En vrac de janvier 2026
Le coté sombre de l’IA
- AI Slop Report: The Global Rise of Low-Quality AI Videos. Les vidéos de mauvaise qualité en forte augmentation sur Youtube ;
- Le subterfuge de Nvidia pour avaler Groq (à ne pas confondre avec Grok.com, l’IA défaillante de Musk). C’est intéressant car Groq produit des puces destinées à l’inférence IA (la partie usage des LLM) qui promettent plus de rapidité et une moindre consommation électrique. Le mouvement vers l’optimisation de l’inférence est en marche !
- Justement, à propos de l’IA de Musk : ‘Grok, mets-la en bikini’ : une image sur deux générée par l’IA d’Elon Musk entre Noël et le Nouvel An affichait des personnes dénudées. Cela lui a valu un nouveau surnom par le Financial Times : “X, the deepfake porn site formerly known as Twitter” ;
- ‘Just an unbelievable amount of pollution’: how big a threat is AI to the climate? ;
- Putting AI data centres in space is an absurd idea – but also a very useful one explique Alistair Alexander. Il donne quelques données. Pour l’ISS, qui pèse 420 tonnes, on produit 150 kW d’énergie, avec 118 tonnes de panneaux solaires et de radiateurs pour évacuer la chaleur. Donc avec une règle de 3, on voit que pour avoir un datacenter d’1 GW, ça pèserait 660 000 tonnes de panneaux et de radiateurs. Soit le poids de 6 porte-avions (avec les 450 avions qui vont avec). Pour envoyer ça dans l’espace avec Starship (d’Elon Musk), il faudrait 337 millions de tonnes de CO2e, soit l’équivalent des émissions du Royaume Uni pendant un an. Pour un DC d’1 GW, sachant que d’ici 2030 (4 ans, donc), il est prévu d’en construire 50. Et ça, c’est juste sur l’énergie et les émissions de GES. Reste la problématique de la maintenance, des rayonnements etc. Mais comment les patrons de la Tech ont décidé d’ignorer ces problèmes ? Soit ils sont stupides (non), soit ils nous pipeautent. Je penche pour la 2e option…
- C’est très vieux (un peu plus d’un an), mais c’est intéressant : Implémenter l’IA en respectant la vie privée, impossible ? - Nicolas Hoffmann (avec les slides). J’ose espérer qu’en un an les choses se sont améliorées sur le support WebGPU des navigateurs.
- J’étais passé à coté : 5,000 Podcasts. 3,000 Episodes a Week. $1 Cost Per Episode — Behind an AI Start Up’s Plan. Comment une startup génère 3000 épisodes de podcast par semaine avec de l’IA. Coût d’un épisode : 1 $. Ce qu’il faut, c’est une idée de sujet à copier/coller dans un outil spécialisé genre NotebookLM de Google, et hop, le machin est généré et publié. Bien sûr, l’idée peut être générée par une IA. Les portraits des prétendus présentateurs sont aussi générés par IA… C’était quoi déjà, la phrase de Steve Bannon, l’âme damnée de Trump ? Ah oui : “Flood the zone with shit”.
- PwC’s 29th Global CEO Survey, Leading through uncertainty in the age of AI. La firme PwC a interrogé des milliers (près de 4500) de patrons sur leur rapport à l’IA. 56% disent qu’ils n’ont constaté ni croissance du CA ni des économies suite au déploiement de cette technologie. “About one-third of CEOs (30%) say their company has realised tangible results from AI adoption over the last 12 months through additional revenues. On the question of costs, 26% of CEOs say costs have decreased due to AI, while 22% report an increase. More than half (56%) say their company has seen neither higher revenues nor lower costs from AI, while only one in eight (12%) report both of these positive impacts.”
- Vidéo HubbloDay2025 - Faire parler les GPUs avec ses slides
- Le recours à des turbines à gaz pour faire tourner Colossus, le datacenter d’Elon Musk est illégal : Elon Musk’s xAI datacenter generating extra electricity illegally, regulator rules.
