Site original : le hollandais volant
Pour ma voiture, je change d’assurance assez régulièrement. C’est la seule solution ne pas trop subir les augmentations successives, la fidélité d’une année sur l’autre étant rarement récompensée.
Pour 2025-2026, j’avais choisi l’assurance Léocare. Eh bien… quelle erreur.
Je vais être bref et décrire pourquoi c’est de très loin la pire expérience en matière d’assurance auto que j’ai jamais eu, du début à la fin.
Une quinzaine de jours après la souscription, je me fais repérer par les gendarmes qui me font signe de sortir de l’autoroute. Je m’exécute (car je ne suis pas un petit merdeux qui refuse d’obtempérer).
L’agente me signale que mon véhicule apparaît en rouge sur leur système embarqué de lecture automatisé des plaques d’immatriculation (LAPI), leur signifiant que mon véhicule n’est pas dans le fichier des véhicules assurés (FVA).
Je leur dis que je suis pourtant bien assuré et je montre mon mémo assuré que j’avais imprimé. Je leur précise que j’ai changé d’assureur il n’y a pas très longtemps.
L’agente comprend alors la situation : le nouvel assureur n’a pas fait son boulot. Elle me dit d’engueuler (sic) mon assureur car normalement c’est fait en 2-3 jours. On me laisse repartir.
J’ai contacté Léocare le soir même et ils font le nécessaire dès le lendemain après. Je n’ai plus eu ce problème depuis. Je suppose donc qu’ils avaient « juste oublié » de faire leur boulot.
Remarques :
En septembre 2025, la batterie 12 V de ma voiture arrive en fin de vie. Ce sont des choses qui arrivent et je détaille tout ça dans cet article. J’appelle donc l’assistance 24 h/24, et il est 06 h 30 du matin.
À 07 h, toujours rien.
J’appelle moi-même un dépanneur qui arrive en 20 minutes, démarre ma voiture et me permet de repartir dès 7 h 30 environ. Ce simple démarrage et déplacement me coûtera 170 € tout de même.
À 12 h 30, je reçois un SMS de confirmation de prise en compte de ma demande par Léocare. Sept heures pour répondre à une urgence ? C’est une blague ?
De plus, après ce SMS, je n’ai plus rien entendu de leur part : aucun dépanneur n’est jamais venu, aucun message, aucun appel. Bref, leur assistance n’a servi strictement à rien.
Quand je leur ai envoyé la facture du dépannage, on m’a envoyé balader : le fameux « spanous® ». Là aussi, l’on m’a répondu promptement.
Remarques :
Il m’est arrivé, au printemps 2026, de les contacter pour des demandes spécifiques. Notamment une demande d’assurer un trajet professionnel avec ma voiture perso (vu que mon contrat normal ne couvre pas cela). Leur réponse ? Nope. Pareil pour d’autres questions : Nope.
Nope. Toujours Nope. Que dalle. Ils ne savent rien, ne font rien, ne veulent rien savoir, et rien n’est possible.
La forme des réponses données par le tchat de Léocare me fait penser que c’est une IA qui répond ; pas un humain qui comprend la situation et fait son travail en m’expliquant les raisons de ces refus catégoriques. À défaut, j’aurais accepté une solution alternative, une piste à étudier : le conseil c’est aussi leur travail, non, aux « conseillers » ?
Les assurances temporaires, les dérogations, les avenants, les transferts d’assurance… ce sont des pratiques qui se font dans le milieu. À la place, ils refusent, sans me dire pourquoi. Ce sont leurs méthodes.
Qu’on refuse, c’est une chose que je peux accepter (tout en restant une raison valable pour moi de me barrer de chez eux), mais l’opacité, elle, ne l’est pas. J’estime qu’ils auraient pu dire s’ils ont pour politique de ne jamais faire de dérogation, ou si c’est juste moi le problème.
Bien-sûr, les agents virtuels à la con ne savent pas faire ça, et c’est ça qui ne fait croire qu’il n’y a plus que des bots chez eux.
Remarque :
À la fin de l’année de souscription, juste avant de changer d’assureur, il me faut donc mon relevé d’information.
Bah devinez quoi ? Léocare refuse de le mettre en ligne. C’est une pratique courante : ils donnent tous les documents en PDF (conditions générales, devis, conditions particulières…), sauf le relevé.
Généralement les gens veulent ce document pour changer d’assurance. Ils ne lâchent donc pas le PDF sans s’agiter pour essayer de vous retenir.
Pour avoir le relevé d’information, il faut leur demander via le tchat. Chose que j’ai donc faite.
J’ai insisté au-dessus sur leur réactivité. Ici, curieusement (ou pas), ils mettront deux jours ouvrés pour me le donner. Et encore : je n’ai eu le PDF qu’après leur avoir envoyé un e-mail de réclamation leur sommant de m’envoyer le fichu papier (le tchat m’a répondu 5 minutes après avoir envoyé l’e-mail ; mais c’est sûrement une coïncidence). Les menaces, y a que ça qui marche, c’est fatiguant. Fatiguant et honteux de leur part.
Il faut savoir que chaque jour où ça traîne, ça fait traîner des trucs en cascade derrière pour le client.
On parle de procédures où les dates font foi et où chaque jour est important et décompté.
Ils savent très bien ce qu’ils font : chaque jour de retard pour moi est un jour de gagné pour eux.
Comme si ça ne suffisait pas, lorsque j’ai mandaté un nouvel assureur pour prendre le relais après les 1 an chez Léocare, le nouvel assureur a envoyé un recommandé (électronique) pour informer Léocare que mon contrat sera résilié à l’échéance. Je reçois l’accusé de réception le lendemain. Donc Léocare est réputé informé (le principe de la LRAR).
Une semaine après, Léocare m’envoie un nouvel échéancier de paiement pour l’année à venir, ainsi qu’un appel à cotisation pour 2026-2027. Pardon ?
Après avoir pu tant bien que mal leur arracher une réponse sur leur tchat (après 2 jours à nouveau…), ils me disent qu’ils n’ont « malheureusement pas eu connaissance de [ma] demande de résiliation ».
Quel bordel.
Après une énième discussion (ils ne répondent pas, donc le ticket est fermé — top stratégie client, dites-moi !), ils me disent que je dois attendre la fin de la période d’engagement pour envoyer ma demande.
Ceci est évidemment FAUX. La loi Chatel dispose que la demande de résiliation peut intervenir jusqu’à 2 mois avant, du moment que la date de fin du contrat reste bien la fin de la période d’engagement d’un an (voir là, là, là).
