclairé au législateur, prenant cette fois en compte des problématiques autres que les bénéfices déjà très conséquents de certaines entreprises.

 

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Boris (Bruce) Boillon : la fureur qui craint

Wed, 16 May 2012 11:09:08 +0000 - (source)

Il y a, dans le financement libyen (potentiel) de 50 millions d’euros de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, un personnage central : Saleh Bachir, l’ancien directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi. Ce même Bachir a pu s’enfuir en Tunisie lorsque son patron s’est fait coincer par l’armée de libération nationale libyenne (et les troupes françaises). De là, celui que les libyens recherchent désormais pour escroquerie, a été aimablement accompagné à Tunis jusqu’à son avion par l’ambassadeur de France himself, le superbe et talentueux Boris Boillon.

 

Boris Boillon, Ce jeune homme de confiance de Sarkozy, que l’équipe de Reflets a rencontré en janvier dernier lors d’une réception à l’occasion du 4MTunis, aime se déguiser : une fois ce fut en James Bond, pour la couverture d’un magazine tuisien « branché », et lors de la dite sauterie de janvier, en Bruce Lee.

Tout de noir vêtu, avec son petit col Mao, notre Boris avait fière allure. Aujourd’hui, cela va être un peu plus coton de jouer au karatéka qui montre ses petits muscles bronzés, parce que Boris a eu tendance à fonctionner en France (avant d’être nommé par Sauron ambassadeur de France en Tunisie), comme s’il était dans une république bananière. Et ça, au pays des 450 fromages, quand le pouvoir change de camp, on n’aime pas des masses…

Quand Boris appuyait fort…

Puisqu’aujourd’hui Saleh Bachir est introuvable (il y a même une officine européenne appelée Interpol qui le cherche un peu), pourquoi donc venir parler de sa femme ? Et bien parce qu’en 2008, l’épouse de Bachir, (alors que Sarkozy a peut-être été élu avec un financement de 50 millions d’euros de Kadhafi, potentiellement hein, on ne sait pas, c’est peut-être rien que des vilains mensonges de journalistes, des jaloux), Madame Bachir demande à être naturalisée française. Chacun sait que la politique du gouvernement [Sarkozy] Fillon à l’égard des étrangers est dure : la baisse des naturalisations deviendra même un argument de campagne en 2012, que Claude Guéant utilisera en se vantant d’avoir fait baisser celles-ci de 30% entre 2010 et 2011.

C’est Mediapart qui nous indique que Kafa Kachour (épouse Bashir), de nationalité libanaise et heureuse propriétaire d’une luxueuse villa dans l’Ain depuis 2001, est venue demander sa naturalisation à la sous-préfecture de Gex en juin 2008. Après qu’un certain Boris Boillon, conseiller du Président de la République pour la zone Afrique, Proche et Moyen-Orient eut passé un petit coup de fil à la fonctionnaire chargée de ces procédures en lui stipulant d’observer « une attention toute particulière à cette personne ».

La dite fonctionnaire tique un peu. Les fonctionnaires français sont parfois tatillons : rien ne permet dans le dossier de Kafa Kachour d’effectuer une naturalisation dans les règles. Son mari, ses enfants ne résident pas en France, elle n’a pas de travail déclaré… Boris rappelle, il a l’air agacé. La fonctionnaire en réfère au sous-préfet par mail (document ci-dessous) et finit par dire à Boris Bruce Boillon qu’il devrait passer directement par le dit sous-préfet.

 

Et là, le Boris, il sort le grand jeu : note avec entête de l’Elysée adressée à Olivier Laurens-Bernard, sous-préfet de l’Ain.

Note qui nous donne quelques savoureux détails de la proximité entre l’Elysée (et ses Boys, plus particulièrement Boris le conseiller pour l’Afrique) avec Kadhafi :

« J’appelle votre attention sur le dossier de naturalisation de Mme Kafa Bachir, née Kachour, ressortissante libanaise. Mme Bachir est l’épouse du Directeur de Cabinet du colonel Qadhafi avec lequel nous entretenons de solides relations de travail. En raison de l’importance du partenariat stratégique entre la France et la Libye, je vous serais reconnaissant de bien vouloir étudier avec bienveillance le dossier de Mme Bachir et de m’en tenir personnellement informé. »