- Comment les datacenters font exploser la construction de centrales au gaz ‘naturel’ pour les alimenter en électricité. chez Wired aussi ;
- L’effondrement de la fiabilité de ChatGPT face à la contamination par Grokipedia ;
- Quelques ragots derrière le départ de Yann LeCun de Meta (attention, ça mène sur X/Twitter) ;
- Bulle ou pas ? IA : ce que cache la bulle. Une excellente vidéo. L’essentiel tient en 15 mn. Le reste aussi est intéressant, sur les aspects négatifs de l’IA (dont la surveillance des humains par la machine, les travailleurs du clic, la diffusion de fausses informations etc. que j’aborde aussi en partie dans ma présentation L’humanité a-t-elle les moyens de s’offrir l’IA ?). Alors, Bulle ou pas ? TL; DR : Oui de façon presque certaine, mais on ignore encore si ça va exploser ou juste se dégonfler. Est-ce que ça va toucher juste les US ou le monde entier ? Les US, c’est à peu près sûr. Pour le reste du monde, ça dépend si les banques sont touchées. À noter que comme l’économie US n’évite l’effondrement que grâce aux progrès des boites IA en bourse, il est possible qu’un effondrement de l’IA pousse le gouvernement Trump à passer en mode “Too big to fail” et le pousse à sauver les boites de l’IA, histoire d’avoir un bilan économique pas trop catastrophique au moment des élections à venir (Mid-Term puis présidentielle).
- La Fabrique à Idiots, une excellente vidéo de Micode sur les problèmes que pose l’IA à notre cerveau, en particulier pour l’apprentissage. J’avais un article sur le sujet en tête, je suis navré de m’être fait doubler…
- un monde d’infinie abondance (de contenus) et d’infini doute (sur l’authenticité de ces contenus), où comment l’IA est en train de tuer le Web ;
- AI companies will fail. We can salvage something from the wreckage par Cory Doctorow. C’est intéressant, mais un peu trop long à mon goût, surtout que c’est en anglais. Mais j’aime beaucoup le double concept de Centaure/Centaure Inversé. Pour rappel, un centaure est une créature avec une tête d’humain et un corps de cheval. La parole à Doctorow, avec une traduction de mon fait :
En théorie de l’automatisation, un “centaure” est une personne assistée par une machine. Le fait de conduire une voiture fait de vous un centaure, tout comme utiliser de l’autocomplétion (un logiciel qui finit vos phrases). Un centaure inversé est une tête de machine sur un corps humain, une personne qui sert d’appendice charnu à une machine qui le pilote. Par exemple, un chauffeur livreur Amazon, assis dans une camionnette bardée de caméras dopées à l’IA, est un centaure inversé. Ces machines suivent les mouvements de ses yeux, lui retirent des points s’il regarde dans une direction interdite, surveillent les mouvements de sa bouche car chanter au boulot lui est interdit et le dénoncent au chef s’il n’attend pas son quota de colis livrés. Le chauffeur est dans la camionnette parce que cette dernière ne peut pas se conduire seule et ne peut pas déposer le colis sur le pas de la porte. Le chauffeur est un périphérique de la camionnette, c’est elle qui pilote l’humain à une vitesse surhumaine, exigeant une endurance surhumaine. Bien sûr autant c’est sympa d’être un centaure, autant c’est horrible d’être un centaure inversé. Il y a plein d’outils IA qui nous font croire que nous sommes des centaures, mais mon avis est que ces outils sont créés et financés avec l’objectif de créer des centaures inversés, ce qu’aucun d’entre nous ne veut être.
IA et développement logiciel
- Claude Cowork a été développé en 10 jours (presque) entièrement par une IA. L’article, probablement rédigé par une IA (gasp !) est très intéressant.