Dans mon cas, la date de fin d’engagement est le 19 juin. Mon nouvel assureur a envoyé le courrier début mai. On est parfaitement dans les délais. Je resterai assuré chez Léocare jusqu’au 19 juin, et dès le 19 juin c’est mon nouvel assureur qui prend le relais.
ÉDIT : j’apprendrais plus tard, après avoir saisi la répression des fraudes (via Signal Conso), que le courrier mentionnait Loi Hamon, pas Loi Chatel, d’où ce refus (le premier est à appliquer après l’échéance, le second avant, pour prise d’effet à l’échéance).
Fait « amusant » : quand il s’agissait de souscrire chez Léocare en 2025, ils avaient très bien envoyé la lettre à mon assureur précédent avant la date d’échéance, en mentionnant « Loi Hamon ».
Pour ça je maintiens : ils savent exactement ce qu’ils font pour faire traîner les procédures et gagner du temps en pinaillant volontairement sur des détails qu’ils savent très bien ignorer quand ça les arrange. C’est comme la souscription : elle se fait en 2 clics, mais pour résilier, c’est la croix et la bannière : LRAR, délais, refus…
Quoi qu’il en soit, mon nouvel assureur leur envoi une nouvelle e-LRAR mentionnant « Loi Chatel ».
(Ajoutons que ce n’est pas ce nouveau courrier qui m’a fait obtenir la résiliation, mais le fait d’être passé par SignalConso (la DGCCRF), où je dénonce ces pratiques ridicules, et où quelqu’un — pas un bot, visiblement — prend note de façon intelligente de ma volonté de résilier et la met en place : bref, il faut passer par le gendarme de la répression des fraudes pour que nos démarches soient prises au sérieux. À nouveau, ce n’est pas normal.)
Désormais, en France, pour tous les contrats à reconduction tacite, l’assureur doit envoyer au moins 2 mois avant un courrier ou un e-mail décrivant notre droit de résilier. Aucun format n’est imposé : cette indication peut être inscrite dans l’appel des cotisations pour l’année à venir, par exemple. Lisez donc bien tout, car ça sera forcément caché. On a alors 20 jours pour y répondre, par exemple en envoyant une LRAR pour résilier à l’échéance.
Là où Léocare sont « malins », c’est que pour une date d’échéance au 19 juin, ils m’ont adressé un document en PDF par e-mail daté du 16 avril. J’ai donc jusqu’au 6 mai pour répondre. Ce « 16 avril » est la date écrite sur le PDF. Le PDF en question, je l’ai reçu… le 15 mai ! Autrement dit, bien après l’expiration des 20 jours.
Vous voyez le truc ?
Par un heureux hasard — vraiment un hasard — j’avais souscrit chez mon nouvel assureur le 6 mai, et ces derniers avaient envoyé la LRAR le 6 mai également. J’étais donc dans les délais. Mais vous trouvez normal que mes droits dépendent du hasard ? Le 6 mai, je n’avais pas encore reçu leur PDF du 16 avril, je rappel.
ÉDIT : toujours après leur réponse suite au signalement via la répression des fraudes, j’apprends que la date en bas du courrier est une date « technique », celle de l’édition du courrier, mais que le délai court à la réception du courrier. Soit.
Sachant que ceci est envoyé par e-mail, j’aimerais bien savoir comment ils font pour savoir si oui ou non je suis dans les délais, sachant qu’ils ne savent pas quand je vais recevoir mon e-mail !
Dans le cas d’un litige, si je gère une demande avec ce courriel, déjà cela prouvera que je l’ai lu, et donc effectivement reçu, mais aussi la seule date dont je peux attester, c’est celle du courrier, le 16 avril. Je n’ai aucune preuve de l’avoir reçue seulement un mois après. Leur explication « le délai cours à partir de la date où vous recevez l’e-mail » est donc du flan : ils savent que je ne pourrais rien prouver du tout.
Oui, je peux fournir les entêtes de l’e-mail reçu — et je l’ai fait via Signal Conso — mais ce n’est pas une preuve, sauf peut-être une preuve de ma bonne foi. Leur défense pourrait très bien dire que j’ai altéré les en-têtes, d’autant que je ne suis pas chez GMail ou Outlook qui pourraient servir des tiers de confiance, mais sur un serveur où je peux à peu près tout modifier. Donc nope : pour moi, la seule date à retenir, c’est celle du courrier, c’est uniquement celle-là qui est prouvable.
Remarques :
Chez Léocare, on te prend le pognon de ton assurance auto pour l’année, mais :
… et on me raconte des salades.
Donc : Léocare, plus jamais.
Je déconseille cette assurance.
C’est clairement la pire expérience que j’ai eue avec n’importe quelle société (sauf avec VendreDVD, peut-être).
C’est à un point suffisamment négatif pour partager l’expérience ici.
Où vais-je aller m’assurer ?
Je pensais aller chez l’assurance « Carapass » proposée par ma banque (BoursoBank, anciennement Boursorama) par le biais de Sogessur (groupe Société Générale), qui propose un tarif plutôt attractif pour mes besoins.
J’initie donc le truc en ligne. Quelques jours après, ils modifient le contrat initial par des avenants à coucher dehors. Notamment :
Soit. Mais les autres assurances ne m’ont jamais fait chier pour exactement le même document (et à vrai dire je n’avais même vu ce détail). Bref, un e-mail à l’assurance de l’époque pour obtenir le RI et je l’ai en 15 minutes et leur transmet.
Vous voyez que les dates sont importantes pour eux, quand ça les arrange ? Vous comprenez maintenant pourquoi moi aussi je les trouve importantes ?
Concernant le « document à la con » qu’ils exigent : ils veulent une attestation que ma voiture possède un mécanisme antivol de niveau SRA4, sans quoi je perds ma couverture vol.
Déjà : WTF ? C’est la première fois que j’entends parler de ça de ma vie. Ensuite, j’apprends que la protection SRA4 est un dispositif de série sur toutes les voitures depuis 30 ans (désormais on est même à SRA7, au moins).
Un document qui atteste de cette protection, c’est donc comme produire une attestation que ma voiture possède bien un moteur et des roues : c’est ubuesque. À qui je demande ça, franchement ? Le SAV de Hyundai France ayant un service client similaire à Léocare, c’est peine perdue d’essayer de leur demander quoi que ce soit. Je connais mieux la voiture qu’eux.
L’opérateur de Sogessur au bout du fil ne comprenait pas non plus cette demande, qui n’est jamais demandé habituellement. Ça ne l’empêche pas de bosser pour la société qui la demande noir sur blanc dans un document contractuel, ni d’annuler cet avenant (problème, donc, qui ne sera jamais résolu).
