Ce qui me frappe dans cet article, ce n'est pas la dissension réelle ou supposée dans le camp conservateur entre les partisans et les adversaires de la guerre (illégale) déclenchée par Trump contre l'Iran, c'est le niveau d'endoctrinement (voire de crétinerie) de certains partisans MAGA. Florilège :
> Avant d’atterrir à Dallas depuis son Colorado natal, elle soutenait la guerre lancée par son président, **surtout parce qu’elle estime que «Donald Trump a toujours raison»**. «Mais maintenant, j’en suis sûre, il fait ça pour sauver le monde», dit Shelly avec émotion.
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> «Je crois désormais que l’Iran est l’une des plus grandes menaces au monde», assène en espagnol Rolando Rodríguez, un Texan qui porte un tee-shirt «Latinos pour Trump», et qui regardait jusque-là ce conflit d’un œil lointain, légèrement préoccupé par les prix en hausse à la pompe. **«En fait, c’est un mal nécessaire pour pacifier le Moyen-Orient et que l’essence soit encore plus abordable.»**
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> Les partisans du chah sont à Dallas en opération lobbying : ils ont, entre autres, réussi à convaincre Bill que les prisonniers politiques encore en Iran, dont certains pourraient incarner une éventuelle transition, étaient de mèche avec le régime. «Sinon ils auraient déjà été tués, explique-t-il simplement, avant de pester sur l’absence de coopération des Européens. On n’aurait jamais dû les aider en Ukraine.»
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> l’entrepreneur Mike Lindell, fervent conspirationniste qui fut l’un des principaux artisans du déni de la défaite de Trump en 2020, dresse un portrait messianique de son idole pour tenter de convaincre les réfractaires : **«Il a un don de dieu : il voit un problème, la solution et ce que ça va produire.»**
> L’argument peut paraître ridicule, mais dans un événement empreint d’autant de religiosité – les prières s’enchaînent, certains discours résonnent comme des sermons –, le caractère divin du président des Etats-Unis ne fait de doute pour personne à Dallas. «Comment croyez-vous qu’il a survécu à sa tentative d’assassinat», lance Shelly Hamilton, la quinqua du Colorado tout de MAGA vêtue, **qui accuse les voix dissonantes d’être corrompues par le «démon»**. Rolando Rodríguez est plus explicite : **«Je pense que ce sont des infiltrés démocrates, comme ceux qui ont été payés le 6 janvier 2021 pour mener l’assaut du Capitole.»**
Bon signe ? La fracture évoquée plus haut semble avant tout générationnelle :
> Et c’est presque une fracture générationnelle qui se dessine. Les partisans Maga de la première heure, aux cheveux blancs ou dégarnis, boivent les paroles du Président. Les jeunes conservateurs – essentiellement des hommes qui furent le principal carburant de sa réélection en 2024 – semblent moins emballés. «Je ne pense pas que l’Iran soit notre problème, balance avec dépit Razi Marshall, républicain californien de 19 ans, qui porte un polo à l’effigie de la «fraternité» de son université. On est impliqués au Moyen-Orient depuis soixante… même quatre-vingt ans. Qu’est-ce que ça nous a apporté ? Rien, à part d’être vu dans la région comme le principal ennemi.»
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