- Un nouveau navigateur, créé à partir d’une page blanche, vient d’être publié sur Github : Fastrender. Sa particularité est d’avoir été créé à 100% par des agents IA dans le cadre d’une expérimentation menée par Anthropic. Soyons clair : le travail n’est pas du tout fini, mais c’est impressionnant de voir une équipe pilotant une IA arriver à faire quelque chose d’une telle ampleur. L’ami Simon Willison a interviewé le créateur de Fastrender : Wilson Lin on FastRender: a browser built by thousands of parallel agents ;
- Claude Code 2.1 : L’entreprise à l’ère du « faire faire » logiciel;
- Passionnant : comment le créateur de Claude Code (Boris Cherny, Anthropic), utilise sont produit pour coder - The creator of Claude Code just revealed his workflow, and developers are losing their minds. Pour lire le fil Twitter mais sans se connecter, le voici dans ThreadReaderApp ;
- Andrej Karpathy, ancien de Tesla et OpenAI sur comment il a changé son mode de développement en faveur du vibe coding(attention, c’est sur Twitter). Le même dans threadreader(pour éviter d’aller sur X.com). Quelques apprentissages :
- Il programme à 80 % en anglais en parlant à une IA (Claude Code) et 20% “pour de vrai” dans un IDE. C’est le plus gros changement dans ses habitudes en 20 ans d’expérience, il l’a fait en quelques semaines ;
- L’IA fait encore des bêtises, et s’il y a des bouts de code auxquels vous tenez, ne les quittez pas des yeux dans un IDE. L’IA est souvent beaucoup trop verbeuse, donne des résultats en 1000 lignes, mais si on lui demande de réduire, peut revenir avec une version en 100 lignes. Elle peut supprimer des trucs importants même si ça n’a rien à voir avec ce qu’elle fait. À l’inverse, elle peut laisser des gros morceaux de code inutilisés.
- La ténacité de l’IA est incroyable. Pas de fatigue, pas de perte de motivation, ça ne s’arrête jamais !
- Gain de rapidité et donc possibilité d’aller plus vite, plus loin
- Effet de levier. Ne dites pas à l’IA comment faire, donnez lui juste un critère de succès et lancez-le. Faites lui écrire des tests et demandez-lui de les passer.
- Sympa. La partie pénible s’efface, et la partie créative reste. Mais d’autres vivent les choses différemment et regrettent de ne plus coder.
- Atrophie. Il perd l’habitude d’écrire du code, mais continue sans problème à en relire.
- Slopacolypse (apocalypse de la bouillie IA). 2026 risque fort d’être une année horrible où du code généré par IA de mauvaise qualité envahit le monde… et risque de polluer les LLM.
- Sur le blog OCTO : L’IA introduit-elle une rupture dans les modèles d’affaires des ESN ?. En particulier, ce qui m’intéresse, c’est le 3.2 : reprise en main d’applications legacy. Je souris aussi en lisant Les vieux développeurs reviennent dans le “game”. La partie 5, Risques, est particulièrement bien fournie, par exemple 5.1 Laisser les juniors sur le bord du chemin,
- Mettre en production des agents IA : établir les bases de la confiance par mon collègue Nicolas Cavallo
- L’ami Pablo Pernot, concepteur de Ponos-Jobs, fait un bilan d’étape sur son développement d’un mini-clone de LinkedIn en solo avec une IA, et le rapport entre IA et Open-Source.
- Quand le code devient une commodité : La montée des sociétés AI natives par Hugo Lassiège, co-foundateur et ex-CTO de Malt. Intéressant de comparer ce qui faisait l’avantage concurrentiel des entreprises du numérique au fil du temps. Au début (années 2000), c’était l’infra et le code propriétaire. Dans les années 2010, avec le Cloud et l’open source, c’était les développeurs qui faisaient la différence. À partir de 2025, avec l’IA, il y voit 4 choses : “La donnée, l’effet réseau, la confiance, la capacité de distribution” ;
- The Enclosure feedback loop “or how LLMs sabotage existing programming practices by privatizing a public good”… “LLM companies are now selling back to us something that used to be available for free” ;
- L’IA, au delà d’écrire du code, peut aussi aider à écrire du texte, on le savait. Mais j’ai trouvé l’article de Michael Wagner particulièrement intéressant : A Year of AI-Assisted Writing, en ce sens qu’il a créé un processus pour que l’IA l’aide à rédiger. C’est finalement assez proche des liens ci-dessus, sur la création d’un processus pour arriver à ce que l’IA produise du contenu de qualité dont on puisse se satisfaire de manière certaine.
Ego
- Le prix de la RAM s’envole : une aubaine pour nos logiciels et applications ?, avec de vrais morceaux de votre serviteur dedans, à propos d’EROOM ;
- Publication d’Alan sur Masto : “Pour me reposer de la Servante Écarlate, mon deuxième #VendrediLecture est Vélorutopia de @nitot (disponible sur https://standblog.org/blog/pages/Velorutopia). C’est une petite nouvelle de style solarpunk sur une société après la fin du capitalisme. C’est léger, optimiste, plein d’humour et de clins d’œil. Cela fait du bien”
Mobilité
- Vélo en zone rurale : et si on transformait les petites routes en voies cyclables ? “En réaffectant à peine 1,8 % des petites routes, les communes rurales pourraient tisser un réseau cyclable « crédible », à moindres frais”.