Je leur envoie un e-mail pour dire que je refuse l’avenant. Cinq jours après, toujours pas de nouvelles.
Excédé, je leur envoie une LRAR en disant que je résilie le contrat (en plus d’un e-mail ; en plus d’avoir essayé de résilier le truc en ligne, mais qui me sort la fameuse « erreur technique, veuillez réessayer », je ne l’invente pas). Les conditions générales stipulent que je peux le faire en cas de désaccord avec une hausse de la prime d’assurance, ce qui est exactement le cas ici. Il s’agit d’un motif légitime. Ajoutons qu’ici, la couverture n’a même pas commencé.
Quinze jours après, la LRAR et mes e-mails ne sont toujours pas pris en compte et je n’ai aucune nouvelle.
À J+16, je reçois un mail disant qu’un document m’attend. Je vais voir dans l’espace client : que dalle. Rien de neuf.
C’est n’importe quoi. L’opérateur au téléphone me dit 24 à 48 h pour prendre en compte les documents. On est à 2 semaines. Je ne veux pas travailler avec des gens comme ça.
Après 3 semaines, je les appelle pour la troisième fois. Lors des autres appels, l’opérateur m’avait dit ne pas avoir accès aux e-mails que j’ai envoyé. Étrangement, cet opérateur-ci a tout sous les yeux.
Je résilie enfin le truc. L’on me dit que je recevrai immédiatement après un e-mail validant la résiliation. Évidemment, je ne reçois rien immédiatement après : j’ai reçu la notif le lendemain — puisque je vous dit qu’ils font tout traîner.
Ah, et début juin, soit bien après tout ça, je reçois un courrier papier de la part de Sogessur où ils disent avoir reçu ma LRAR (c’était il y a un mois, hein). Ils résument mon courrier afin d’y répondre. Ils expliquent le coup de la prime d’assurance de +40 % par le fait qu’un de mes relevés d’information de mes assureurs précédent n’avait pas été pris en compte, car il manquait deux jours dessus. Pour rappel, j’avais reçu un e-mail expliquant le refus du document, mais j’avais alors aussitôt envoyé un RI conforme ; nouvel RI qui n’a jamais été pris en compte par Sogessur, et la prime d’assurance n’a jamais été remis au tarif pour lequel j’ai signé.
Pour moi, donc, leur courrier est inutile : ils ne reconnaissent pas leur erreur pour ne pas l’avoir corrigé, n’ont jamais pris en compte mes documents, ont toujours un délai de réponse qui se chiffre en semaines.
Trois raisons de ne pas rester.
L’on me confirme, enfin, dans ce courrier, que ma résiliation est prise en compte. Ça c’est important, et il faut le conserver.
Gros lol final : ils regrettent de me voir partir.
Heu vous savez… si je rentre dans un restaurant, que je commande un burger à 10 €, que le serveur arrive pour me dire que finalement c’est 14 €, qu’il se casse quand je demande pourquoi, qu’après 2 heures j’attends toujours, faut pas « regretter » que je quitte l’établissement. Ni que je partage cette expérience de merde.
Ici c’est pareil.
Bon, il me faut tout de même une autre assurance. Laquelle ? Bah c’est assez simple : une agence physique. Celle chez qui j’étais il y a quelques années, et de qui j’ai reçu le RI en moins de 15 minutes par e-mail et sans broncher. Celle qui, de mémoire, a toujours été rapide.
Ouais ils sont plus chers, et pas qu’un peu : +20 % environ. Raison d’être parti par le passé.
Mais quitte à payer plus cher, au moins que ça soit justifié par un service client impeccable. J’imagine que c’est le prix des choses.
Cela reste révoltant qu’il faut choisir entre un tarif accessible et un service convenable. Oui, les assureurs en ligne sont bien moins chères, mais je sais maintenant pourquoi. Et tout ça, c’est uniquement pour du bullshit administratif : il n’a jamais été question d’un quelconque sinistre. Je n’ose pas imaginer avoir à faire à Léocare ou Sogessur dans un cas pareil.
Non, je n’ai pas choisi les procédures les plus simples, avec de multiples assureurs à gérer en même temps. Mais si Sogessur n’avait pas augmenté mon tarif par rapport au devis et l’offre de prix, s’ils n’avaient pas mis 3 semaines pour prendre en compte mes documents (et encore, après 3 semaines, je ne sais toujours pas s’ils sont pris en compte), je serais peut-être client chez eux.
L’assurance chez qui j’ai signé a pris en compte les documents en 5 minutes. Je leur ai envoyé, le temps d’aller à l’agence en sortie du travail, ils avaient préparé le dossier, m’avait fait une offre de prix et après lecture, quelques clics, un SMS de validation, tout était signé et validé. Et la LRAR envoyée le soir même. Y a quand-même une sacrée différence, non ?

Avec toutes les fuites de données, que ce soit des entreprises privées, ou des services publics, les scameurs finissent par avoir toutes nos informations : adresse, nom, téléphone, e-mail, date de naissance; mais aussi IBAN, numéro de sécurité sociale, copie de nos passeports, plaque d’immatriculation, numéro de badge de télépéage…
Aussi, il leur devient facile de se faire passer pour la sécurité sociale, par exemple, et nous demander de payer pour obtenir une nouvelle carte Vitale : un e-mail devient beaucoup plus crédible s’il mentionne notre adresse, nom, numéro SS…
Le temps où les scammeurs arrosaient tout le monde en espérant tomber sur quelques personnes concernées est révolu : ils peuvent désormais cibler des spam et être sûr de nous faire douter.
Par exemple, je ne suis pas client chez Groupama Banque. Cela ne m’a pas empêché de recevoir des mails soi-disant de mon conseiller Groupama. Dans ces cas là, le mail est un frauduleux à 100 %. Il n’y a aucune chance que ce soit un e-mail légitime.
Mais si je suis client chez Boursorama, et que je reçois un e-mail de Boursorama, comment être sûr ? Comment savoir si l’e-mail est légitime ou frauduleux ?
Et ces cas là, qui ne sont pas dues au hasard, arrivent de plus en plus.
Il a quelques moyens d’éviter de se faire avoir, et en tout cas de bonnes pratiques pour se protéfer. En voici quelques-unes.
Ne cliquez pas aveuglément sur un lien dans un e-mail.
C’est tout. Ne cliquez pas.
Si vous cliquez, le scammeur sait que vous avez cliqué, même si vous n’avez « que » cliqué.
Un mail peut sembler provenir d’un site en particulier. Par exemple, en ce moment je reçois des spam se faisant passer pour Vinci Autoroute en disant que mon badge télépéage n’est pas passé et que je dois payer un certain montant.