La fonctionnaire n’est quand même pas contente, ça ne colle pas ce dossier, elle le fait savoir :

 Le conjoint n’est pas autorisé en France

Ressources depuis la Suisse

Pas assujettie à l’impôt sur le revenu

Elle n’a qu’un titre de séjour de visiteur

Boris : l’efficacité avant tout

Le préfet, un peu dans ses petits souliers, décide que ce sera l’Elysée qui devra se débrouiller avec ce dossier et trancher :

 Aucun problème : l’Elysée s’empresse de récupérer le dossier et naturalise en mode express la femme du conseiller de Kadhafi. Moins de 3 mois entre le début et la fin de la procédure. Un record, surtout pour quelqu’un qui ne réunit aucuns critères pour y parvenir. En général, c’est 20 mois… Bravo Boris !

 

Mais notre Boris ne s’est pas arrêté là. Les forces de Police découvrent dans la villa de Madame Bachir, en avril 2009, des employés tanzaniens dans un état de santé déplorable, traités comme des esclaves. Que fait alors Boris Bruce Lee Baillon ? Il appelle les pandores, pour leur dire de ne « pas trop gratter », selon les informations qu’a Mediapart. Ben oui, quoi, Boris, laisser les flics embêter des amis qui ont des esclaves dans leur grande villa, c’est pas une bonne chose. T’as bien raison, et puis les flics vont trembler de peur après ton appel.

Alors, ils auraient pu se laisser impressionner par l’actuel ambassadeur de France en Tunisie, les flics de Bourg-en-Bresse. Mais non, ils ont même pas au peur de Boris Bruce Lee : Kafa Kachour Bachir a été condamnée à deux ans de prison avec sursis et 70 000 euros d’amende pour « esclavage domestique au détriment de quatre employés de maison tanzaniens » en avril 2012.

Allez Boris, c’est pas grave, en 2017 tu pourras appuyer de nouveau, enfin si tes mentors arrivent à revenir aux manettes. Entre temps, ça risque de devenir duraille…

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La tradition de la république, c’est cool…

Wed, 16 May 2012 07:57:16 +0000 - (source)

(Bien obligés d’en parler, même si on on préférerait passer à autre chose, mais bon, qu’est-ce que vous voulez, il est des hommes politiques qui même écartés du pouvoir continuent à nous e*******.)

Est-ce que vous avez envie de payer des bureaux de luxe de 323 mètres carrés dans le 8ème arrondissement de Paris, répartis sur 11 pièces à Nicolas Sarkozy, pour qu’il puisse s’en mettre plein les fouilles comme avocat d’affaires ? Non ?

Et bien vous allez payer quand même ce petit cadeau de tradition républicaine, accompagné de 7 collaborateurs à plein temps,deux chauffeurs (c’est mieux qu’un), des gardes du corps (deux ou trois ?), et bien entendu les déplacements gratuits en première classe dans tous les trains et avions nationaux.

Pour le montant du loyer des bureaux, vous allez donc débourser 180 000 euros par an pour que sa majesté déchue puisse tranquillement faire son buisness dans le luxe.

Oui, parce que tout ça est aux frais de l’Etat. C’est à dire à nos frais, puisque, répétons-le, l’Etat c’est nous, et que ce pognon c’est nos impôts directs ou indirects…

Le pire, c’est que la parano du petit continue de s’exercer  : des employés traversant le hall des futurs bureaux de luxe du spécialiste du karcher ont déjà été contrôlés par la police, puisque dans l’immeuble, d’autres travaillent aussi. Mais à l’inverse de l’ex locataire de l’Elysée, ils payent leur loyer par eux-mêmes…

 

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Piratage de DVD aux USA : papi fait de la résistance

Tue, 15 May 2012 09:11:20 +0000 - (source)

Cette histoire est symptomatique et cruelle pour l’industrie du divertissement, ceux que l’on appelle les « ayant droits » par chez nous. Imaginez qu’un papi de 92 balais, Hyman Strachman, vient de se faire prendre la main dans le sac par les services de répression des fraudes américains : ce super patriote copie les DVD des grand films hollywoodiens depuis 8 ans et les envoie par la poste aux Boy’s coincés en Afghanistan ou en Irak. Mais pas un ou deux par ci par là, non, nous parlons, dans son cas, de 300 000 copies…

Le vieux bonhomme a investi dans un rack de sept graveurs, et passe au bas mot, selon l’article du Monde.fr, 60 heures par semaine à cette activité. Une fois ses copies hebdomadaires terminées, direction la poste du coin où il expédie par colis ses piratages, gracieusement distribués aux soldats sur place par les aumôniers de l’armée.

