PROJET AUTOBLOG


lehollandaisvolant.net

Site original : le hollandais volant

⇐ retour index

Une expérience astronomique à faire sur l’année 2026 toute entière

Sunday 4 January 2026 à 16:48

Une analemme.

Vu que l’année démarre, pourquoi ne pas faire un peu d’astronomie tout au long de 2026 ?

Ce que je vous propose de faire, et je vais le faire aussi de mon côté, c’est une expérience d’astronomie sur toute l’année : l’expérience dure une année exactement. Elle est très simple, vous pouvez la faire avec vos enfants, ou même à l’école (si vous êtes prof par exemple).

Vous voyez l’image en tête de cet article ?
On y voit un paysage avec plusieurs Soleils représentés. Les différents points du Soleil correspondent à sa position dans le ciel qui varie tout au long de l’année. Ce tracé en forme de « 8 » est appelée un analemme.

On obtient cette image en prenant à intervalle régulier (chaque jour, chaque semaine, chaque mois…) une photo du Soleil, du même endroit sur Terre, avec la même orientation, et surtout, à la même heure de la journée, puis, au bout d’une année, de combiner toutes ces photos.

L’on observe donc que, bien que l’on soit à la même heure et au même endroit, le Soleil n’est pas toujours au même endroit : sa position dans le ciel évolue. Sa position varie en hauteur : elle est plus base en hiver, et plus haute en été, chose que vous avez probablement constaté sans y penser ; mais elle varie aussi sur l’axe gauche-droite. Ceci est plus intriguant.

L’expérience

Je déconseille de prendre des photos du Soleil. Votre appareil photo n’appréciera pas, et vos yeux non plus. On va plutôt prendre un point fixe quelque part et noter son ombre sur le sol, tout au long de l’année.

Le point fixe ne doit pas bouger. Cela peut être le sommet d’un lampadaire dans un parking, ou le coq en haut d’une église. On peut aussi planter un piquet dans le sol. Pour ceux qui préfèrent rester à l’intérieur de la maison, on peut faire une marque sur la vitre d’une fenêtre. La fenêtre doit être éclairée toute l’année (exposée au sud, donc), et doit donc éclairer par terre chez vous. L’ombre de la marque sur la vitre sera alors ce que l’on va noter à intervalles réguliers.

Chez moi j’ai fait une marque en forme de carré avec du scotch sur ma vitre :

Une marque sur la vitre
Une marque sur ma vitre (qui est toute sale…).

Cette marque va rester là toute l’année : mettez-la à l’intérieur et assurez-vous que cela ne bouge pas.

Ce qui nous intéresse maintenant, c’est l’ombre de cette marque sur le parquet (ou sur un mur) :

Trouvez l’ombre sur le sol.
La marque projette une ombre sur le sol.

Là aussi, il faudra pouvoir annoter la marque sur le sol, tout au long de l’année. On va pas abîmer le parquet avec un clou (sauf à faire une œuvre d’art permanente), mais une marque avec un bout de scotch, ou un marqueur suffit.

Ce qu’il faut faire maintenant, c’est, tous les jours à la même heure — ceci est très très important — une marque de l’ombre sur le sol. On peut aussi le faire chaque semaine, ou tous les deux jours : peu importe, il faut juste le faire au moins une vingtaine de fois dans l’année.

Personnellement, je vais faire ça chaque samedi, à midi pile. Si un samedi je ne suis pas là, ou s’il fait nuageux, ce n’est pas grave : je le ferais le dimanche, ou le lundi. Louper un point n’est vraiment pas grave. Tant que vous en avez une vingtaine plus ou moins régulièrement espacée au cours d’une année.

Comme ceci :

Le premier point de l’analemme
Et hop, on marque le sol d’une croix au milieu de la marque de l’ombre.

J’insiste : il faut être très méticuleux dans l’heure à laquelle vous allez poser la marque. Faire la marque à 12 h 01 au lieu de 12 h 00 peut tout changer. Voyez-vous même avec cette photo prise à 12 h 01 :

Le même point seulement une minute plus tard
Le point, mais à 12 h 01 !

Même une minute après, l’ombre a déjà bougé de pratiquement un centimètre !
Si vous choisissez de faire cette marque à 12 h 00, mettez-vous un réveil à 11 h 50 par exemple.

Une fois que la marque est faite, il n’y a plus qu’à attendre le lendemain à la même heure (ou la semaine d’après, à la même heure), et de faire ça tout au long de l’année.

Normalement, vous verrez que le point sera décalé à chaque fois, et à la fin de l’année, vous aurez également cette figure en forme de 8, ou de lemniscate (le nom du symbole de l’infini).

Remarque

Je le redis : soyez rigoureux dans l’heure. Cela peut être 11 h, 12 h ou 14 h, peu importe, mais gardez la même tout au long de l’année. Prenez également une heure où il y a du soleil. À 07 h 00, vous aurez du soleil en été, mais pas en hiver.

Il faudra également faire attention au changement d’heure en mars et en octobre ! Les ombres et les marques reflètent la position du Soleil dans le ciel. C’est l’heure solaire (aussi appelée « heure solaire vraie ») qu’il faut considérer, pas l’heure civile (le terme rigoureux est « heure solaire locale moyenne », mais je préfère dire « heure civile »). Autrement dit, quand on sera passé à l’heure d’été il faudra décaler d’une heure.
Ainsi, si vous commencez aujourd’hui en choisissant 12 h 00 comme référence, lorsque nous passeront à l’heure d’été, il faudra prendre le point à 11 h 00, et cela, jusqu’au retour à l’heure d’hiver.

Si vous faites cela, vous resterez à l’heure solaire vraie toute l’année et votre analemme formera un joli « 8 ». Si vous ne le faites pas, il reste évidemment possible de faire le tracé, mais votre analemme sera décalé sur toute une section. Cela peut être intéressant à constater aussi, cela dit.

Explications

L’analemme a une forme caractéristique de « 8 ».

Sa hauteur provient du passage des saisons : en été, le Soleil est plus haut dans le ciel et l’ombre sera plus proche de la fenêtre, et en hiver, le Soleil étant plus bas, l’ombre de la marque sera plus distante. Cela provient de l’inclinaison de la Terre par rapport au plan de l’écliptique : on parle aussi d’obliquité.
Au cours d’une année, nous sommes donc tantôt inclinés vers le Soleil (en été), ou à l’opposé (en hiver). C’est pour ça qu’il fait plus chaud en été. Cela explique donc l’élongation de ce « 8 ».

La largeur du 8 provient quant à lui d’un phénomène bien moins connu. Si le 8 est élargi, cela veut dire que le Soleil est tantôt un peu plus à gauche, tantôt un peu plus à droite par rapport à sa position « moyenne » à l’heure choisie.
Comment cela se fait ?