Il se trouve que je dispose bel et bien d’un tel badge. En revanche, je n’ai pas pris le péage depuis des mois : cela met déjà la puce à l’oreille.
Mais il y a moyen d’être complètement sûr : l’expéditeur affiche, certes, Vinci Autoroute, mais l’e-mail caché derrière ne pointe pas au bon endroit.
C’est comme si je fais un lien appelé « Wikipédia » qui pointe en réalité sur Youtube : Wikipédia. C’est tout bête, mais faire attention à ça est généralement suffisant pour savoir si un e-mail est légitime :

Ici, on voit bien le « Vinci » en haut, mais l’e-mail est « admin@infrarent.fi ».
Cela se termine par « .fi », qui correspond à une adresse en Finlande. À aucun moment Vinci, un groupe français, ne va utiliser un site en Finlande pour envoyer ses e-mails. Cela est donc un mail frauduleux. À 100 %.
Qui plus est, j’ai reçu exactement le même e-mail depuis d’autres adresses : romeoheatherly@romeoins.com, noreply@vashiagency.com, etc.
Aucune d’elles correspondant de près ou de loin à Vinci.
Ci-dessus, il est assez clair que l’e-mail ne provient pas de Vinci. Mais parfois c’est plus subtile.
Un e-mail de Vinci finirait par « vinci-autoroutes.com », ou quelque chose lié à leur véritable site.
Les escrocs les plus évolués le savent, et peuvent créer le site « vinci-autoroute.com » par exemple : sans le « s » à autoroutes. Ce n’est pas le site officiel : c’est donc une arnaque.
C’est subtil, mais ça arrive souvent, et il faut faire attention.
D’autres exemples, réels, incluent :
Vous voyez la différence ? La première lettre passe d’un « M » à « RN ». Mais en minuscules, la différence est très subtile.
La différence, c’est le tiret au lieu du point. Pourtant cela change tout : le premier est légitime, le second est une fraude.
Ici, la lettre « o » de notre alphabet a été substitué par le « ο » (omicron) de l’alphabet grec. C’est impossible à voir. Mais le site web associé est bien différent.
Parfois c’est encore plus vieux !
Imaginez un e-mail qui vient d’une adresse pointant émanant du site légitime.
Imaginez que tous les liens pointent vers le site légitime.
Et bah cela peut toujours être une fraude. Déjà, dans un e-mail, je peux mettre l’expéditeur que je veux. Si je veux envoyer un e-mail qui semble venir d’Elon Musk, je peux : c’est à la portée de n’importe qui et un simple clic droit suffit (dans Thunderbird notamment).
Concernant les liens… Il existe des liens de redirection. Ils pointent vers le bon domaine — le vrai domaine légitime — mais ils peuvent rediriger vers un lien piraté, celui de l’expéditeur, du spammeur.
Un lien venu d’Amazon par exemple, commencerait par « https:∕∕amazon.com ». C’est légitime, non ?
Pas toujours : la suite peut être : « https:∕∕amazon.com/?redir=https:∕∕site-pirate.com ».
Bien sûr, histoire d’être plus discret, le lien vers lequel la redirection se fait peut être encodé, ou encore noyé entre un paquet d’autres paramètres d’URL bidons et à rallonges.
Bref, soyez très vigilant.
ET NE CLIQUEZ PAS DANS UN E-MAIL.
Je le redis : dans n’importe quel e-mail, ne cliquez pas.
Si le site invite à vous connecter par le biais d’un bouton, ne cliquez pas.
À la place, ouvrez directement votre application Vinci, ou le vrai site Vinci, puis connectez-vous directement. Sans passer par le lien dans l’e-mail.
Au moins, vous serez sûr d’être sur le bon site.
Ensuite regardez votre compte client : dans mon cas, avec les relances pour le télépéage, j’ai vu immédiatement que Vinci ne me demandait absolument rien et qu’il n’y avait pas de retard de paiement, ni d’incident avec mon badge.
Par conséquent, ces e-mails sont des fraudes.
Cette méthode est infaillible :
Sans cliquer dans l’e-mail.
Cela marche pour Vinci, mais aussi l’ANTS, Ameli Santé, et tout le reste :

J’insiste.
Prenez l’habitude de contourner les e-mails à chaque fois. Parfois les liens dans les e-mails sont très similaires aux adresses légitimes, mais ce sont des fraudes malgré tout.
Donc ne prenez pas de risques : ne cliquez pas.
À la place, allez directement sur le site depuis votre navigateur (ou l’application officielle), mais sans passer par le lien dans l’e-mail. C’est le plus important.

Mais la langue évolue !
Cette phrase est souvent brandie lorsqu’on défend la langue française, et qu’on essaie de respecter son orthographe, et de la faire respecter, et souvent comme une excuse pour s’autoriser des fautes.
La langue évolue, oui, c’est vrai. Mais en quoi cela devrait changer le fait que la respecter soit important ?
Cet argument n’est en rien une excuse pour ékrir nain porte coman. Sinon, autant y aller à fond et tout écrire en fonétik pour sinplifié, ou au contraire en allons-geant lhait phrazes heaut maksimmomme. Pourquoi pas, après tout ?
La langue, écrite ou parlée, est un standard, une norme, comme les autres.
Le monde et la vie courante tels qu’on les connaît aujourd’hui existent grâce aux standards.
Je vous assure :
Par contre, on est systématiquement embêté pour ce qui est du format de la cartouche, qui elle n’est pas standardisée et est inutilement différent selon les marques et modèles des appareils…
D’autres exemples ?
Vous vous souvenez du merdier que c’était lorsque tous les téléphones avaient un chargeur différent ?
C’était mieux avant peut-être ?
Et c’est ça partout : de la taille des vis pour l’industrie, aux diamètres des tuyaux de gaz dans votre maison, en passant par le format A4, la composition du carburant ou la quantité de pesticides au-delà de laquelle les aliments ne peuvent plus être vendus.
Il y a même un standard pour préparer du thé !
Ces normes, bien que contraignantes au début, finissent par nous simplifier la vie sur le moyen terme.
Une norme bien faite n’est pas synonyme d’un excès de bureaucratie inutile.
Le standard A4 (ISO 216) est une norme bien appliquée et bien utile, mais elle n’augmente pas spécialement la bureaucratie, que je sache.
Le fait qu’un standard fixe les règles de base ne les empêche pas d’évoluer. Sinon il n’en apparaîtrait jamais de nouvelles versions.