- Super film : Les Villes Cyclistes - Le film, en allemand sous-titré en français. Le premier chapitres porte sur Paris. Par la suite l’auteur (qui roule sur un vélo en bambou pour son tour d’Europe) part de Fribourg, rejoint Gent via Paris, puis Utrecht, Amsterdam, Groningen, Hambourg et Copenhague.
- Google Maps now lets you access Gemini while walking and cycling. Et moi qui me demandait si le fait de pousser l’IA dans toutes les applis allait s’arrêter un jour. Ça n’est visiblement pas pour aujourd’hui ! Ça me rappelle cette plaisanterie : “Dans les années 1970 on s’est dit que l’amiante était un matériau génial, et donc il fallait en mettre partout…”
- Tesla tue les Model S et Model X pour fabriquer des robots et les chiffres comptables sont exécrables ! “Un bénéfice net qui plonge de 46 % (3,8 milliards de dollars). Une part de marché mondiale perdue au profit du géant chinois BYD. Une marge opérationnelle qui s’écroule à 4,9 %, loin, très loin des 23 % de la grande époque. Mais le plus fascinant reste caché dans les lignes du bilan. Plus de la moitié du profit (52 %) ne vient pas de la vente de voitures, mais des crédits carbone. Bref, Tesla survit grâce aux constructeurs traditionnels qui polluent trop.”
Politique
- OXFAM vient de FOCUS FRANCE - Résister au règne des plus riches (format PDF). Voir aussi Record de milliardaires dans le monde : “‘Une situation intolérable’, selon Cécile Duflot ;
- C’est tellement pipeau que c’en est beau : “Ne renonçons pas à réconcilier climat, biodiversité, croissance et indépendance.” explique Emmanuel Macron dans ses Vœux aux Français pour 2026. Mais pourquoi pas “ne renonçons pas à réconcilier régime basses calories et tartiflette XXL avec sa choucroute flambée”, pendant qu’on y est ?
- Conférence de Doctorow à la Chaos Computer Conference à Hambourg vidéo, transcription ;
- C’est vieux (juillet 2025) mais c’est d’actualité avec les nouvelles menaces de Trump (comme l’indiquait déjà en août dernier cet article de BonPote.com) : Getting off US tech: a guide. Il pointe en particulier vers european-alternatives.eu, pour les européens ;
- Comment le milliardaire Stérin soutient l’obstruction climatique en France, avec une superbe infographie ;
- Les américains qui ont acheté des caméras Amazon Ring s’en mordent les doigts : ces sonnettes ‘intelligentes’ sont maintenant utilisables par ICE, la redoutable police de Trump qui enferme les gens après les avoir pourchassé dans les rues, les hopitaux et les églises. Fury as Amazon Ring Cameras Are Hooked Up to ICE System. Comme le dit le sous-titre : “Your Ring camera is an ICE agent”. Quand je pense que je publiais Surveillance:// il y a 10 ans, exactement sur ce point : la collecte de données personnelle (qui a largement explosé en une décennie) n’est pas forcément un problème tant que la loi et/ou le gouvernement n’a pas changé. Et alors, d’un coup, ce qui n’était pas un problème en devient un majeur ;
- Interdiction des réseaux sociaux aux mineurs : une philosophie de la technologie, où l’autrice, Alice de Rochechouart, saisit une une belle occasion de parler de Gilbert Simondon, philosophe des techniques. J’aime comment sa pensée évoque la technologie émancipatrice ;
- L’ICE ou l’arsenal technologique en action
Autonomie stratégique (autrefois souveraineté numérique)
- Comment Trump peut mettre la France à genoux en 24h en coupant certains srevices des GAFAM. Cela semblait délirant l’année dernière, mais depuis, cela semble chaque jour un peu plus proche de se réaliser.
- Funding Open Source like public infrastructure. Si le logiciel libre est bien un allié pour devenir stratégiquement autonome (aka “souverain” comme on disait avant), il faut financer son développement et sa maintenance. Le fait est qu’en France, on ne sais pas (encore) faire. Et pourtant, le papier démontre qu’il le faudrait.