La position du Soleil dans le ciel reste une illusion : le Soleil est fixe, c’est la Terre qui tourne sur elle-même. Chaque jour, le Soleil décrit donc un arc dans le ciel, et le point culminant correspond au « midi solaire ». On appelle ce moment la culmination méridienne.

Sauf que nous ne traçons pas les crois à l’heure solaire, mais à l’heure civile ! L’heure civile divise la journée en 24 heures très précisément. Sauf que la Terre ne fait pas face au Soleil avec une régularité de 24 heures !
La Terre est sur une orbite elliptique autour du Soleil. Cela signifie qu’elle est tantôt plus proche, et tantôt plus éloignée. Les lois de Kepler nous apprennent que la Terre se déplace plus rapidement sur son orbite lorsqu’elle est proche du Soleil, et plus lentement quand elle en est éloignée.
Or, si elle est plus proche, vu qu’elle va plus vite, elle parcourt une plus grande portion de son orbite ce jour-là. Si l’on veut suivre la position du Soleil ce jour-là, l’on verrait qu’il est un peu en retard par rapport à l’heure civile (plus régulière).

L’heure civile mesurant 24 heures, il s’agit là d’une moyenne sur toute une année des jours solaires. Certains jours solaires sont donc plus longs, d’autres plus courts. Et le déplacement du Soleil est donc d’autant plus irrégulière.

Ceci explique le déplacement horizontal de l’ombre.

… enfin, une partie seulement : car s’il n’y avait que ça, l’on observerait une seule boucle, en forme de « 0 ». Le nœud du « 8 » provient du fait que les deux phénomènes (l’obliquité de l’axe de rotation et l’ellipticité de l’orbite) participent au décalage latéral : en été, la trajectoire du Soleil est non seulement plus haute, mais aussi plus rectiligne dans le ciel. En hiver, elle est plus arquée, et ceci donne également lieu à un retard ou à une avance entre l’heure civile et l’heure solaire.
Les deux phénomènes combinés se font à des fréquences différentes, et cela se traduit par une boucle dans l’analemme.

Ce décalage, dont la moyenne sur une année est nulle, mais qui est non nul pour un jour donné, entre l’heure solaire et l’heure civile, est appelé [b]équation du temps[/b]. L’amplitude de ce décalage au cours d’une année est d’environ 30 minutes tout de même, variant de −15 minutes à +15 minutes !

Vous pouvez suivre l’équation du temps sur cette page : l’Équation du Temps. La page vous montre donc le décalage, à un instant donné, entre l’heure solaire vraie et l’heure solaire moyenne (heure civile).

En conclusion

Cette expérience, je vais la faire également. Cela m’amuse. J’espère que cela en amusera d’autres aussi.

Elle est une preuve que la Terre est inclinée sur son axe et qu’elle tourne autour du Soleil. Elle valide également les équations de Kepler sur les orbites des planètes.

Notez que l’on n’a pas attendu Kepler au XVIᵉ siècle pour comprendre tout ça. Les Romains et les Grecs étaient déjà au courant. Leur heure de la journée était mesurée avec des cadrans solaires. Un cadran solaire, c’est précisément une tige, appelée gnomon, qui produit une ombre sur un cadran : l’ombre tombe alors sur une valeur inscrite sur le cadran, et celle valeur correspond à l’heure de la journée.

Or, si l’on ne fait rien, l’heure solaire pouvait être déplacée de ±15 minutes par rapport à l’heure civile, chose qui pouvait poser problème dans certaines situations, je suppose.

Certains cadrans solaires, en plus des valeurs de l’heure, intègrent donc des mesures plus précises pour chaque jour de l’année. Selon le jour de l’année, donc, il faut donc utiliser une marque donnée. On peut le voir sur cet exemple de cadran solaire, où il y a un tracé pour chaque mois de l’année !

Pour aller plus loin

Ici, nous traçons donc l’analemme pour une année, avec des mesures une fois par jour (ou en tout cas une fois pour une journée donnée).

Si vous voulez aller plus loin (et que vous avez le temps), vous pouvez faire plusieurs points chaque jour, qui donnera alors une courbe par jour également. Cela revient alors à créer un cadran solaire. Si vous faites cela plusieurs jours dans l’année, vous constaterez que les courbes se décalent de jour en jour.
En faisant cela pour chaque jour de l’année, et à chaque heure, et en reliant d’une part les courbes pour chaque journée, et d’autre part les courbes à heures fixes pour différents jours, vous aurez un cadran solaire très précis, qui tient compte de l’équation de temps.

Chose que les astronomes de l’antiquité avaient déjà fait.

Enfin, pour finir, si vous suivez cette expérience, n’hésitez pas à revenir sur cet article dans un an, et à m’envoyer une photo du résultat final. Je la publierais ici, avec la mienne !

image d’en-tête de Giuseppe Donatiello

Les trucs qui me font détester votre site web en 2025

Thursday 25 December 2025 à 08:35

Circuit imprimé décorré pour Noël.
Après les articles en 2014, 2017, 2019 et 2020, voici de nouveau un listing des pratiques énervantes sur le web, mises à jour.

(et on verra si celui-ci se fera recopier de façon indélicate également ^^)

Déjà, on peut dire qu’une bonne partie des pratiques des autres années n’a pas été résolue.
On n’a plus flash / silverlight / java ou d’autres conneries (merci), mais on a d’autres pratiques de merde. Beaucoup.

Des pages de plus en plus lourdes.

Le web permet de plus en plus de choses, mais c’est pas une raison d’alourdir toujours plus les documents. Au contraire. Ce qui auparavant était dans des libs, des hacks et des quirks, est désormais nativement pris en chaque par les navigateurs. On peut donc virer un paquet de libs à la con et alléger les pages.

Dans les faits :

Poids d’une page web.
40 Mo pour une page web ? Ce monde est complètement taré.

Malheureusement donc, ce n’est pas comme ça que ça se passe, même si tous les navigateurs étaient à jour. Généralement, les éléments de l’interface proposés par le navigateur (par exemple un sélecteur de dates ou un menu déroulant) ne suffisent pas au web-dév qui préfère utiliser une lib débile pour transformer des DIV en SELECT.

Le retour (forcé) de la pub

On l’a vu avec YouTube, mais ce n’est pas un cas isolé : de plus en plus de sites obligent la désactivation des bloqueurs de pub pour pouvoir être accessibles. YouTube se le permet, car il est incontournable. Ça ne va pas durer quand tout le monde passera par des clients tiers, mais pour l’instant c’est ça.

Par contre un site de média qui fait ça se tire une balle dans le pied : ce n’est pas comme si l’information n’était pas disponible ailleurs. Un site avec un paywall ou qui force un peu trop sur l’acceptation des cookies, désormais je blackliste.