Du jour au lendemain, il peut apparaître un nouvel usage, ou une nouvelle amélioration d’un produit existante. Celui qui l’invente va alors créer un format d’utilisation qu’il juge approprié. Les autres acteurs qui vont se lancer sur le marché pour le même besoin vont soit produire leur propre format, soit utiliser celui déjà existant chez le concurrent. Le format, s’il est unique partout, bénéficie alors à toutes les parties, y compris le législateur et l’utilisateur final, et finit alors bien souvent en norme.
L’USB a changé en 25 ans : on est passé de l’USB-1, USB-1.1 à l’USB 2.0, puis l’USB-3.0, 3.1, et maintenant on commence à parler de USB-4.0. On retrouve la même chose pour la norme Wifi (ISO/CEI 8802-11) : Wifi A, B, G, N, AC, AX… C’est logique et le fait que ce soient des standards n’empêche en rien leur évolution.
Dire que « la langue évolue » comme une excuse à ne pas en respecter les règles, ça ne tient donc pas : la langue évolue, les règles évoluent, toutes les normes évoluent.
L’académie française n’a pas d’autorité.
Là aussi, c’est un argument parfois entendu. Celui-ci non plus ne tient pas.
En France, les règles de la langue française sont décrites et consignées par l’Académie française. Elle n’a pourtant aucune autorité officielle. Elle n’est là, si l’on veut, que pour consigner les usages et produire des règles qui définissent ce qui doit être compris par tout le monde. En somme, ils normalisent la langue française.
Et comme toutes les normes, elles ne sont pas obligatoires.
Oui, y compris celles de l’ISO.
Vous êtes surpris ?
L’ISO n’a pas d’autorité : ce sont les acteurs (l’industrie, les clients, parfois les états) qui décident de les respecter, parce que ça n’a que des avantages. Mais c’est purement par choix : l’ISO lui-même ne décide pas qui doit appliquer quoi. Ils fournissent un cadre, c’est tout, et les acteurs ensuite s’accordent pour l’utiliser ou non. Certaines standards finissent imposés par la législation, la plupart sont adoptés de facto, mais aussi beaucoup sont oubliés car mal normalisés ou peu pratiques.
Utiliser un cadre normatif fixe, c’est assurer à tout le monde de se comprendre. C’est grâce aux normes qu’un mécanicien peut commander une Vis M5 à tête creuse hexagonale en acier 316L et un pot de peinture Pantone 18-1755 TCX et obtenir exactement ce qu’il attend auprès de ses fournisseurs… et à son tour le vendre au client qui va lui aussi le comprendre.
Mais personne ne leur oblige.
Il n’y a guère que les normes de sécurité, les normes environnementales et les normes destinées à protéger le consommateur final contre les abus des industriels qui finissent imposées par la loi. Et encore : c’est bien la loi qui les impose, pas les organisme certificateurs (ISO, GSTüv, NF…)
Pour le reste, c’est le marché qui finit par les mettre en application.
En fait, un industriel va respecter une norme et demander à ce que ses fournisseurs le fassent aussi juste pour une question d’interopérabilité.
C’est tout.
Ah et puis la plupart des normes ne sont pas créées par l’ISO ou les autres organismes de normalisation, mais par les industriels qui créée un produit ou un cadre pour leur propres besoins. Ce sont ensuite les organismes de normalisation qui font formaliser tout ça noir sur blanc afin de permettre aux autres industriels d’en profiter aussi. Et pas seulement les industriels d’ailleurs. Cela leur assure une interopérabilité avec les produits de tout le monde.
Pour la langue, écrite ou parlée, c’est pareil.
Utiliser les règles d’une langue donnée n’est pas obligatoire. On peut aikrir kom aun vë. Mé sa 2vi1 trait v!t€ h4rd 2 s€ v€rstehen s1 0n fé wh4t€ver w3 w@n7, n33 ?
Utiliser les règles données ça permet deux choses :
Il y a une nuance : en respectant les règles, on est sûr, on peut être sûr, et on a le droit d’être sûr que l’interlocuteur en face va et doit vous comprendre.
Quand on dit que « nul n’est censé ignorer la loi », ça ne signifie pas que tout le monde doit la connaître par cœur. Cela veut juste dire que « je ne savais pas » n’est pas une excuse recevable pour se défendre devant un tribunal.
Pour la langue c’est pareil.
En France, le français fait office de langue officielle : en respectant les règles d’écritures standardisées du français en France, et pour tout acte officiel, un signataire ne peut pas dire « je ne comprends pas », s’il a préalablement déclaré qu’il était dans ses capacités à signer le contrat (incluant donc la capacité à le comprendre).
Ceci est important : lorsque l’on écrit quelque chose, notamment dans les domaines légaux ou techniques, il faut être sûr que l’autre partie ne va pas interpréter le texte à sa sauce. En utilisant des règles fixes, on peut ainsi considérer que l’autre va vous comprendre.
Cela revient à « obliger » l’autre à comprendre ce qui est écrit, tout ce qui est écrit, et rien que ce qui est écrit.
Les mots sont importants, et dans certains domaines l’emploi de certains termes sont même normalisés justement pour pas avoir à se recevoir des plaintes parce que nos procédures sont mal appliquées. Ces normes là, elles sont ici pour nous protéger.
Respecter les règles, c’est à votre avantage : ça vous dégage de votre responsabilité. Oui, c’est chiant, car c’est difficile, mais c’est nécessaire, même si pas « obligatoire ».
Une langue qui évolue, ça implique parfois l’apparition d’un nouveau mot ou une nouvelle expression, d’un nouveau sens à un mot ou une expression existante, ou alors une nouvelle orthographe.
Si un mot est trop difficile, l’usage va en favoriser un autre, ou bien simplifier l’existant. Ça se fait, ça s’est toujours fait.
Mais, il faut faire attention : si l’on invente un nouveau mot, il faut le faire correctement : on ne peut pas commencer à l’employer comme ça : personne ne va vous comprendre. Si vous êtes le seul à le connaître, et que vous l’écrivez partout, comment vous faites pour que les autres personnes en saisissent le sens ou la prononciation ? Sans même parler de l’accepter.
Idéalement, il faudrait créer une nouvelle définition. Par exemple comme ça :
fabradetion [/fa.bʁa.dɛ.sjɔ̃/] : n. f. – 2026.
action de fabrader – « Il pratique la fabradetion à haut niveau ».
(ce mot est inventé avec cet outil et est donné à titre d’exemple).
Là, ce nouveau mot a un sens, une prononciation, et tout le monde sait comment l’utiliser.