Pas de buisness dans cette histoire, juste un vieil homme qui compatit au sort des jeunes militaires loin de chez eux et leur envoie de quoi s’occuper. Alors ? Que fait Hollywood, que fait l’administration qui sans cesse rappelle que copier-c’est-voler ? Rien. Très embarrassés, il sont. Très, très. Parce que voyez-vous, quand c’est une personne d’un certain âge, qui plus est, « pirate » par patriotisme, qui veut aider les GI’s de l’Oncle Sam, et que c’est quand même pour la « bonne cause »…ben là, y’a plus personne pour aller passer les menottes au pirate.

Ce qui signifie bien une chose : la copie pour partage d’œuvres audio-visuelles, musicales n’est ni du vol, ni répréhensible. Elle est simplement une activité qui fait sens, qui relie les humains entre eux. L’échange non marchand de la « culture » est indispensable, crucial, central, indispensable. Parce qu’il nous permet de rester humains, c’est-à-dire d’être autre chose que de simples prédateurs avides, uniquement préoccupés par la protection de leurs intérêts et leurs profits personnels.

Espérons que cette histoire fera réfléchir ceux qui veulent interdire la circulation de la culture autrement que par les canaux commerciaux et industriels.

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Musique : un Hongrois chez les Gaulois

Sun, 13 May 2012 15:26:58 +0000 - (source)

Pas pu m’empêcher, c’est trop bon, j’adore… En plus, ça peut permettre de fêter son départ, qui quand même, soulage méchamment. Le conseil du jour : mettez-moi ça à fond, c’est du super reggae, et ça dit beaucoup de choses…


Sarkozy hongrois chez les Gaulois by Sarkophage

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En Espagne, le changement risque de provenir des gens…

Sun, 13 May 2012 12:41:24 +0000 - (source)

(et pas d’un politicien aux allures débonnaires qui promet de faire à la place de tout le monde…)

Cette vidéo date d’hier soir, le 12 mai 2012. Le changement viendra peut-être d’Espagne, le pays du chorizo, plutôt que du pays de Flamby, là où « moi président » demande au « peuple » de rester bien calme puisqu’il va « tout faire bien » pour que « tout aille pour le mieux dans le meilleur des mondes ». En tout cas, on aimerait voir ça chez nous, isn’t it ?


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Crise bancaire espagnole : c’est par où la sortie ?

Thu, 10 May 2012 10:15:23 +0000 - (source)

(Vous avez dû remarquer qu’il y a un léger problème financier et par conséquence bancaire en Europe. Parce que ce ne sont pas les dettes publiques des États qui sont le problème aujourd’hui. Les dettes ne sont que la conséquence d’une crise bancaire. Il suffit de prendre le cas de l’Espagne aujourd’hui qui est au bord d’un écroulement de son système financier pour bien le comprendre. Et là, nous ne sommes pas face au problème grec et ses 2% de PIB dans la zone euros. Non, là nous parlons d’un pays qui pèse 13% du PIB de la zone…)

Comment est survenue cette fameuse crise des dettes souveraines ? Vous vous en souvenez, ou bien faut-il d’un seul coup refaire l’histoire et répéter en cœur avec les chefs d’États européens que « nous dépensons trop », comme si, d’un coup d’un seul, les États de la zone euro s’étaient tous mis à jeter l’argent par les fenêtres ? Des gouvernements de droite pour la plupart, qui prétendent en permanence qu’ils sont « contre les dépenses publiques ». Mais qui se contredisent en exprimant, comme ça a été le cas au pays des TGV, que « la dette est causée par la crise, mais que les dépenses de l’État sont trop importantes, et qu’il faut les baisser ». Il faudrait savoir : soit c’est la crise, soit c’est la gestion des dépenses publiques. Ou les… deux ? Trop de cadeaux fiscaux cumulés à des effets « de crise » ? Ou une crise financière et bancaire soigneusement camouflée ?