Les sites qui ne marchent pas la moitié du temps

Coucou le site suivi Colissimo ? Coucou le site pourri de la SNCF ? Ça vous dit de fonctionner parfois, où ça fait partie de votre stratégie commerciale, sachant que de toute façon vos usagers, ou plutôt clients — oui je persiste — n’ont pas le choix de vous choisir ?

Le site de la poste dont le suivi ne marche (encore) pas.Le site de la poste dont le suivi ne marche pas les 3/4 du temps.
Le site d’EDF qui marche pas non plus.
Le site de EDF, pareil : ça marche pas, mais personne ne sait pourquoi.

C’est pas comme si vous étiez une petite PME excusable, ou que votre site était maintenu par un seul gus dans son garage (même si les libs dont vous abusez le sont).

Et puis leur « momentané » est de la poudre aux yeux : parfois ça dure plusieurs jours. Quant à la Poste, vous savez que je les hais pour leur service de merde, mais leur putain de site est quand-même en échec particulièrement souvent. Mention spéciale pour Digiposte, le truc que les entreprises choisissent pour distribuer les fiches de paye et autres documents, est systématiquement en rade les derniers jours du mois (mais faut les comprendre : les fins de mois arrivent sans prévenir… tous les mois !).

Le site des impôts, lui, n’est jamais hors-ligne et fonctionne toujours. Étrangement.

Les sites où on tourne en rond

Ça ne vous est jamais arrivé d’atterrir sur un site avec l’intention de faire quelque chose (contacter le support, trouver un numéro de téléphone, le panier…), mais de ne pas savoir où cliquer tellement c’est le bordel ? Alors vous passez 10 minutes à observer l’écran dans tous les sens, mais non, toujours pas de bouton pour faire l’action que vous voulez.

Mettez des liens clairs pour effectuer une action. Ne cachez pas le lien pour accéder au panier, à la page de contact, celle pour s’inscrire ou pour revenir à l’index.

Le pire reste quand par ailleurs (e-mail, CM twitter…) on vous dit « retrouvez <l’action> sur notre site », alors que le site est essentiellement vide, ou renvoie sur Twitter ou FB. Du foutage de gueule.
C’est le cas du site de l’URSSaf où on tourne en rond avec l’INPI ou de Dell (qui nous prennent pour une balle de ping-pong à nous balancer entre le site et les réseaux sociaux).

Les menus fixes

Les menus fixes permettent d’avoir des informations (et des liens bien souvent) toujours visibles à l’écran. Si vous faites ça, assurez-vous de tester votre @#%$ de site.

Je ne compte plus le nombre de PC que je vois passer et qui appartiennent à des personnes âgées dont la vue baisse et qui ont tout mis en grand sur leur écran. Or quand on met tout en grand, les menus fixes sont plus grands aussi jusqu’à recouvrir 80 % de l’écran.

N’est-ce pas SFR et ton espace e-mail non-zoomable ? Là aussi, les sites de très grands groupes parfois ne sont pas assez testés.

Rendez-nous des liens HTML

Arrêtez avec les liens JavaScript ou des boutons impossibles à middle-clic pour l’ouvrir dans un autre onglet. On n’est plus en 2004, les navigateurs ont des onglets. Le grand champion ici est le site des impôts qui fonctionne encore comme sous IE6 en ouvrant des fenêtres dans tous les sens.

Quant aux sites de téléchargements en tout genre (images, logiciels, etc.) ne tournez pas autour du pot avec des boutons, liens raccourcis et comptes à rebours.
Assez de tout ce bullshit : mettez un lien vers le fichier et cassez pas les couilles.

Arrêtez de bloquer les clic-droits et les raccourcis clavier

Et toujours des sites qui bloquent des clics-droits, et même parfois les raccourcis clavier pour afficher la source de la page. Vous êtes sérieux, bande de petits cons ? Vous pensez qu’on est des lapins de trois semaines ?
Y a combien de chances que quelqu’un qui connaît Ctrl+Shift+I ne sache pas contourner un blocage de Ctrl+Shift+I ?

Probablement que ça rebutera la plupart des gens d’aller chercher plus loin, mais si je veux obtenir un truc sur votre site, croyez-moi, je l’aurais.

Et pour ceux qui ne savent pas, quand le clic-droit est bloqué, faites « Shift + ClicDroit », ou « Alt+ClicDroit », et là ça forcera l’apparition du menu, même si le webmaster ne veut pas.

Laissez-nous copier-coller des e-mails et des mots de passe

Je n’ai jamais compris pourquoi l’on était tenu de taper deux fois son adresse e-mail lors d’une inscription. Le mot de passe, pourquoi pas, mais l’e-mail… wtf ? Et encore pour le mot de passe : mettez un bouton qui l’affiche en clair, c’est pas très compliqué.

Et laissez-nous copier-coller tout ça.

Arrêtez de refuser des adresses e-mail valides !

… surtout si vous êtes un site qui vend quelque chose et si vous n’avez pas envie de voir de potentiels clients partir. Mon adresse e-mail est acceptée par tout le monde normal depuis bientôt 15 ans, y compris les le service des impôts en France, l’ambassade des Pays-Bas à Paris et l’Armée de l’Air française.

Mais divers sites marchands considèrent tout ce qui n’est pas @outlook.fr ou @gmail.com comme de la merde :

Capture d’écran d’un formulaire qui refuse mon e-mail perso.
Le site d’Ornikar qui refuse tout ce qui n’est pas GAFAM.

Dans ces cas-là, je vais voir ailleurs, tant pis pour eux (d’autant qu’ils se fichent de moi quand je leur signale le problème).

Les sites de marchands qui ne livrent pas chez toi

Autant quand un site américain ou chinois refuse de livrer chez toi en Europe pour une question de douanes ou de taxes (what else ?), c’est con, mais bon, ça peut se comprendre (et encore), quand c’est un site français qui te dis « désolé, aucun livreur ne livre chez vous », alors que le site expédie depuis la France, et que notre adresse est aussi en France, bah ça le fait pas. Vous passez juste pour des branleurs.

Aucune explication, un message tout simplement faux en plus de ça. C’est n’importe quoi.

Des popup, et des popup sur les popup

On pourrait penser qu’en 2025 on avait dépassé tout ça, que les popup, c’est terminé, mais il n’en est rien. C’est même de pire en pire. Maintenant, en tout cas la première fois que tu vas sur un site, tu as bien 5 ou 6 actions à mener pour pouvoir commencer à lire :

i
Miam, des popup, et des cookies !(image)

Et je ne parle pas des popup des navigateurs pour accepter (ou non) :

Je regrette un peu Opera 12, où l’on avait une liste de permissions, et on pouvait dire « oui pour tous les sites (sauf liste noire) », « non pour tous les sites (sauf liste blanche) », « choisir au cas par cas ».
En gros, on bloquait la localisation pour tout le monde, et si un site le demandait légitimement, on pouvait toujours l’activer dans les paramètres du domaine.