Enfin… ça c’est si vous voulez être compris des autres. Parfois, ce n’est pas forcément le cas non plus. Mais rassurez-vous : si suffisamment de gens finissent par utiliser un mot qui apparaît un peu de nulle part, il finira dans le dictionnaire. Soit comme un mot totalement nouveau, soit comme le synonyme d’un mot existant, possiblement attribué à un registre de langage particulier.
Tout ce qui se trouve plus haut constitue une liste de choses plutôt objectives dans les avantages d’observer les règles d’orthographe ou de grammaire d’une langue donnée. Il est objectif de dire que deux personnes qui respectent le même protocole communiqueront de manière plus facile et surtout plus fiable que deux personnes qui choisissent de communiquer dans un langage limité ou approximatif, voire différent.
L’impact sur la société peut évidemment être débattu, mais le point lui-même, non.
Tout ce qui suit est plutôt du domaine subjectif.
J’insiste sur une chose : les règles d’orthographe, de grammaire, de conjugaison, de syntaxe… bref, toutes les règles qui structurent une langue ne sont pas obligatoires si vous ne voulez pas les respecter. Du moment que toutes les parties s’accordent pour se comprendre autrement, ça ne doit pas vous empêcher de communiquer.
Elles sont seulement pratiques : elles vous assurent d’être compris par les autres, car on écrit rarement uniquement pour soi.
Si l’on apprend les règles de la langue française à l’école en France, c’est très précisément pour nous préparer au monde que l’on doit comprendre, et qui doit nous comprendre.
C’est pour ça que l’on est évalué sur ça à l’école, et que l’on est jugé sur cela lors des entretiens d’embauches par exemple : l’école sert à nous préparer à la vie, et la maîtrise d’une langue commune à nos semblables en fait partie.
Comprendre les autres et se faire comprendre des autres est quelque chose de très important au travail. Si votre CV est plein de fautes, l’on met facilement en question vos capacités à communiquer, et donc à remplir les tâches demandées au poste auquel vous postulez. L’on considérera que vous ne conviendrez pas. À tort je ne sais pas, mais dans un marché tendu, on n’a pas le temps : on regarde ce qu’on a et on passe à la suite. C’est comme ça. Il en est sûrement autrement si le nombre de travailleurs est le facteur limitant, mais ce n’est pas trop le cas.
Et pas seulement au travail : si vous ne parlez qu’avec votre propre langage, comment voulez-vous espérer vous faire comprendre par vos amis et toutes les autres personnes autour de vous ?
Sur ce blog, et ailleurs, je m’efforce d’écrire dans un français correct, c’est-à-dire qui respecte les règles d’écritures de la langue française.
Je fais ça par plaisir, car j’aime les règles, les normes, les syntaxes, ce genre de trucs.
C’est comme un jeu, on peut dire (on s’amuse comme on peut). Je viens d’un univers de maths, de science, de programmation, où les règles de syntaxe sont autrement plus importantes que dans le langage parlé. Dans ces domaines, la position d’une seule virgule ou d’un point-virgule font passer un calcul ou un programme de parfaitement fonctionnel à totalement inutile, parfois avec des conséquences sur toute la société.
C’est la position d’une virgule qui a créé la légende urbaine avec Popeye et les épinards, ou encore plus récemment, sur la présence de microplastiques dans les cuillères de cuisine en plastique noir.
Bien sûr que je vais vous comprendre si vous oublié une conjugaison. Et vous aussi, la preuve dans la phrase précédente. Là n’est pas tellement le souci.
Mais, on va pas mentir : l’être humain juge en permanence, même de façon inconsciente. C’est l’absence de jugement qui est, le plus souvent, quelque chose d’actif qui demande un effort. À noter que le jugement n’est pas spécifiquement négatif, ni suivi de conséquences.
Pour moi, selon les circonstances évidemment, et en première approche, voir un texte négligé, ça me donne juste envie d’en négliger la valeur à mon tour.
Cela demande un effort, premièrement d’essayer de décrypter un texte à l’orthographe au mieux non conventionnel, et deuxièmement d’essayer de ne pas trop juger sur la forme si le fond reste intéressant. Or ces efforts, il faut avoir envie de les fournir.
Comment se motiver à ça, si la personne en face ne fait sa part d’efforts pour nous faciliter les choses ?
Si l’on veut être compris, on fait l’effort pour ça, c’est tout.
L’on n’est plus dans la technique, ni dans les avantages objectifs décrits bien plus haut, aussi chacun aura sa vision sur ça : il n’y en a pas de mauvaises.
Enfin : il y a des fautes d’orthographe qui sont plus embêtantes que d’autres : la plupart n’induisent pas de problèmes de compréhension. Mais d’autres, si. Et quand il s’agit d’un texte important (contrat, loi, document technique…), la moindre faute peut avoir des conséquences très graves, au même titre qu’une erreur numérique dans une norme de sécurité, par exemple.
Image d’en-tête parodiée avec google Gemini
TL;DR : du moins pas celles qu’on croit. Et je parle de bornes, car ce dont on a besoin ce sont surtout des prises.
Avec la traditionnelle et quasi annuelle pénurie d’essence, on voit les gens faire la queue aux stations Total (les moins chères actuellement), bouchant tous les centres villes et s’énervant à attendre plusieurs dizaines de minutes… Bref, faire exactement ce qu’ils pensent — à tort — ce qu’est la vie avec une voiture électrique.
Évidemment, les urluberlus du fossile viennent ensuite te sortir les arguments habituels. Parmi ceux-là, le prix des voitures est et l’accès à une prise, selon moi, sont les seuls qui tiennent. La plupart des autres sont totalement faux (attente, autonomie, problème des batteries, etc.).
Un des arguments, par contre, est mal compris : « il faut des bornes partout, et ça coûte cher ».
Je ne suis pas d’accord avec ça.
Je ne sais pas si je suis un rouleur standard, mais je fais quand-même de tout : je fais 30 000 km par an environ, la plupart des jours des trajets quotidiens (<90 km), mensuellement quelques trajets moyens (entre 300 et 500 km) et quelques fois par an des virées de 2 000 à 5 000 km. Ça me permet de tout voir quand-même : charge à la maison, trajets à une charge de 10 minutes, et trajets avec 3 ou 4 charges rapides dans la journée.
Certes, j’ai une voiture avec une grande autonomie (300 à 600 km selon que je fasse du 130 en plein hiver ou de la campagne en été).
Pour en revenir : oui les bornes sont chères, mais il n’en faut pas partout. Du moins, ce n’est pas nécessaire.