- Souveraineté numérique : LaSuite (DINUM) peut-elle remplacer les suites collaboratives dominantes ? ;
- L’affaire Nicolas Guillou, ou quand Washington bascule votre vie en mode 404. L’ADN revient sur ce juge de la Cour Pénale Internationale qui, pour avoir émis des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien et son ministre de la Défense, voit ses comptes Airbnb, Amazon et PayPal fermés et ses cartes Visa et Mastercard désactivées ;
- Souveraineté numérique : l’État généralise « Visio », sa solution de visioconférence sécurisée et souveraine à destination des agents publics. “l’arrêt des licences logicielles payantes génère une véritable économie. Celle-ci est estimée à 1 million d’euros par an, pour chaque tranche de 100 000 nouveaux utilisateurs quittant des solutions sous licence.” ;
- Juge Guillou, Cour Pénale Internationale partage en 12 mn son témoignage : comment il a été “enfermé dehors” de sa vie numérique et bancaire à cause de l’administration Trump. Un exemple extraordinaire par quelqu’un qui vit dans sa chair ce que l’autonomie stratégique (autrefois “souveraineté numérique”) implique.
- Lancement de l’Indice de Résilience Numérique (IRN), dont mon employeur fait partie, et c’est une bonne nouvelle !
- Sur BonPote.com, un format qui sort de l’ordinaire : GAFAM : 24h dans la peau d’un addict. Mais qui est donc la personne dont il est question ici : “je me fais doubler par Tristan qui vient en vélo au travail. Il va encore se moquer de moi parce que je mets 20 min à trouver une place de parking” ?
Écologie
- Tant que l’écologie ne sera pas une urgence, il sera difficile de renoncer à nos modes de vie, écrivait en avril dernier le chercheur et enseignant Fabrice Raffin. Le problème, c’est que quand ça sera une urgence vécue comme telle par tout, ça sera trop tard. J’ai l’impression de lire “tant que le Titanic n’aura pas heurté l’iceberg, il sera difficile de changer de direction” alors que mes semblables sont au bar du même navire en train de s’enquiller des cocktails. Et là, la petite voix d’outre-tombe de Desproges me suggère “Vivons heureux en attendant la mort” ;
- En quoi les communs peuvent-ils répondre aux enjeux de la transition écologique ? ;
Complètement en vrac
- Deux textes : La théorie de la fiction-panier (en français et son original anglais) The Carrier Bag Theory of Fiction par Ursula K. Le Guin (1986), dont j’avais entendu parler au boulot. Dans ce très court essai, Ursula Le Guin évoque le fait que la fiction se tisse autour du héros, très souvent mâle, puissant, conquérant, bagarreur, courageux, armé, qui risque sa vie pour tuer de quoi se nourrir, cette approche ne laisse que très peu de place à la femme. Et pourtant, la femme, équipée d’un simple panier, avait un rôle tout aussi noble et bien plus inclusif, mais passé sous silence, parce que pas propice à l’héroïsme et donc aux histoires. À lire.
- Les hommes plus likés et commentés que les femmes ? Ce que LinkedIn dit des biais de genre ;
- Je pose ça là : Définitivement condamné pour «corruption de mineur», Jean-Marc Morandini va rester en poste à CNews. On rappellera que “le journaliste a été condamné, en appel, à deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende pour corruption de mineurs. Une peine assortie d’une inscription aux fichiers des auteurs d’infractions sexuelles et d’une interdiction d’exercer une profession en contact avec des mineurs” au point qu’en présence de Jean-Marc Morandini à l’antenne, Europe 1 est obligé d’isoler ses stagiaires de seconde. Pour ceux qui sont un peu lents à la détente, on rappellera aussi qu’Europe 1 et CNews sont des médias dont Bolloré est propriétaire ;
- Praud et Morandini : sur CNews, une semaine absolument normale. “Des propos racistes le mardi par l’un, une condamnation définitive envers l’autre le mercredi, un maintien dudit condamné à l’antenne le jeudi : rien à signaler sur la chaîne d’info d’extrême droite de Vincent Bolloré.”