Idéalement je veux que mon Firefox propose un menu à côté de la barre d’adresse avec la liste des autorisations : popups, GPS, micro, etc (et non autant de popups que de demandes).

Youtube, je te déteste

Outre la publicité, toujours plus intrusive sur ce site (au point où désormais je télécharge les vidéos en local pour pouvoir les regarder tranquillement), désormais les vidéos — l’audio en fait — est automatiquement traduite, avec une voix mécanique et la précision que l’on connaît des traducteurs automatiques.

C’est n’importe quoi, et impossible de désactiver ça, en tout cas sur mobile. Sur desktop, on peut encore jongler entre les langues. Mais le fait qu’il n’y ait pas un choix quelque part, c’est honteux.
Youtube se permet ici d’imposer des choses que ni le créateur, ni le lecteur n’a choisi de voir, ni ne veut. Et ça c’est intolérable, d’autant que la qualité de ce qui est imposé est merdique.

Malheureusement, on a beau implorer les créateurs de passer par une autre plateforme, même payante(Nebula…), certains ne veulent tout simplement pas. Tant pis pour eux ?

Image d’en-tête produite par Bing AI

Quelles app de recharge EV utiliser en 2025/2026 ?

Saturday 6 December 2025 à 15:22

Photos de cartes de recharge.
Je jongle entre les applications et cartes de recharge pour EV depuis des années. Les raisons sont expliquées dans un autre article, mais pour le dire en un mot : c’est une question de tarif.

Les applications changent avec les années : certaines s’améliorent, d’autres se merdifient. Certaines propose des prix bas, mais sont plus limitées (en couverture des bornes), d’autres sont au contraire extrêmement complètes, mais un peu plus chères. Il en apparaît aussi de nouvelles et certains disparaissent.

Ici je présenterai quelques applications : des bonnes surprises récentes, aux vieilles applications de référence que j’ai laissé tomber.
Cet article est là non pas pour être exhaustif (je n’ai pas tout testé), mais pour refléter mes usages et mes préférences actuelles, qui ont évolué depuis 5 ans, et pour partager ça, au cas où ça peut intéresser.

S’il ne devait y en rester qu’une

Si je ne devais garder qu’une seule appli/carte : Octopus Electroverse

Déjà, leur interface (du moins sur iOS) est excellente. Ce n’est pas un foutoir bugué comme ChargeMyHyundai.

Ils couvrent toute l’Europe, et sur les réseaux que j’utilise, les prix sont bons.
De base, ils ont un bon prix chez Lidl qui a un nombre surprenant de stations, y compris du 120 kW (0,39 €/kWh). Chez Ionity, le tarif en 50 kW est très bon aussi (0,35 €/kWh), mais le tarif des bornes 350 kW est le tarif standard, donc assez cher (0,59 €) : tout va dépendre si l’on est pressé ou non, mais si vous ne l’êtes pas, 0,35 €/kWh c’est quand-même bien moins cher.

Ils proposent un abonnement pour Ionity : 11,99 €/mois, et avec ça on gagne 40 %. Le tarif descend à 0,32 €/kWh en 350 kW et 0,21 €/kWh sur les bornes 50 kW, ce qui devient alors très intéressant. Ce que l’on paye en abonnement mensuel est absorbé par la baisse du tarif sur 37 kWh, et tout ce qu’on charge au delà chez eux durant le mois est donc rentable. C’est vraiment un très bon tarif, pour le coup. Et c’est sans engagement.

Ils ont aussi un abonnement chez PowerDot, qui a beaucoup de points de charge vers les hôtels, notamment. Actuellement, ils font 28 % de remise pour 1,99 €/mois (donc très vite rentable, mais je n’ai pas testé cet abonnement).

Bref, cette appli/carte, c’est devenu ma carte par défaut désormais.

Pour vous inscrire :

Les autres applis que j’utilise parfois

ChargeMyHyundai (CMH)

Si vous avez une Hyundai, vous devez avoir reçu ce badge.
Ils proposent aussi un abonnement chez Ionity (7,49 €/mois), et le tarif devient 0,39 €/kWh. Ça reste correct par rapport au tarif de base, et c’est, là aussi, rentabilisé dès la première charge. Elle est un peu plus rentable que celle d’Octopus si vous ne chargez pas beaucoup. Mais au delà de 64 kWh rechargés dans le mois (entre 1 et 2 charges), c’est Octopus qui reste moins cher. La différence n’est pas énorme ceci-dit.

Pour donner une idée : si vous rechargez 500 kWh dans le mois (environ 2 500 à 3 500 km roulés), il vous coûtera :

L’application CMH est, par contre, un foutoir peu ergonomique et en dehors de Ionity avec l’abonnement, c’est très cher (avec des frais fixes de connexion aux bornes, notamment). Mais là aussi, elle couvre l’Europe et ne m’a, de mémoire, jamais laissé tomber, ni en France ni ailleurs.

ChargeMap

Elle est très connue, a probablement la meilleure couverture en France, et est très fiable pour ce qui est des informations à propos des bornes : spécifications, vitesse, état et localisation des bornes.

Seul reproche que je lui fais : les tarifs sont un peu élevés. Je ne l’utilise pas souvent à cause de ça. Ils ont aussi un planificateur, qui peut être utile pour ceux qui veulent en avoir un sous la main (ceux des voitures ne sont pas toujours optimisées).

Eux aussi proposent des abonnements très intéressants à certains réseaux (PowerDot, Ionity, Tesla…) selon le moment. Cela reste la référence en la matière.

Celles que j’ai lâchées

Freshmiles

Cette app française était pionnière dans le domaine depuis 2010, avec de bons tarifs un peu partout, y compris les petites bornes locales. Mais depuis quelques années, tout ça, je ne le retrouve plus. Les prix sont devenus les mêmes qu’ailleurs pour ces petites bornes.

Qui plus est, quand je les contacte pour un problème (qui m’arrivait de plus en plus dernièrement), on me répond comme si je les faisais chier, et sans résoudre mon problème. Ça vient de moi, de la borne, de la voiture, de ma banque, mais pas d’eux (alors que si je prends n’importe quelle autre carte, aucun problème).

Après 3 cas où leur carte a merdé et qu’ils s’en fichent, j’ai décidé d’arrêter : une carte pas fiable et un support à chier ? Non merci.
En prime, quand il s’agit de supprimer mon compte comme le prévoit la RGPD en moins de 30 jours, ils prennent beaucoup plus de temps (mais, encore heureux, finissent par le faire).