Qu’est-ce que la « crise » en fin de compte ? Est-elle la même pour tous, avec les mêmes causes, les mêmes effets ? Pourquoi le chômage est-il monté à plus de 24 % en Espagne et « plafonne » à 10 % en France ? Parce que super Nicolas a fait un « job formidable » ? Et en Irlande ? Au Portugal ? En Italie ? En Grèce ? Et puis cette dépense, pourquoi a-t-elle autant explosé ? En investissant dans les services publics ? En injectant de l’argent frais dans la relance économique ? Non. C’est dingue quand même : on « dépense » de plus en plus (on creuse la dette quoi), et derrière on a de moins en moins de dépenses d’État puisque celui-ci pratique une politique d’austérité. Incroyable. À se demander comment ça marche. On peut regarder l’Espagne pour se faire une idée de ce qui pose un super-méga problème aujourd’hui. Le système bancaire. Oui, oui. Parce que si vous n’êtes pas amnésiques, vous devez vous rappeler que le début de la crise c’est en 2007, aux USA, avec les emprunts immobiliers toxiques, les subprimes, puis ça arrive en Europe, en 2008. Ça s’appelle une contamination de produits financiers toxiques. Suivie de spéculations massives à l’aide d’outils de trading haute fréquence bien enrobées dans des produits financiers garantis types CDO et CDS. La vache. Y’a donc une couille dans le potage comme dirait l’autre. Et vous allez voir, la couille, elle pèse un peu lourd du côté des mangeurs de chorizo. Ça fait cher la couille ibérique… Mais le pire, c’est que ce n’est pas le cas seulement chez eux.

L’économie espagnole est un mirage

Le problème ibère est le suivant, en résumé : l’Espagne entre dans la CEE qui devient l’Union au moment de la signature de l’acte unique, en 1986, et c’est un pays très peu développé. L’Espagne en 86, c’est un pays qui sort de 40 ans de franquisme, une très jeune et fragile démocratie, avec un niveau de vie très bas, des infrastructures faibles. En forçant le trait, c’est la France des années 50, l’Espagne, en 86, pas beaucoup plus. Alors, comment nos cousins de l’autre côté des Pyrénées parviennent à nous rattraper à l’aube du XXIe siècle et participent au « miracle économique européen de la première moitié de la première décennie dudit siècle ? Sur une grosse farce. Une fabrication totale et complète. En premier lieu, l’Espagne va bénéficier d’aides européennes colossales pour rattraper son retard. Puis ensuite jouer sur le crédit bancaire et l’immobilier.

Tout est immobilier en Espagne depuis 15 ans. On prête à toute berzingue, à tout le monde, on construit de partout, le pays est recouvert de lotissements, immeubles, villas. Une économie du bâtiment. Un grand bazar immobilier qui repose entièrement sur le prêt bancaire. Les Espagnols sont propriétaires, ils louent, ils investissent, ils claquent aussi. Mais sans créer beaucoup d’économie pérenne ou d’exportations, sans véritable industrie ou innovation. L’économie espagnole, de façon caricaturale, c’est des serres géantes de tomates hors-sol emballées dans du plastique qu’on envoie dans les carrefours français, un peu de service et de la construction immobilière en masse.

Banques espagnoles : y’a plus d’thunes, on fait quoi ?

Le fond du problème actuel est le suivant : l’Espagne découvre qu’elle vit à crédit mais avec une immense bulle immobilière qui a éclaté, avec un niveau de vie, d’emprunts qui ne correspondent pas à sa capacité réelle économique et qui fait que ses banques sont à sec. Oui, à sec. Aidées par un État de plus en plus endetté puisque attaqué par la spéculation sur ses obligations. Le gouvernement Rajoy doit donc trouver une solution demain pour refinancer les grandes banques du pays.

