Un programme national d’éducation électorale a permis de recruter 2,2 millions d’électeurs supplémentaires par rapport à l’élection de 2018
Initialement publié le Global Voices en Français

Le drapeau camerounais avec des mentions « J'aime », symbolisant l'engagement civique sur les réseaux sociaux. Image de Canva.
En 2025, l'Internet est devenu plus qu'un outil des affaires. En Afrique, Les jeunes l'utilisent également pour amplifier leurs voix et s'impliquer dans la politique. Tel est le cas au Cameroun.
L'accès à ‘Internet au Cameroun a connu une augmentation considérable au fil des années grâce aux avancées technologiques dans le pays. Selon DataReportal, le pays comptait 12,4 millions d'utilisateurs d'Internet en janvier 2025 avec un taux de pénétration d'environ 41,9 pour cent. Il s'agit d'une amélioration de 18 pour cent depuis 2025. Des coûts élevés restent une barrière importante, du fait que plusieurs forfaits d'Internet coûtent cher et ont des périodes de validité courtes.
Certains jeunes camerounais utilisent l'Internet pour sensibiliser les autres sur le besoin de prendre part au processus électoral, alors que le pays se prépare à élire son prochain président le 12 octobre 2025.
Election présidentielle de 2025 :
Un décret du Président de la République a convoqué les électeurs au urnes pour la prochaine élection présidentielle
#ÉlectionPrésidentielle#ElectionsCameroon#Elecam #Cameroun #election #Elections #Cameroon pic.twitter.com/u9U2JRQKSi
— ELECAM Elections Cameroon (@elecamofficiel) 11 juin 2o25
À moins de trois mois de l'élection présidentielle de 2025 au Cameroun, les citoyens se préparent également à voter, d'autant plus qu'une liste de 14 candidats éligibles briguant la direction du pays pour les sept prochaines années a déjà été rendue publique, comme l'a indiqué ELECAM (Elections Cameroon), l'institution en charge de l'organisation des élections dans le pays.
Présidentielles 2025 : #2025PresidentialElection#Présidentielle2025#ElectionsCameroon#Elecam #Cameroun #Elections #Cameroon pic.twitter.com/6ERtRjE1tb
— ELECAM (Elections Cameroon) (@elecamofficiel) 18 juillet 2025

Les jeunes sont captivés par leurs écrans, s'engagent activement dans les dernières campagnes sur les réseaux sociaux. Photo de Sandra Tuombouh, utilisée avec permission.
Parmi ces citoyens figurent des jeunes personnes qui utilisent les réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter (X), TikTok, LinkedIn et Instagram pour informer et sensibiliser leur audience sur l'importance d'avoir une carte d'électeur et de prendre part au processus électoral. A travers des vidéos et des contenus écrits, ces jeunes incitent tous les électeurs éligibles à être le changement qu'ils souhaitent voir, en particulier avec Paul Biya, 92ans qui dirige le pays depuis plus de quatre décennies et qui a annoncé son intention de briguer un huitième mandat.
Il est presque impossible de parcourir ces plateformes de réseaux sociaux sans tomber sur le hashtag « #ElectionPrésidentielle2025. ». Cette vaste mobilisation en ligne a conduit à l'inscription de 373,588 nouveaux électeurs entre janvier et juin de cette année, comme l'indique ce compte X :
ELECAM affirme que plus de 8,2 millions de Camerounais se sont inscrits sur les listes électorales en vue de l'élection présidentielle d'octobre 2025. Selon Dr. Enow Abrams Egbe, Président du Conseil Electoral, 373,588 nouveaux électeurs ont été enregistrés entre le 2 janvier et le 26 juin 2025.
— Mimi Mefo Info (@MimiMefoInfo) 30 juin 2025
Lors des dernières élections présidentielles de 2018, plus de 6,667,700 de Camerounais étaient inscrits pour voter selon le corps électoral, ELECAM. Au total, 8,2 millions sur 27 millions de Camerounais sont des électeurs éligibles pour la prochaine élection présidentielle.
Au Cameroun diverses initiatives liées à l'élection se déroulent en ligne afin de renforcer l'engagement civique et la transparence. Ces initiatives incluent l'utilisation des plateformes de réseaux sociaux pour des campagnes de sensibilisation des électeurs, où les individus et les organisations partagent des informations sur le processus électoral, les profils des candidats et les droits de vote. Ces initiatives via des plateformes en ligne facilite l'inscription des électeurs tout en promouvant un électorat informé, contribuant ainsi à un processus plus démocratique.
Un jeune camerounais, Hanson Miysh, un militant en faveur des jeunes et de l'engagement civique, publie des mises à jour régulières sur sa page Facebook, appelant ses paires à rejoindre le mouvement. Ses efforts en ligne ont encouragé environ 500 jeunes à s'inscrire. De même, une organisation de la société civile Network for Solidarity Empowerment and Transformation for All (NEWSETA), gagne du terrain en ligne avec leur campagne « Vote First ».
Aujourd'hui à sa 12e semaine, cette initiative a prouvé son efficacité en générant des milliers de vues et d'interactions sur Instagram, Facebook et LinkedIn. Leur objectif est de former une société informée et d'augmenter la participation électorale. Derick Ndzi, Directeur Exécutif de NEWSET, souligne :
L'information guide les choix et les actions que nous prenons. Si vous n'êtes pas informé, vous ne pouvez pas participer à la prise de décision. Ainsi, plus vous êtes informé, plus vos contributions seront significatives.
Les vidéos animées et les dépliants présentent un personnage nommé « Ballot Buddy », un lion fictif qui éduque le public sur le processus électoral. Cette situation aborde des questions cruciales liées aux processus pré-électoraux et post-électoraux en anglais, en français et en fulfulde, une langue ouest africaine, pour convenir à un public diversifié. Ils déclarent que leur portée s'étend au-delà de l'Internet, car ils emploient des individus pour s'assurer que l'information parvienne au plus grand nombre de personnes possible dans les dix régions du Cameroun.
Alors que plusieurs considèrent cette mobilisation en ligne comme une initiative positive pour augmenter les électeurs, d'autres restent sceptiques vis-à-vis de son efficacité. Un observateur a déclaré à Global Voices :
Plusieurs jeunes sont indifférents, il feront simplement défiler la publication sans y prêter d'attention.
Un autre jeune a déclaré :
Etant donné la domination du RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais), je ne peux pas imaginer qu'une autre personne puisse gagner.
Malgré la diversité des opinions, plusieurs s'accordent à dire que sans action, rien ne changera. Le moment est venu pour les jeunes de décider qui sera leur prochain dirigeant.