En cherchant, je constate que l’application a été rachetée en 2021 par un grand groupe côté en bourse (Rexel), donc je suppose un « effet Norton » suivie d’une merdification inévitable dans les 2-3 ans qui ont suivies, ce qui correspond assez précisément à ce que j’ai observé.

J’ajouterais aussi que cette façon de traiter leurs clients n’est pas spécifique à eux, mais bien généralisable à la plupart des entreprise françaises.

Mobilize

Mobilize, c’est le service de recharge par Renault. Ils proposent leur propre réseau de bornes (depuis 2024 environ), et proposaient un abonnement très compétitif chez Ionity à leur sortie : 0,29 €/kWh pour 5 €/mois. Je ne sais pas où ça en est désormais, si c’est toujours là et si c’est toujours disponible pour tous le monde ou seulement ceux qui ont acheté une Renault.
Toujours est-il qu’à la sortie (juin 2024), j’ai voulu essayer. J’ai commandé une carte, installé l’application, créé un compte. Et… Ça n’a jamais marché.

Les prélèvements n’ont jamais fonctionné avec ma banque (BoursoBank). Je n’étais pas le seul dans ce cas. Je n’ai jamais eu aucun autre problème bancaire avec aucune autre application, donc il y a de bonnes chances que ça venait de Renault, pas de moi ni de ma banque.

Après avoir demandé de l’aide à leur CM sur Twitter, le problème n’a pas été résolu. Par e-mail, pareil. Quand je dis que laisser les gens dans leur merde est la façon standard de traiter les clients en France…

J’ai donc supprimé mes comptes chez eux faute de pouvoir activer l’abonnement, faute de m’en être servi même une seule fois, faute de trouver un support compétant. C’était en juin 2024. En novembre 2025, un an et demi plus tard, donc, je reçois de leur part un e-mail me disant que deux prélèvements n’ont pas fonctionné et m’en réclament le paiement. Déjà là c’est un foutage de gueule. Les montants et les dates semblaient correspondre à mes tentatives d’abonnement, mais j’ai tout de même pensé à un scam.

Ils proposent une adresse e-mail de contact pour toute question. Je leur envoie donc un e-mail. Apparemment l’e-mail de contact qu’ils donnent ne peut pas recevoir d’e-mails : mon mail revient avec une erreur. Quel enfer.
J’essaye avec deux autres adresses d’expédition, idem : ils ont donc tout bloqué, pas juste mon nom de domaine. Je mets donc en copie une adresse du service client Renault/Mobilize, là ils répondent, et après deux mails et deux semaines, et après leur avoir dit que l’abonnement à leur services n’avait jamais fonctionné, que leur support ne m’avait pas aidé, et que de toute façon je n’avais jamais pu utiliser leur carte pour charger quoi que ce soit, et aussi que s’ils recommençaient à me demander du pognon, ça sera traité comme une extorsion, on me confirme que la « dette » est annulée.

Quinze jours après, je reçois une nouvelle relance de paiement. Je renvoie donc au SAV un mail, leur demandant de me confirmer que je peux ignorer ça, ce qu’ils font. Cette réponse est à garder précieusement en cas de litige futur (car il y en aura : ce n’est jamais fini avec ces fanatiques des procédures et de la paperasse traînante).

Bref, un beau bordel, mais là aussi c’est normalement réglé, non sans en venir à des menaces de leur envoyer un avocat (mais on a l’habitude en France : sans menaces légales, y a plus rien qui tourne).

Je sais toutefois que chez d’autres personnes, ça fonctionne nickel. Tant mieux pour eux, mais moi c’est pas mon cas. Donc bon : à voir au cas par cas.

Quant au réseau de charge Mobilize, leurs bornes avec les « lounges », elles sont top. L’énergie est chère, certes, mais le lounge propose des snack, du café, des WC, du Wifi, des canapés et des tables. C’est propre (car on n’y entre que si l’on charge, je suppose), pratique et bien pensé.

Remarques

Je le met ici car sinon j’en connais qui vont venir m’emmerder : non je n’ai pas été sponsorisé pour écrire cet article. Et le système de parrainage chez Octopus est disponible pour n’importe quel utilisateur de l’application, pas seulement moi. Je profite de ce site pour le mettre en avant.

J’ai aussi d’autres cartes, à savoir eFlux, Révéo, Shell-Recharge et Chargepoint. Je les ai depuis très longtemps, elles ne servent pas souvent (une à deux fois par an), mais ils peuvent être moins chers sur certaines bornes très précises. Shell par exemple, est un groupe néerlandais, et parfois ils ont des prix avantageux aux Pays-Bas (mais là-bas c’est le contraire de chez nous : leur AC11 kW sont peu chers, mais les DCFC sont vraiment très chers).

Aussi, même si je n’aurais pas de problèmes à charger où que ce soit avec tout ça, j’aime bien tout de même faire la chasse aux meilleur prix, dans une certaine mesure. C’est une satisfaction personnelle et un petit exercice de calcul mental amusant à chaque fois, on va dire.

Pour celui qui s’en fiche, prenez n’importe quelle carte et ne vous prenez pas la tête. Pour les autres, cela vaut le coup de s’intéresser un peu aux différents opérateurs, aux différentes cartes. Comme j’ai dit : le prix peut varier du simple au triple selon où l’on charge, combien on charge, pour quelle durée, etc.

Enfin, quand je dis que le tarif est cher sur les bornes, je parle d’un prix au kWh de 0,50 € ou plus. C’est un peu ma limite perso : au delà, c’est du foutage de gueule. En dessous de 0,30 € le tarif est bon, et entre les deux, ça me semble correct, sans plus. Ce n’est qu’une vision personnelle.

Poignées de portières électroniques des voitures

Wednesday 3 December 2025 à 18:33

Je réagis à l’article de Korben :

Korben : on a la même voiture. J’ai une Ioniq 6, tu as la Ioniq 5. Sauf s’ils ont changé des trucs avec différentes versions (la mienne est de 2023), on aura le même fonctionnement. Dans ce qui suit, je décris le fonctionnement de ma voiture.

Les poignées sont rétractables : quand je me mets à rouler, ou quand je verrouille la voiture, elles rentrent et plus rien ne dépasse. Quand je déverrouille, elles sortent. Elles sont électroniques de ce côté-là.
Ce n’est pas le côté « affleurant » qui pose problème. Ce n’est pas non plus le côté rétractable qui gêne. Cadillac utilise ça sur certains modèles depuis les années 1960 !

Je te garantis que le système interne est bien mécanique.

Il faut bien aussi distinguer le verrouillage de la portière, du système d’ouverture des portes et l’actionneur dès poignées.

Maintenant ça donne quoi en pratique ?