Mais pas qu’un peu, puisque s’il parle de 2 ou 3 milliards d’euros, on discute en réalité, du côté des financiers, de 100 nouveaux milliards d’euros, alors que 110 milliards ont déjà été consacrés à les « sauver », ces fameuses banques. Sachant que plus personne à l’étranger ne veut prêter aux banques espagnoles avec la seule BCE désormais pour jouer le jeu…

Alors la dette publique de l’Espagne est vaguement ennuyeuse, mais elle n’est qu’une conséquence de l’éclatement de la bulle immobilière, de la spéculation sur les obligations d’État. 68,5 % de dette publique fin 2011 en Espagne, 79,8 % prévu en 2012, mais 85,8 % en France pour 2011… La France ne serait pas aussi mal que l’Espagne et pourtant elle est bien plus endettée… cherchez l’erreur…

Voyez comment une bulle immobilière qui éclate peut créer de gros problèmes sur des comptes publics très bons auparavant :

La dette publique espagnole, en proportion du PIB, est en hausse continue depuis le premier trimestre 2008, où elle atteignait 35,8 %, après plus d’une décennie de baisse, alors que le pays était en forte croissance avec des comptes publics excédentaires. (source : l’expansion.fr)

Et aujourd’hui, de nombreux analystes financiers pensent que la chute de l’eurozone n’est pas du côté de la Grèce mais du côté de l’Espagne. Il y a un facteur qui peut inciter à les croire, et il n’est pas des moindres : les trois plus grandes banques espagnoles possèdent un montant d’actifs représentant… deux fois le PIB du pays. Et comme il est discuté aujourd’hui de nationaliser partiellement Bankia, que les actifs pourris issus de l’éclatement de la bulle sont estimés à plus de 120 milliards d’euros… Mais rassurez-vous, amis espagnols, ici, au pays des vaches qui regardent passer les TGV, on a aussi des banques dans une forme toute relative.

Un coup de boule de cristal…

On voit mal comment les économies assises sur des « fabrications de l’Union » vont pouvoir tenir. L’euro est une monnaie voulue par la France et l’Allemagne et totalement adossée à leurs économies. Économies basées sur l’industrie, au départ. Les autres ne peuvent plus suivre, surtout quand les systèmes financiers s’en mêlent avec l’intention de s’en mettre plein les poches. Parce qu’il ne faut pas se leurrer : les traders jouent sur la chute de l’euro, l’écroulement de l’Europe. Sachant que la contamination se généralise. L’Espagne ne va pas tenir longtemps, comme la Grèce, le Portugal. Mais si l’Espagne tombe, quatrième économie de la zone euro en termes de PIB, c’est la fin de la monnaie unique pour une très grande partie de ses membres. Resteront la France et l’Allemagne qui vont avoir du mal à quitter le navire. Encore qu’en Allemagne, le gouvernement Merkel a déjà parlé d’une possible sortie de l’euro si les choses empiraient. Mais créer une zone économique avec une monnaie commune en impliquant 17 pays dont 14 qui sont des nains industriels (seuls l’Allemagne, la France et l’Italie avaient des économies industrielles fortes), était-ce bien raisonnable ? On commence à se le demander un peu partout aujourd’hui…

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La Grèce, l’argument le plus foireux de la campagne

Wed, 09 May 2012 20:35:34 +0000 - (source)

La droite l’a répété ad nauseam : avec François Hollande aux commandes, la France sera dans le même état que la Grèce d’ici peu. Prenons date avec cet article…

Il faut être, soit stupide, soit de très mauvaise foi pour avancer un tel argument (sans oublier le peu de respect pour nos amis Grecs lorsque l’on lance « François Hollande au volant, Grèce au tournant »).

Car avec François Hollande ou avec Nicolas Sarkozy, la France fonce tête baissée vers la situation des périphériques. Ce n’est qu’une question de temps.

Parlons « bilan » deux minutes. L’Europe a cramé quelque 380 milliards d’euros pour « sauver » la Grèce (et surtout l’euro). Tout ça pour quoi ? Pour pas grand chose. A part un retour à la case départ.

La Grèce doit se plier aux exigences de l’Europe et ce n’est pas le cas ces jours-ci. Du coup, le versement des prochaines tranches d’aide pourrait ne pas être effectué. Et dans ce cas, les remboursements prévus ne devraient pas plus être réalisés par Athènes. Si la situation ne se débloque pas rapidement, la Grèce fera défaut assez rapidement. Juillet peut-être… Avec à la clef une très probable sortie de la zone et un retour à son ancienne monnaie. Tout ce que l’on voulait éviter à coup d’aides massives. Chaque jour, le nombre d’économistes « sérieux » (les mêmes généralement qui n’y croyaient pas un instant il y a un an) prédisant une sortie de l’euro pour la Grèce d’ici moins de douze mois, augmente… Il y a aussi quelques informations qui fuitent et qui ont tendance à démontrer que les dirigeants politiques ont construit la zone euro en dépit du bon sens et en toute conscience.