Ce ne sont pas des bornes qu’il faut, mais des prises. Une prise, ça coûte grand max 500 €, installation comprise (sauf quand c’est facturé par une entreprise agrée pour le service public, qui va facturer ça 12 000 €, comme les lampes de bureau à 130 €, mais c’est un autre problème. J’imagine que les propriétaires d’immeubles n’ont pas à passer par ces escrocs).
Bref : les voitures sont typiquement stationnées 90 % du temps, avec personne dedans. Ça signifie environ 22 heures par jour de disponible pour charger.
Que ce soit un parking d’entreprise, un parking d’immeuble, un parking public, ou un garage privé. C’est ça pour la majorité des voitures et la majorité du temps.
Et franchement : si la Poste arrive à rouler 7 heures par jour en Kangoo électrique de 2015 (150 km d’autonomie max) pour distribuer des avis de passage toute la journée, ou si certains chauffeurs de taxis y arrivent en se tapant 80 000 km par an, c’est bien que l’on peut concilier kilométrage et charge sans trop de problèmes.
22 heures, c’est largement assez de temps pour charger ce qu’on consomme durant les deux heures qui restent, pour le M. Michu moyen en tout cas, qui représente environ 90 % du parc automobile (évidemment, je ne parle pas de J.-M. Diésel qui roule 4200 km sans s’arrêter pour pisser).
… en tout cas pour ça, pas besoin de borne ultra-rapide.
… pas même besoin d’une borne standard.
Il suffit d’une simple prise.
Une ligne 32 A, une prise, et c’est tout.
Les parkings sont déjà là.
L’électricité est déjà là aussi pour les lampadaires et les portails électriques. Suffit de tirer quelques lignes et c’est bon. Si on veut, on installe une petite borne avec des badges pour savoir qui consomme quoi et combien on facture. Mais c’est tout : pas besoin de plus.
Ça existe déjà par endroit : des parkings avec plein de petites bornes faible puissance et une station pour payer. C’est ça qu’il faut.
Et si on peut installer quinze bornes de 380 kW sur le parking d’un supermarché ou d’un cinéma, on peut tout aussi bien installer 200 prises de 3 kW. D’un point de vue électrique et de puissance tirée sur le réseau, ça ne sera pas plus contraignant, bien au contraire.
Parce qu’avec 200 prises simples de 3 kW sur un parking public, on résout essentiellement le problème du nombre de points de charge dans une petite ville. Aussi bien en journée que durant la nuit.
Et aussi, on se fiche se savoir si la place est occupée ou non par une voiture qui charge. Laissez-en 30 exclusivement pour les EV en charge, mais le reste, on s’en fout. On les passera en « EV uniquement » lorsque le parc automobile s’électrifie avec le temps et que les besoins changent.
La Norvège ne semble pas avoir de problèmes pour faire tout ça. Pourquoi faut toujours que l’on fasse les mauvais choix en France ?
Les bornes 22 kW ne sont pas inutiles : elles chargent une voiture entre 1 et 3 heures. Ça a ses applications (enfin si ça n’était pas facturé à des prix totalement délirants ou constamment en panne… et surtout s’il y en avait pas juste une seule par ville).
Mais la plupart des charges peuvent se faire sur des bornes très lentes (ie : de simples prises), tranquillement.
Pour ça, il en faut beaucoup. Partout. Vraiment partout.
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Le problème est le même avec beaucoup de situations.
Personne ne veut d’un TGV unique entre Marseille et Paris. La plupart des gens habitent ailleurs et préféreraient des petites lignes plutôt qu’une seule grosse : un maillage dense mais moins rapide est bien plus pratique qu’un maillage lacunaire mais rapide.
Autre exemple débile, mais qui met bien en évidence ce qu’on veut : ça ne sert à rien d’aller acheter 1 pain de 90 kilos une fois par an : il faut mieux acheter une baguette de 250 g chaque jour. Le pain sera plus frais, ne moisira pas, et 90 kg c’est pas simple à porter sous son bras.
De la même façon, dans le cas présent, une seule borne de 300 kW rend moins service que 100 petites prises.
Bien sûr parfois un TGV, une grosse borne, ou un pain géant peut avoir son utilité (cantine scolaire ou restaurant, pour l’exemple caricatural du pain). Mais ce sont des cas marginaux. Nécessaires, mais marginaux : la plupart des gens ne fonctionnent pas comme ça. Or ici on parle bien de l’électrification de la flotte automobile d’un pays.
On n’atteindra pas 100 % en 5 ans. Mais rien que 40 % ça serait déjà pas mal. Et pour ça il faut lever les freins qui subsistent. Les freins techniques et logistiques, je parle. Car les freins psychologiques, c’est un autre problème.
Reste juste à savoir : on satisfait d’abord la population, ou juste quelques gros acteurs prestigieux ? La question est là.
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Donc je le dis, essentiellement à toutes les petites communes (et même les entreprises, et les supermarchés) : oubliez les bornes rapides ou semi-rapides (22 kW). Vous rendrez bien plus service et à bien plus de monde en installant plein de petites prises partout. Ça vous coûtera aussi probablement beaucoup moins cher.
Note : cet article a été écrit il y a un moment (2015). Il a été mis à jour plusieurs fois sans jamais être publié. C’est désormais chose faite.
Je me permets ici de revenir sur les commentaires d’un blog en ligne, car parfois on me pose la question, ou alors on voit des blogueurs demander à que les blogs rouvrent tous leur commentaires.
Déjà, un site web accessible au public ce n’est pas rien : vous aurez des visiteurs tout à fait normaux (bienveillant, curieux, pas forcément d’accord, mais respectueux et polis), mais aussi des robots légitimes (GoogleBot, pour indexer vos pages) des robots illégitimes (qui cherchent les numéros de téléphone ou adresses e-mail dans les pages pour les spammer), les petits malins qui vont bombarder les pages « /admin/ », ou « /wp-admin » de requêtes pour tenter de vous nuire, ou des gens qui vont spammer le bouton refresh 50 000 fois jour, croyant bien faire mais tuant votre serveur.
Aujourd’hui il y a aussi les IA qui vont tout vous piquer.
Il faut prendre en compte tout ça.
Il est possible, mais pas obligatoire, de permettre aux visiteurs de laisser des commentaires. C’est votre choix, c’est votre droit de ne pas l’autoriser. Sur ce blog, les commentaires ont déjà été désactivés, puis réactivés, puis refermés et ré-ouverts une nouvelle fois. Maintenant ils sont fermés. Sur mon autre blog, ils sont modérés avant publication.