Depuis l’extérieur

Le côté rétractable est ici « soft » : quand on appuie sur la poignée, on peut la faire pivoter. Système électronique ou non.

Il faudrait que la poignée soit gelée pour qu’elle reste bloquée. Ça peut arriver, oui, mais un peu d’eau tiède et ça s’ouvre (je suppose : ça ne m’est jamais arrivé). Et ça n’empêchera pas de sortir depuis l’intérieur.

Bien-sûr, la portière ne va s’ouvrir que si la voiture est déverrouillée. Si la voiture est fermée à clé, on peut tirer sur la poignée tant qu’on voudra, elle ne s’ouvrira pas. Ceci n’est donc en rien différent de n’importe quelle voiture.

Le système électronique n’est par ailleurs pas nécessaire pour déverrouiller la voiture.

Tu peux tester (je viens de le faire à l’instant moi-même) :

Donc là, c’est comme si tu venais d’avoir un accident : tout est fermé, y a plus de 12 V donc plus d’électronique.

Coincé ? Non.

Derrière la poignée conducteur, t’as une serrure. Tu peux y mettre la clé mécanique « de secours » que tu as dû recevoir. Tu la tournes, ça déverrouille la portière. Maintenant tu peux actionner la poignée pour ouvrir la portière. Elle s’ouvre.

Et ça, c’est sans alimentation 12 V.

Voilà : tu peux entrer dedans.

Je suis formel : oui mes poignées se rétractent et s’ouvrent électroniquement, et j’ai un verrouillage central électronique aussi. Mais le système derrière est mécanique, et on peut toujours entrer dans la voiture lorsqu’on a la clé. Si on n’a pas la clé, c’est normal que ça ne s’ouvre pas (encore heureux).

Et depuis l’intérieur ? Pour sortir ?

On continue : tu es entré dans la voiture via la porte conducteur. Mais les autres portes sont encore fermées, et verrouillées.

Tu peux essayer depuis l’extérieur : impossible d’entrer, car c’est verrouillé.
Mais depuis l’intérieur, la portière passager-avant se déverrouille et s’ouvre quand on actionne la poignée. C’est immédiat.

Pour l’arrière, c’est beaucoup plus compliqué (ou pas) : il faut actionner la poignée une première fois pour faire sauter le verrouillage, la relâcher, puis l’actionner de nouveau pour ouvrir la porte. J’ai lu que BMW faisait ça aussi (mais j’ai pas vérifié).

Donc voilà : même sans 12 V, même quand l’électronique ne marche plus, les portières s’ouvrent encore mécaniquement. Dans tous les cas depuis l’intérieur (quand la voiture est verrouillée ou non) et depuis l’extérieur (quand elle est déverrouillée, ou quand on utilise la clé mécanique de secours).

Il n’y a rien de sorcier.
Il n’y a rien d’anormal. Ce fonctionnement est sûrement le même sur une Clio, une 206 ou une Mercedes.

Et sinon, quand le 12 V est bien là, tu peux aussi forcer l’ouverture de la porte : en roulant par exemple, ça marche. J’ai essayé aussi. En tout cas la porte conducteur. La poignée étant mécanique, elle reste actionnable.

Un système mécanique

Je sais — et je dis bien JE SAIS, car j’ai démonté la portière et je suis allé voir (pour un truc autre) — que le système de la poignée de porte de la Ioniq 6 modèle 2023 est mécanique.

Quand on tire la poignée (de l’intérieur) on tire sur un câble en acier qui vient actionner le crochet qui maintient la porte fermée. Je suis absolument formel sur ça. Les 4 portes sont concernées.

Voilà.

N’oublie pas de fermer les portes, de remettre le 12 V. Tiens-toi prêt, car l’alarme peut sonner. Appuis juste le bouton de déverrouillage de la clé pour désactiver ça.

Enfin : pour ouvrir le coffre — qui lui aussi, est électronique et automatique : je peux l’ouvrir ET le fermer depuis la clé — on peut aussi l’ouvrir manuellement quand on n’a pas de 12 V.

Chez moi il y a une trappe sur le côté gauche de la banquette. Derrière il y a une tirette (câble en acier) qui permet d’ouvrir le coffre. Enfin, ça le débloque : il faut encore le pousser vers le haut à la main. Et une fois que t’as accès au coffre, tu peux aussi déverrouiller le câble de recharge (s’il est branché), il y a là aussi un loquet d’urgence quelque part dans le coffre.

Et donc pas besoin de backup mécanique, quand le système est lui-même mécanique, avec un « add-on » électronique présent pour le look. Pas besoin non plus, dans ce cas, d’un câble rouge ou je ne sais quoi.

En fait je ne vois même pas le problème tel qu’il est sur ma voiture : tout est mécanique, je peux toujours sortir, mais les poignées extérieures sont électroniques pour les rétracter dans un soucis esthétique comme n’importe quel autre élément esthétique.

Ce que je n’ai pas essayé

Je n’ai pas essayé le cas du verrouillage « sécurité enfant » sur les portières arrière. Mais là, je pense et on peut être d’accord que si la porte ne s’ouvre pas, c’est voulu (by design).

Maintenant, est-ce ta Ioniq 5 modèle 2024/2025 est différente ? Possible (mais j’en doute).

Est-ce que les Tesla sont différents ? Sûrement. Mais je doute qu’ils n’aient pas intégré un système mécanique. Je sais qu’il y a deux boutons à l’intérieur sur les portières de Tesla. L’un est censé être mécanique (il me semble). Il faudrait tester tout ça sans 12 V là aussi.
Su les Tesla 3, la poignée pivote à la main. Sur les S et X, je crois, que c’est pas pivotant mais rétractable. Donc moins simple à faire sortir de l’extérieur. Est-ce que c’est spécifiquement ça que les chinois veulent interdire ? Je ne sais pas.

Est-ce qu’il existe des voitures où tout, absolument tout est électrique ? Probablement aussi. Et je suis d’accord que ceci est une connerie et un danger. En particulier pour une porte de sortie.

Pour nos voitures, en tout cas, pour la version Europe. Si le régulateur chinois, américain ou anglais n’oblige pas un système mécanique pour ouvrir une portière de voiture de l’intérieur, honte à eux. Mais pour le coup, je sais que le monde entier crache sur l’UE pour ses régulations parfois à la con, mais je sais aussi que moi je ne resterai pas dans ma voiture si elle crame et que plus rien ne marche…

… tout en ayant des poignées affleurantes, et à rétractation automatique. Bref, le meilleur de tous les mondes. Donc je ne vois pas de problèmes pour moi.

Et sinon, en dernier recours, j’ai ça :

i
Un marteau brise vitre et coupe ceinture

10 € pour les deux, sur Amazon. C’est pas cher pour sauver sa peau.
C’est obligatoire dans toutes les voitures neuves aux Pays-Bas (il me semble). Ça devrait l’être partout, je trouve.