Bien entendu un tel événement risque bien d’avoir des conséquences amusantes sur les pays comme le Portugal, l’Espagne, l’Italie ou la France. Or aucun mécanisme d’aide (FMI, Europe, etc.) n’a les moyens de « sauver » ces pays. Ni même de les aider dans des proportions nécessaires pour éviter la catastrophe qui vient.

Le bilan du président volontariste qui a sauvé l’Europe au moins 4 fois est donc globalement négatif. Beaucoup d’argent cramé pour rien, ce que nous avions toujours dit (comme des gens bien plus sérieux). Faute d’écouter d’autres voix, les dirigeants européens se sont entêtés sur un chemin qui ne pouvait que ralentir un tout petit peu le désastre.

Venir dire que François Hollande va mener la France sur la voie de la Grèce, c’est idiot. Elle y est déjà engagée par les choix de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Et c’est de mauvaise foi.

Ce que confirme cette déclaration de Nicolas Sarkozy au lendemain de sa défaite rapportée par le Canard Enchaîné daté du 9 mai 2012 (p. 2) :

« Perdre, c’est toujours très difficile, mais se dire qu’on les laisse (les socialistes) gérer ce merdier a quelque chose de délicieux. »

Les citoyens qui feront durement les frais du « merdier » laissé par le locataire de l’Elysée apprécieront.

 

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Rennes ~ L’Elaboratoire en danger ?

Mon, 07 May 2012 12:48:42 +0000 - (source)


Un petit mot sur l’Elaboratoire de Rennes et sur son avenir.

L’elabo est un joli lieu à Rennes : lieu de vie, d’exposition, de création artistique, c’est une chouette TAZ dans une friche industrielle. Une réoccupation.

On y trouve par exemple Breizh Entropy, le Hackerspace rennais, qui organise le WhatEver Apero 3 les 11 et 12 mai prochains.

Nous (enfin sur mon facebook) avons reçu ce communiqué de presse inquiétant quant à l’avenir de l’Elaboratoire, qui fête pourtant ses 15 ans cette année :

L’elaboratoire – communiqué de presse – mai 2012

Bien que soutenue par la Direction Générale Culture, l’association Elaboratoire, comptant près de 70 résidents et quelques centaines d’adhérents, vient parallèlement de se voir confirmer par la ville de Rennes qu’elle doit évacuer 70% de ses espaces de vie à partir du 30 juin 2012. tandis que Rennes métropole l’accompagne sur un projet d’implantation sur la commune de pont-péan, les étapes
préparatoires incontournables repoussent son éventuelle arrivée à 2013-14.

Le collectif Elaboratoire attend en toute légitimité que la ville l’accompagne jusque là. Or, ce n’est pas le cas, dans moins de 60 jours, travailleurs locaux, familles, individus solidaires, tous ces Elaborantins sont censés quitter leur village sans savoir où aller. L’association pourrait par la même occasion perdre la majorité de ses « personnes- ressources » dont les savoirs-faire permettent à
l’Elaboratoire d’exister tel qu’il est aujourd’hui.. Alors que le « CRIJ » Bretagne nous sollicite sur plusieurs évènements, « quartiers d’été »en juillet et « vivacités »en septembre, l’Elaboratoire se demande comment pouvoir répondre à la demande sans l’ensemble de son effectif.

La ville en cherchant à nous amputer de la sorte dévalorise la raison d’être de l’Elaboratoire et prouve son incompétence à offrir un droit de cité pour chacun. Nous accusons l’autorité locale de manquer à
ses engagements et de ne même pas respecter ses propres slogans qui prônent le soi-disant « vivre en intelligence et dans la différence ».

Nous venons de fêter les 15 ans de l’association et assumons le statut d’adolescent rebelle, prêt à tout pour se faire entendre.
Quelques soient les décisions prises, nous continuerons de défendre et protéger nos valeurs et nos vies, notre inscription dans la ville et son histoire. Comme nous l’avions déjà annoncé et à moins que la
ville reconsidère sa position, nous n’hésiterons pas à occuper illégalement de nouveaux sites alors que nous avons tout fait pour ne pas en arriver là.

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