Trouver une méthode vivable de tenir un blog tout en permettant aux lecteurs de réagir, ce n'est pas simple : entre une majorité de commentaires intéressants, cordiaux et constructifs, il faut subir les haters, des trolls, des ouistitis qui postent 500 commentaires par jour et qui font 25 000 mots chacun, du spam, du harcèlement contre vous ou contre un autre lecteur, les archéologues qui déterrent un coup de gueule vieux de 15 ans de quand vous étiez ado dans un monde qui n’existe plus et pense avoir trouvé le truc qui fait de vous un pédo-nazi-pirate-tueur de chatons.
Sans compter que lire et répondre à tout ça, même si c’est enrichissant, ça prend tout simplement du temps. Si l’on a deux commentaires par semaine, ça devrait aller, mais si on en a 50 par jour, c’est autre chose.
Ce n'est pas simple, croyez-moi.
Ça sonne prétentieux, mais je dis ça par expérience, tout simplement. Si vous venez de lancer votre tout premier site-web, sachez qu'il arrivera un moment où vous serez excédé : un jour vous reconsidérerez l'interaction avec vos lecteurs de façon globale. Je ne parle pas de bloquer un fouteur de merde. Ça c’est facile. Mais de revoir l’activation des commentaires ou non dans leur ensemble, voire avoir envie de tout laisser tomber.
Dans les faits et en généralisant, je pense qu’il arrive toujours une « masse critique » à partir de laquelle vous, votre site, ou votre communauté finit par exploser.
Certains laisseront faire, pour diverses raisons. Sur les réseaux sociaux, par exemple, des chamailleries dans les commentaires ça génère du chiffre. Suffit de lancer une polémique, et à vous les vues et les interactions ! Si ça ne vous plaît pas, suffit de ne pas intervenir.
Perso, sur mon site, je préfère éviter ça et y mettre un frein. Je ne cours pas derrière les vues : ça ne me rapporte rien, ni en pognon, ni en satisfaction.
Je l'ai vu sur mon site il y a des années. Je l’ai aussi vu sur des forums, des sites plus gros, des journaux en ligne, sur Youtube, Twitter…
Je l’ai aussi vu sur des sites des copains blogueurs. Je remarque la désactivation des commentaires à tour de bras. De plus en plus de sites personnels (en tout cas ceux qui restent) sont des sites sans commentaires.
D'autres se mettent à les modérer plus durement ou ont changé complètement leur système :
Certains vont même jusqu’à complètement fermer leur site.
Certains sites n’ont jamais activé les commentaires, avec là aussi leur raisons. Les sites qui n'ont rien changé et qui existent depuis longtemps ou sont assez gros, je vous laisse observer leurs commentaires et leur qualité : c'est le bordel. Constamment.
Typiquement, les sites de presse en ligne sont dans ce cas : lemonde.fr, le figaro.fr, etc.
Quand je vois un blog qui gueule ou un site qui ferme complètement à cause des commentaires, je comprends tout à fait. Je ne partage pas forcément, je ne suis pas toujours d'accord, je ne sais pas toujours tout le fond de l'histoire, mais je ne peux que comprendre et compatir.
Certains ne comprenaient pas pourquoi je désactive les commentaires chez moi. Et pour cause : je pense qu’il faut le vivre d’une façon ou d’une autre.
En ce qui me concerne, j’ai 17 ans de blogging derrière moi, soit environ la moitié de ma vie, j’ai participé sur des tas de forums en ligne bien avant ça et j’en ai moi-même ouvert. Il y a un énorme ravin entre se contenter d’écrire des articles et celui d’avoir à gérer des débats entre plusieurs personnes.
On ne peut évidemment pas plaire à tout le monde, et ça vaut pour moi comme pour tout le monde (en fait, peut-être plus pour le blogueur ou celui qui fait office de l’animateur dans l’espace d’échange que constitue un blog ; et pour ma part je donne souvent mon avis sur des sujets sensibles, et avec des avis authentiques, pas destinées à plaire).
Mais au final ce n’est pas vous à qui l’on dit « Pourquoi t’as censuré untel ? », « Pourquoi je suis bloqué ? », « Pourquoi tu ferme les commentaires ? », « Untel a dit […], c’est un @%#%$ »…
Pour ceux qui se posaient des questions sur les commentaires ou le blogging, ma réponse jusqu’à présent était toujours quelque chose du sens de « vous pouvez pas comprendre » ou « vous verrez vous-même ».
Je n’aimais pas du tout ces réponses, mais c’était la seule que j’avais. Il est facile de dire qu’un plat n’est pas bon alors qu’on n’a jamais rien cuisiné soi-même. Tenir un blog c’est pareil.
Il ne s’agit pas de faire peur à ceux qui se lancent avec un blog ou n’importe quelle communauté (chaîne YouTube, Twitter, forum…). Mais juste de donner quelques explications personnelles à propos de mon site. Il n’y a pas de quoi avoir peur. Les commentaires qui rendent la tenue d’un blog parfois compliqué sont minoritaires. Comme partout, ce sont les 1% les plus bruyants qui sont plus visible que les 99% autres. Mais parfois ça suffit pour être dépassé. Par ailleurs, certaines personnes aiment les débats ou les conflits, aiment et sont doués pour gérer ça (soit en ramenant la paix, soit en jetant de l’huile sur le feu). Pour ma part, plus ça va, plus le social et moi font deux.
Dans tous les cas, il n’y a qu’un bouton à presser pour fermer les commentaires. Certains ne vont pas aimer, mais on s’en fiche : votre site est à vous. Quelque soit votre décision vous serez dans votre bon droit, vous n’avez de comptes à rendre à absolument personne. Votre site n’est pas démocratique, et n’a pas à l’être. Tout simplement parce que c’est chez vous et non un espace de bien commun maintenu par les autres. C’est vous qui investissez dedans, c’est vous qui décidez tout à son propos.
N’oubliez pas non plus qu’une décision est réversible : n’ayez pas peur de changer d’avis, de tester, de voir la différence, bref, d’apprendre tout simplement. Et c’est bien ce que je fais ici. J’ai appris le côté technique pour faire un site dans un éditeur de texte, et j’ai appris à gérer une communauté ici. Et j’apprends encore. Et je suis plus doué pour certains trucs que pour d’autres, comme tout le monde.
J’ai aussi découvert mes limites et celles du système. Aujourd’hui, je discute plutôt par e-mail en direct et en privée avec celui ou celle qui a un commentaire à faire. Ça arrive souvent. Quant aux messages haineux et autre harcèlement, je ne répond pas.
Enfin, rien n’est définitif. Je ne sais pas ce que ça donnerait aujourd’hui : j’ai moins de visiteurs qu’à une époque. Je blogue moins aussi.
À voir.
Je verrais.