Je rappelle que si vous tombez dans un lac, la portière ne s’ouvrira pas car l’eau appuie dessus, avec une force de plusieurs tonnes. Une seule solution : briser la vitre avec un tel truc. Si vous n’en avez pas, dégondez l’appuie-tête et utilisez les barres d’acier de ce dernier (mais attention : l’eau va s’engouffrer et il faudra se dépêcher pour les autres passagers).

Et à n’importe qui avec une voiture moderne : faites des essais. Débranchez le 12 V et demandez-vous comment entrer ou sortir de la voiture. C’est le minimum, et ça vous évitera de chercher en panique soit un lundi matin avant le boulot, soit en cas d’urgence, sur votre voiture, ou sur une autre si vous êtes témoin d’un accident avec des gens coincés.

Il est préférable d’être préparé. Pour vous, pour les autres.

Mes astuces pour réaliser de bons tutoriels

Friday 3 October 2025 à 18:54

Image d’un robot écrivant des tutoriels.
Ça fait une quinzaine d’années que je participe (ici ou ailleurs) à rédiger des tutoriels ou des instructions pour réaliser certaines opérations ou enseigner des trucs. Je ne prétends pas détenir la formule secrète qui permet à coup sûr de faire « un bon tuto », mais je constate quand-même que si un tuto ne dispose pas d’un minimum de choses, il n’arrivera pas a être « bon ».

Voici ici les points que je juge essentiel.

Rien n’est trivial

C’est probablement le point le plus important de tous.

Pas seulement dans un tutoriel, mais tout le temps quand on transmet une information. Il faut tout expliquer.
Tout doit venir de la personne qui explique, car personne ne dira qu’il n’a pas compris, et personne n’a jamais de questions quand on leur demande s’ils en ont. C’est un problème humain, oui, mais c’est à nous d’en tenir compte.

Dans un document écrit, cela ne coûte rien de prendre quelques lignes de plus pour approfondir un peu les explications, y compris de choses que vous jugez simples.

Aussi, précisez votre vocabulaire. Il peut être utile de définir ce dont on parle : soit directement dans le texte en définissant un terme ou un sigle, soit à l’aide d’un lexique, au début ou à la fin du document, ou bien en bas des pages, voire dans un autre document qui lui définit les termes.

Par exemple, quand je dis que sur Windows 10, on peut activer le compte administrateur avec la commande net user Administrateur /active:yes, une partie du public ne sera pas vraiment avancé : où cette commande doit-être être lancée ? Comment y accéder ? Quels sont les pré-requis ? Comment savoir si la manipulation a fonctionné ? Comment l’inverser ?

Quand une instruction indique « mettez la machine en route.1 » : comment on fait ça ? Où se trouve le bouton ? Faut-il brancher quelque chose ? Comment on l’éteint ensuite ? Ces choses-là devraient être mentionnées.

J’opère professionnellement sur des appareils où il y a jusqu’à 5 étapes à faire dans l’ordre pour que l’appareil soit opérationnel (et ça c’est sans compter le branchement de la machine). Je connais ces étapes, mais que faire si je ne suis pas là et que ces manipulations ne sont écrites nulle part ?

Je considère qu’un bon tutoriel ou une bonne instruction doit pouvoir être suivie par n’importe quelle personne qui tombe dessus.
Et malgré les apparences, ce n’est pas simple de faire une instruction précise et complète.

Tout a une raison d’être

Écrivez le but de tel ou telle manip, telle ou telle chose à faire, ou à un pas faire. Quand on écrit d’utiliser un tournevis philips plutôt qu’un cruciforme, dîtes pourquoi. Car l’opérateur qui tombera dessus, ne le saura pas forcément. Car l’opérateur qui tombe dessus ne connaît peut-être pas la différence entre un philips et un cruciforme.

Car si l’usage d’un outil approprié est connu pour produire des problèmes, il faut que l’on soit prévenu. Je travaille personellement dans l’aéronautique : une erreur de manipulation ou de suivi d’une instruction, et ce sont des vies de perdues. Dans mon travail, je ne parle pas d’une erreur de choix de type de café à la machine, dont les conséquences sont absolument minimes. Dans mon cas, une erreur, et l’avion s’écrase.

Si un traitement thermique indique 180 °C, ce n’est pas 170 °C, ni 190 °C. Il faut expliquer pourquoi dans les instructions. Peut-être pas aller en détail jusqu’à la chimie ou la cristallographie du matériau, mais au moins expliquer les conséquences d’un travail bâclé.

Dans une instruction quelconque, il peut être utile d’expliquer ces étapes. Pour un tuto informatique, ajoutez des commentaires dans le code source, ou en face des lignes de commande à taper dans un terminal.

Dans un tuto de cuisine, on peut ajouter une ligne expliquant pourquoi le poivre ne s’ajoute qu’à la fin de la recette. Ou pourquoi le respect du temps d’infusion d’un cru de thé est important : trop court, ça n’a pas de goût (mais la caféine est très active), trop long et un thé vert sera amère. Tout ça reste au goût du consommateur, mais on peut supposer que des experts sont passés là avant pour créer une consigne qui soit convenable à la moyenne des gens.

Idem quand on fait un cours de math sur les dérivées ou les primitives : c’est bien joli de connaître de faire les dérivées, mais si l’on ne dit pas ce qu’est une dérivée matériellement parlant, ça restera abstrait, mal compris, donc mal appris aussi.

Savoir à qui l‘on s’adresse

Le premier point de cet article en appelle un autre : le public visé.

Il est primordial de savoir à qui on a à faire : s’adresse-t-on à un public totalement novice ? intermédiaire ? expert ?

En effet, dans le cas d’un tutoriel informatique, par exemple sur l’installation et l’utilisation d’un logiciel, le novice (typiquement : votre grand-mère) a besoin de quelques lignes de plus pour savoir « comment installer un logiciel », alors que l’expert n’en a pas besoin. Pour l’expert, on pourra passer directement aux étapes intéressantes sans s’attarder. Mais il faut être sûr que personne d’autre qu’un soi-disant expert va utiliser votre document.

Dans le domaine professionnel, on peut limiter l’accès du document aux seules personnes habilitées, formée, certifiée. Dans ce cas, il faut le mentionner : « la manipulation qui va suivre ne doit être réalisée que par des personnes disposante d’une habilitation XYZ ». Une personne habilitée a été formée pour certaines opérations précises, et est tenue de connaître certains termes précis. Ou, à défaut, est assez compétent pour savoir mettre une machine en route sans lui expliquer comment fonctionne un bouton on/off.
L’on pourra dans ce cas se dispenser de mettre certaines explications triviales pour ce public.