- Un média sans IA générative, le manifeste de BonPote.com, sous licence CC-BY (bonne idée !) ;
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L’arnaque au faux livreur connaît désormais votre nom et votre adresse suite à une cyberattaque contre colisprive.fr
- Oui, Microsoft donne les clés BitLocker aux forces de l’ordre. Non, ce n’est pas nouveau ;
EROOM
- L’excellent Daniel Stendberg, ancien collègue de Mozilla est surtout connu pour être le créateur de cURL, logiciel libre intégré dans de nombreux produits. Daniel s’est posé la question de l’optimisation de cURL en particulier en termes d’utilisation de mémoire (quantité et nombre d’allocations). “curl and libcurl literally run in billions of installations and it is important for us that we keep memory use and allocation count to a minimum. It needs to run on small machines and it needs to be able to scale to large number of parallel connections without draining available resources. So yes, even in 2026 it is important to keep allocations small and as few as possible.”. J’aime son approche intégrant la performance (en termes de mémoire) aux tests : “In July 2025 we added a test case to curl’s test suite (3214) that simply checks the sizes of fifteen important structs. Each struct has a fixed upper limit which they may not surpass without causing the test to fail.”
- S’il ne fallait qu’un seul exemple de la loi de Wirth, ça serait Windows. D’ailleurs, à une époque, on disait pour l’ilustrer “Ce qu’Intel vous donne, Microsoft vous le reprend”. Benchmarking Windows Against Itself, From Windows XP To Windows 11 (“comparons Windows contre lui même, de Windows XP à Windows 11”), avec une vidéo : Windows XP vs Vista vs 7 vs 8.1 vs 10 vs 11. Conclusion : Windows est une bouse, Microsoft frise l’incompétence intégrale et la pire version de Windows est la dernière en date, Windows 11, la même qu’on force les gens à utiliser ;
- Voyage vers la robustesse, le livre blanc d’Infogreen Factory fait amplement référence à EROOM (principalement page 211). “Un Système d’Information robuste, ce n’est pas un SI qui va plus vite, c’est un SI qui résiste, s’adapte et consomme moins.”. Temesis en fait la recension : Vers une organisation robuste : que retenir du livre blanc « Voyage vers la robustesse » ? ;
Lectures
Ce que j’ai lu ces derniers temps, pour mémoire, et ce qui mérite d’être partagé.
- Une très bonne hérétique de Becky Chambers. “Cinq nouvelles où cinq femmes sont chacune à une croisée des chemins”. Un petit recueil de cinq nouvelles de SF. Vraiment sympa si vous aimez Becky Chambers (l’autrice dont je parle souvent dans mes présentations EROOM, en particulier Un psaume pour les recyclés sauvages, qui aborde l’idée d’un ordinateur personnel qu’on garderait de 16 ans jusqu’au tombeau, principe repris dans Vélorutopia) ;
- Préférence Système d’Ugo Bienvenu. Très touchant !
- La bédé Les envahichieurs de Marc Dubuisson, dont je suis fan. Le pitch : 4 extra-terrestres viennent sur la Terre après que leur planète ait été détruite par ses habitants qui ont refusé de voir le problème écologique. Ils ont survécu et sont venus nous prévenir. Spoilert alerte : c’est pas gagné. Cela m’a fait penser à ma propre situation
- Acheté mais pas encore lu, la bédé Champs de bataille : L’Histoire enfouie du remembrement ;
- Politique des machines de Fred Turner (et dédicacé, SVP !), ou comment nous sommes passés de l’imaginaire californien d’un numérique émancipateur (au moins en apparence) à un numérique extractiviste ancré avec des valeurs texanes ;
- Mamie Luger de Benoît Philippon. Attention, drôle de mélange ! C’est un genre de polar avec des dialogues façon Michel Audiard qui parle d’une vieille dame. Sauf qu’en fait c’est aussi un livre sur les violences sexuelles et sexistes. Je l’avais choisi au hasard, et c’est une bonne surprise.
- Cabane d’Abel Quentin. Encore un OVNI : au début, ça raconte l’histoire des auteurs du fameux rapport Meadows sauf qu’ici ils ont des noms différents et sont à Berkeley et plus au MIT (on va pas chipoter sur 5000 km) et après on suit l’évolution des auteurs du rapport jusqu’à aujourd’hui. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils y ont tout laissé des plumes. Un roman qui fait réfléchir sur le fait que le monde court à a sa perte et refuse de voir l’évidence scientifique, et à quel point c’est difficile pour ceux qui ont étudié le sujet et ne sont pas écoutés. (Toute ressemblance avec ce que je vis est fortuite !)