S’assurer qu’une personne est habilitée ou formée, c’est le gage qu’elle sait ce qu’elle s’apprête à faire et connaît les termes associés.

Soyez précis

Mettre, dans un tuto, des expressions comme « effectuez l’installation en suivant la procédure normale » ou « manipulez ce produit avec les précautions appropriées » ou « effectuez la manipulation selon les instructions adéquates » ça ne sert à rien.

Déjà, que signifient « normale », « appropriées », « adéquats » ? Ces termes sont subjectifs : ce qui est « normal » pour quelqu’un ne l’est pas pour quelqu’un d’autre.

Ensuite, quand on parle de « procédure » ou « d’instruction » : lesquelles cible-t-on ? Portent-elles un nom ? Un numéro ? Un indice de révision ? Si oui, il faut l’ajouter : déjà ça ne coûte rien d’être précis, et ça ne peut qu’aider celui qui va lire, et ensuite cela lève absolument toute ambiguïté, et ça, c’est également important.

Indiquez également où se trouve le document ou qui peut nous le fournir.

Par exemple : pour la manipulation d’un produit chimique, les précautions appropriées doivent suivre les recommandations du système général harmonisé de classification et d’étiquetage des produits chimiques. Si c’est le cas pour votre instruction, il faut le mentionner par une référence : une liste de documents de références, un lien si vous êtes en ligne, sinon un extrait du document source.

Plus généralement, quand on réfère à un autre document, liez-le. Quand on réfère à un appareil ou un outillage, donnez sa référence précise (et pas « outillage approprié »).

Soyez pratique

Avant de commencer la rédaction d’un tuto ou d’une instruction, donnez les pré-requis : de quoi va-t-on avoir besoin ?

Les instructions de chez Lego ou de chez Ikea sont claires : elles commencent toujours par lister les pièces présentes dans le produit et celles que l’on devra avoir pour monter le meuble (marteau, tournevis, une surface plane…).

En informatique, pour l’installation d’un programme, donnez la liste précise des fichiers et programmes, ainsi que des permissions nécessaires (admin…). Précisez immédiatement le système d’exploitation visé et sa version.

Rien de plus décevant que de télécharger un fichier dmg ou .deb quand alors qu’on est sous Windows.
Rien de plus frustrant que de chercher partout un menu qui n’est pas affiché, car on n’est pas connecté en administrateur.
Rien n’est plus énervant que de vouloir installer une nouvelle machine dans un atelier pour se rendre compte qu’il manque une prise électrique triphasée 380 V ou une arrivée d’eau.

Suivez votre propre instruction

Vous écrivez votre tutoriel de mémoire ? Vous allez oublier des choses ou inverser des étapes.

Rédigez votre tutoriel en même temps de faire les manipulations : tout ce que vous faites doit se retrouver sur le papier.

Ensuite, recommencez tout en suivant votre tutoriel et en vous mettant à la place d’un novice. Si quelque chose manque ou n’est pas à sa place, ça se verra et vous éviterez à votre public des heures d’arrachage de cheveux.

Enfin, idéalement, donnez votre tutoriel à quelqu’un de novice et faites le lui suivre. S’il manque des choses ou si certains passages sont confus, dites-lui de vous les signaler, ou de les noter. Modifiez ensuite votre document.

Cette façon de faire permet de s’assurer que votre tutoriel ou instruction fonctionne, et pas seulement pour vous, mais aussi pour une autre personne susceptible de se retrouver devant la machine.

Utilisez le bon vocabulaire

Un bouton n’est pas un câble, ni un interrupteur, ni un menu sur un écran.
Tout comme Internet n’est pas Edge, ni Google, ni SFR.

Les mots ont un sens : choisissez-les soigneusement.
Le vocabulaire est technique ? Définissez les termes ! Soit dans un lexique, soit dans un chapitre dédié du document.

Toutes les bonnes instructions ou manuels d’utilisateur fonctionnent comme ça : ils commencent tous par lister les termes, sigles ou pictogrammes employées dans les documents. Il faut se rappeler que le but c’est de permettre à quelqu’un d’autre de reproduire une procédure, une suite d’actions à opérer dans un cas précis pour obtenir un résultat donné. Il faut que l’ensemble soit le moins ambigu possible, et pour ça le choix des mots est important.

Utilisez la RFC 2119

Les RFC ce sont des recommandations techniques sur internet, mais on peut les appliquer ailleurs.
Dans une instruction, certaines manipulations sont obligatoires, d’autres seulement recommandées. Certaines sont déconseillées, mais d’autres sont carrément interdites. Enfin, certaines sont optionnelles.

La RFC 2119 est simple et définit ce que signifient les termes comme « doit », « devrait », « peut » ou encore « peut ne pas » ou « ne peut pas ».

La RFC 2119 normalise ce vocabulaire et précise quand quelque chose doit être obligatoire au lieu de conseillée, ou encore interdite au lieu de déconseillée… ou alors facultative ou optionnelle. Inversement, la RFC décrit aussi le comportement à adopter quand on a une action ainsi qualifiée. Et ce que ça signifie pour le processus en cours.

Par exemple, une action déconseillée peut être réalisée dans certains cas où elle s’avérerait utile, mais ne devrait pas être faite autrement. De même, une action simplement conseillée devrait être faite, mais pourrait ne pas être faite s’il existe une raison où cette action serait inutile (ou impossible, ou inappropriée).

C’est assez bête, ça peut sembler ridicule, mais quand une instruction dit « doit », alors ce n’est pas la même chose que « peut ». Dire « vous pouvez désormais appuyer sur ce bouton » ce n’est pas la même chose « vous devez désormais appuyer sur ce bouton ».

La RFC 2119 devrait selon moi être appliquée partout. Encore une fois, les mots ont un sens et les employer correctement évite des frustrations, des erreurs, et des accidents. Inversement, la lecture de ces mots doit suivre ce qu’ils énoncent : si une ligne est obligatoire, elle doit être exécutée, sinon le résultat attendu ne sera pas là (et ça ne sera pas le problème de l’instruction).

Le but d’une instruction est d’aider l’opérateur, mais elle permet aussi de dédouaner le constructeur. Si l’instruction indique qu’une opération « doit » être faite, mais que l’opérateur ne l’a pas fait faite et que maintenant la machine est en panne, la responsabilité est celle de l’opérateur, pas du constructeur (typiquement une opération de maintenance, par exemple).

Conclusion

Si je devais résumer tout ça :

Notes

[1] : Et écrivez bien « mettez la machine en marche » et non pas « allumez l’appareil », car vous pourrez être sûr qu’un jour quelqu’un va littéralement l’allumer. Avec du feu.

Image d’en-tête par Google Gemini (IA).